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Faisait partie du diocèse de Sisteron et de la viguerie de Forcalquier, aujourd’hui dans le canton de Banon. La commune, de 3011 hectares, s’étire sur les pentes sud de la montagne de Lure au nord de la commune de Banon. Les principaux habitats sont situés au sud du territoire à l’altitude moyenne de 800-900 mètres, alors que l’extrémité nord parvient au sommet de la montagne qui est franchit par le Col de la Roche (1314 m). Malgré son étendue la commune n’a jamais dépassé les 325 habitants (1851).

 

397. L’église Saint-Jean à Vière

Le nom de La Rochegiron apparaît avec l’église quand celle-ci est citée en 1274, ecclesia de Rochagiron (Pouillés, p. 116). Le GCN, au XIVe siècle, la fait dépendre du monastère de Ganagobie avec un prior de Rocha Gironis (GCN I, Inst. col. 472). Elle était sous le titre de saint Jean et située au lieu-dit nommé aujourd’hui Vière, village formé lors de l’enchâtellement. Une visite pastorale du 18 juin 1859 la cite comme chapelle rurale et comme étant l’église anciennement paroissiale de l’ancien village, nous n’avons pu la visiter, la toiture exigerait des réparations urgentes. Encore citée en 1863 et 1866, elle est déclarée interdite en 1871 (2 V 86). R. Collier décrit ainsi ce qui subsiste de cette église : son état de ruine provient surtout de ce que l’on y a puisé des pierres pour le cimetière attenant. Il subsiste principalement le chœur à chevet plat, avec un arc triomphal à double rouleau, à impostes à méplat et quart-de-rond et le clocher-tour, en moellon avec chainages d’angle, portant la date de 1559. Le choeur, en assez joli appareil, indique la fin du XIIe siècle (p. 143-144).

 

398. Eglise du Saint-Nom de Jésus

Cette église est située près du hameau du Jonquet et on fait remonter sa construction au XVIIIe siècle. C’est ce que fait constater R. Collier : l’église ayant pour patron saint Pancrace et pour titulaire le Saint Nom de Jésus, porte diverses dates : 1890 (porte d’entrée), 1884 (clocher-tour collé contre l’abside), 1717 (pierre d’angle à l’extérieur). Cette église possède une nef de deux travées à lourdes voûtes d’arêtes, et portant sur d’épais massifs formant pilastres. Le chœur est une grande travée carrée à voûte d’arêtes et dont la partie antérieure s’incurve en abside, peut-être vestige d’une église précédente (p. 222-223). L’inventaire du 12 mars 1906 apporte d’autres précisions : l’église située au lieu-dit « la chapelle » provient de l’ancienne chapelle construite en 1717 qui a formé la nef. Le clocher et le chœur ont été construits par la commune et sont d’origine beaucoup plus récente (1 V 67). D’après ces données, il apparaît que cette église a été construite sur une chapelle portant la date de 1717, mais R. Collier pense qu’elle peut avoir été élevée sur une autre plus ancienne. Son orientation à 45° n’incite pas à la dater de la période romane. C’est près d’elle qu’est situé le cimetière de la paroisse après l’abandon de celui de l’église de Vière.

 

399. Eglise Saint-Pancrace

C’est la deuxième église de la paroisse et est située dans le village. Elle est dédiée à saint Pancrace. Féraud ajoute qu’elle porte le millésime de 1517. Nos renseignements s’arrêtent là.

 

400. Chapelle Saint-Pancrace

Le patron attesté de la paroisse est saint Pancrace. Or, il existe tout au sud de la commune un hameau appelé St-Pancrace. Si le cadastre napoléonien de 1839 et les cartes modernes ne signalent aucun édifice, par contre la carte de Cassini indique une chapelle en état dans le hameau du même nom. Le fait que ce saint soit le patron de la paroisse indique son antériorité sur les autres. Il se pourrait qu’il soit le saint le premier vénéré. C’est un cas « classique » de garder comme protecteur le titulaire de la première paroisse.

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La commune actuelle de la Robine résulte de la fusion de quatre communes effectuée en 1973, Ainac, Lambert, Tanaron et la Robine. Aussi, nous allons les examiner séparément.

 

AINAC

La commune faisait partie du diocèse et de la viguerie de Digne. Elle offrait une petite superficie de 519 hectares dans un environnement de montagnes abruptes, avec un habitat perché à près de 1100 mètres d’altitude. Il n’existait que deux feux en 1315 et en 1471, le terroir est déclaré inhabité. Le maximum sera atteint en 1851 avec 125 habitants. Au XIVe siècle, en 1376, est nommée une église desservie par un cappellanus de Hoenaco qui s’occupe en même temps de la paroisse de Lambert (Pouillés, p. 258). Le village est alors au lieu-dit Villevieille comme le stipule l’affouagement de 1727, le lieu est en un hameau appelé Villevieille et le surplus en bastiments épars (C 18). Mais quelques années plus tard, en 1774, le chef-lieu se trouve à Ainac, plus précisément à l’Espinasse, où il y a huit maisons habitées, tandis que Villevieille n’en possède plus que sept (C 25) 1. Il ne semble pas qu’il y ait une église paroissiale à Villevieille, l’évêque en visite en 1683 la situe à Ainac sous le titre de Notre-Dame (1 G 5). Déjà en 1376 un seul chapelain dessert les deux paroisses d’Ainac et de Lambert et la situation perdure jusqu’en 1863, année où l’église d’Ainac est interdite car en trop mauvais état (2 V 87). Elle a été restaurée récemment.

 

391. Le prieuré Notre-Dame de Salloé

Ce prieuré est cité en 1180 comme faisant partie des biens du chapitre de Digne (Isnard, p. 136) mais ce dernier ne sait pas où le situer, peut-être à Ainac, avec un point d’interrogation. Mme Viré, en 1992, fait de même en citant Isnard 2. Il est ensuite cité par les Pouillés en 1351 avec un capellanus de Salloye (p. 257). La confirmation de sa localisation à Ainac est donnée par l’affouagement de 1698 : Il y a un seigneur qui est l’évêque de Digne et qui perçoit le quart de la dîme et un prieur qui en perçoit les trois quart. Le prieur d’Aynac possède une terre dans laquelle est bastie la meyson clastralle situé au terroir d’Eynac au cartier de Sallouye depandant du prieuré, franche de taille n’ayant jamais esté encadastrée pour estre de l’antien domaine de l’église et avoir esté toujours possédée par les sieurs prieurs dudit lieu (C 18). On voit que l’évêque, depuis 1180, a récupéré le quart de la dîme sur le chapitre. Cet état est confirmé par l’affouagement de 1774, la dixme va au trois quart au sieur prieur et un quart à l’évêque (C 25). Un coutumier de la paroisse Ainac-Lambert commencé en 1866 relate : la commune d’Eynac formait avant la révolution un prieuré cure distinct de celui de Lambert. On n’a conservé de l’ancienne paroisse d’Eynac que l’église. Le presbytère a été démoli depuis 50 ou 60 ans et le sieur Gassend de Lambert propriétaire actuel d’une partie des biens du prieuré y a construit un petit bastidon avec colombier sur les ruines et avec une partie des matériaux de l’habitation du prieuré.

Le nom de la commune est issu d’un nom d’homme gaulois Ainus avec le suffixe -acum, signifiant le domaine d’Ainus, indiquant une fondation gallo-romaine (Rostaing, p. 353). Ce gallo-romain qui a donné son nom à la commune est peut-être à mettre en rapport avec le vocable Salloé, Sallac, Sallouye et même Notre Dame du Salut en 1743 par attraction. L’origine du mot provient peut-être du latin sal « sel », faisant référence à une source d’eau salée située non loin d’Ainac et que le colon romain a pu exploiter.

 

LAMBERT

Cette ancienne commune de 520 hectares n’est guère plus favorisée que celle d’Ainac à qui elle fait face sur la rive gauche du Galabre. C’est ce que fait constater l’abbé Féraud, la commune de Lambert n’est séparée de la précédente que par le Galabre, qui prend sa source dans son territoire et se jette dans le Bès. Le village de Lambert n’est qu’à dix minutes de celui d’Ainac : aussi ces deux communes ne forment qu’une seule et même paroisse, et n’ont aussi qu’une seule école (p. 70). On l’a vu avec Ainac un même chapelain dessert les deux paroisses, cité en 1376, cappellanus de Lamberto et Hoenaco. L’église est sous le titre de saint Pierre et la dîme revient par moitié au seigneur évêque de Digne, l’autre moitié au curé selon le même affouagement de 1698. Il n’existe pas de chapelle rurale.

 

TANARON

Cette ancienne commune de 2012 hectares est située entre Lambert et Esclangon/La Javie. Dans le même contexte de terrain que les deux précédentes, son territoire n’a jamais accueilli plus de 250 habitants. Elle était formée de deux castra qui très vite ont fusionné. On les reconnaît quand en 1351, les Pouillés nomment un capellanus de Tanarrono  qui perçoit 12 livres et un capellanus de Roccarossa qui perçoit 7,80 livres. En 1376, il n’est plus cité que le chapelain de Tanaron (p. 257-258). Le castrum de Tanaron était protégé par une tour dont les ruines dominent de 50 mètres d’altitude le village (1113 m). C’était une possession des évêques de Digne. C’est ce que confirme l’affouagement de 1698, l’évêque est seigneur du lieu (C 18). L’église paroissiale est sous le titre de saint Laurent et selon la visite de l’évêque en 1683 il y a le maître autel avec un tableau représentant Jésus crucifié, la sainte Vierge et saint Laurent. Au costé de l’épitre, une chapelle dédiée à Notre Dame du Rosaire avec un autel et un tableau à platte peinture représentant la sainte Vierge, saint Dominique et sainte Catherine à ses costés. Au costé de l’évangile, un autel avec un tableau représentant saint Joseph tenant le petit Jésus en ses bras (1 G 5, f° 64-66). L’église est aujourd’hui en ruine.

 

392. Saint-Jean-du-Désert à Rocherousse

Rocherousse figure encore sur les cartes, au nord de la commune, sous la forme d’un nom de lieu-dit constitué d’une barre rocheuse dominant les gorges du Bès. Il n’existe pas d’habitat, seulement une chapelle ruinée dédiée à saint Jean. Elle figure en état sur Cassini. Il s’agit de l’ancienne paroisse de Rocherousse. Quand R. Collier la visite en 1971, il rencontre une ruine, sans toiture ni voûtes… Elle doit remonter, originellement, au XIIIe siècle (p. 147). Des moines orthodoxes s’y sont installés et depuis ont restauré la chapelle qui porte maintenant le titre de Saint-Jean-du-Désert.

 

393. La chapelle de Combasse

Le cadastre napoléonien de 1829 signale deux hameaux de la Basse et la Haute Combasse. Ils sont situés à l’ouest de la commune à près de 1300 mètres d’altitude. Il n’en subsiste aujourd’hui que des ruines. D’après le cadastre ils regroupaient une dizaine de maisons. A cause de l’éloignement de l’église paroissiale, une chapelle succursale y a été construite. C’est ce qui constate l’évêque en 1683, il y a une chapelle au hameau de Combasse bastie par les habitants. Elle n’est plus citée par la suite et on ne connaît pas son titulaire, peut-être saint Jean car un quartier porte ce nom dans le quartier de Combasse.

 

394. La chapelle de Pudayen

Cette chapelle rurale est citée lors des visites du XIXe siècle, en 1857 (2 V 88). L’abbé Féraud n’en parle pas, seulement pour dire que le seul hameau de cette commune s’appelle Pudayen (p. 93). Achard cite seulement une annexe ou Succursale sous le titre de S. André, sans préciser où elle se trouve ni quel est son titulaire. Par contre le cadastre napoléonien cité un lieu-dit Ste Anne à côté du hameau. Pour l’instant, il n’est pas possible de trancher.

 

LA ROBINE

La commune est située au sud des trois précédentes dans le même contexte de terrain, aux abords du Galabre. D’une superficie de 1195 hectares, le terroir n’offre qu’une terre stérile d’où la commune tire son nom. La population n’a jamais dépassé les 190 habitants, il n’en subsiste que 48 en 1962. Ce n’est qu’en 1180 qu’apparaissent deux églises appartenant au chapitre de Digne, mais l’évêque conserve des droits sur l’une d’entre elle (Isnard, p. 136). Le chapitre a des possessions également à Rochebrune. L’église paroissiale de la Robine est sous le titre de saint Pons avec comme patron saint Vincent et est établie en un endroit isolé, entourée du cimetière. Elle dépend du chapitre et est desservie par un capellanus de Robina en 1351 et 1376 (Pouillés, p. 257 et 258). Quand l’évêque vient la visiter le 12 septembre 1683, il est dit que Paul de Bollogne, chanoine du chapitre, est prébendé audit lieu et qu’au clocher il y a deux cloches (1 G 5). Elle va rester paroissiale jusqu’au XIXe siècle, moment où une nouvelle église la remplace entre les hameaux du Forest et des Amandiers, dédiée à saint Vincent. Dès lors, la première paroisse devient une simple chapelle rurale et en 1899 l’ancienne église paroissiale à 1 km du village est à peu près abandonnée (2 V 73, n° 272). Elle a été restaurée en 2000.

 

395. Saint-Vincent-le-Vieux ou de Garbesia

C’est une église qui est citée en 1180 comme appartenant au chapitre au même titre que celle de Saint-Pons de la Robine. Elle est sous le titre de Saint-Vincent de Garbesia (Isnard, p. 136). Elle réapparaît en 1351 desservie par un cappelanus de S. Vincentii Veteriis qui perçoit 8 livres 10 sous (Pouillés, p. 257). Elle n’est plus citée par la suite. Isnard avoue qu’il ne reste aucune trace du toponyme Garbesia et M.-M. Viré la situe en face de la Robine. Seule la carte de Cassini signale une chapelle ruinée sous le titre de St Vincent. L’emplacement, sur la rive gauche du Galabre correspond au lieu-dit St-Pierre actuellement. L’abbé Féraud rapporte qu’une tradition glorieuse pour la Robine porte que cette vallée a été évangélisée et desservie, pendant plusieurs années, par saint Vincent, apôtre et second évêque de Digne (p. 65) 3. La rive gauche du Galabre comprend de nombreux lieux-dits dédiés à saint Vincent, un sommet, un vallon, un ravin et même le Serre du clastre. La sujétion de l’abbé Féraud pourrait accréditer la tradition d’un ermitage créé au IVe siècle par saint Vincent avant qu’il ne devienne évêque de Digne. Le qualificatif de Saint-Vincent-le-Vieux attribué en 1351 à l’église conforte cette hypothèse.

 

396. L’église de Rochebrune

Ce petit fief fut uni très tôt à la Robine. Il est cité en 1180 lors de la confirmation des biens du chapitre par le pape Alexandre III, où le chapitre y possède des biens. Mais ce dernier jouit également des revenus de la cure et de l’église, puisqu’en 1351 la prébande se monte à 17 livres et le cappellanus de Rocabruna perçoit 17 livres et 10 sous (Pouillés, p. 255 et 257). Isnard fait remarquer que les droits du chapitre sur Roquebrune étaient de nature seigneuriale. D’ailleurs, le chapitre prête hommage pour Roquebrune en 1309 (p. 309-310). Roquebrune est indiqué par Cassini et les cartes modernes et peut être placé à l’endroit où le Galabre rejoint le Bès, rive droite du Galabre entre Rosabeau et Beau Villard, où est indiquée une chapelle ruinée non loin de la rivière. Si l’église de Rochebrune est bien attestée en 1351 avec un chapelain la desservant, on ne connaît pas son titulaire. Mgr Le Tellier, lors de sa visite de 1683, n’en parle pas et aucun document ne vient confirmer son existence par la suite.

 

Synthèse

Les quatre anciennes communes offrent à peu près les mêmes situations. C’est d’abord l’emprise de l’évêché de Digne et du chapitre non seulement sur les paroisses, mais également parfois en tant que seigneur du lieu. On remarque ensuite l’implantation des premières paroisses avec des églises en plein champ et isolées, comme Notre-Dame de Salloé, Saint-Vincent de Garbesia, Saint-Pons de la Robine, Saint-Jean-du-Désert à Rocherousse. Enfin, l’enchâtellement est peu marqué, l’habitat restant dispersé en petits hameaux et fermes, ce qui n’a pas entraîné un regroupement des populations. Il faut avouer que les conditions de vie difficiles n’ont pas favorisé l’expansion du peuplement avec un centre communautaire important.

 


1 L’état des sections du cadastre de 1813 détaille deux sections, section A, de l’Espinasse, avec 11 maisons et 1 église, section B, de Villevieille avec 10 maisons (3 P 19).

2 MM. VIRE, BSSL, Digne, p. 61.

3 En fait saint Vincent est reconnu comme ayant été le premier évêque de Digne. Atlas indique l’année 374 et en note alias de Corbario. Peut-on rapprocher Corbario et Garbesia ?

 

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Ancienne cité romaine, puis siège d’un évêché jusqu’à la Révolution, le territoire de la commune est riche en sites antiques et monuments religieux. Nous ne présenterons ici que deux édifices dont la documentation permet de les situer avant la période de l’enchâtellement et rentrant parfaitement dans notre étude sur les chapelles rurales.

 

389. Chapelle Saint-Pierre

Entre 990 et 997, Almérade évêque de Riez, donne à l’abbaye de Lérins l’ecclesia sancti Petri proximam civitati Regensi, cum omnibus ad se pertinentiis, cum altario videlicet et decimis, cum oblationibus et primiciis ; et cum molendino sub predata ecclesia constructo sancti Petri, et omnem terram cum toto censu qui ex eo exite debet infra hos terminos. Cette église n’est plus citée par la suite parmi les biens de l’abbaye. On la retrouve sur la carte de Cassini n° 153 au SO de la ville au bord de la route menant à Allemagne. Elle figure également en bon état sur le cadastre de 1825, section D 3, parcelle 1455, avec une abside en hémicycle et une chapelle latérale à droite. Depuis la Révolution l’ancienne chapelle Saint-Pierre transformée en habitation, sur la route d’Allemagne. Elle comprend une nef unique et un chevet triple avec un transept bas. Les murs sont en petit appareil avec chaînes d’angles de plus fort échantillon. Probablement XIe ou début du XIIe siècle (Alpes Romanes, p. 59). Demeure privée, la chapelle n’est plus citée en tant que telle sur les cartes modernes. Le site de la chapelle a d’abord été le siège d’une riche villa sub-urbaine (CAG, p. 390).

 

390. Eglise Saint-Etienne

Cette ancienne église disparue est nommée au cours du XIe siècle au moment où Tassilus, accompagné de son épouse et de ses fils, fait don aux moines de Saint-Victor de la terre sur laquelle est édifiée l’église de saint Etienne, vulgairement appelée Regeinna ; et c’est dans le territoire de Fontis Maurose. Il donne également le cimetière (CSV II, n° 1098, p. 568). Des confirmations sont données ensuite par les papes de cette ecclesia sancti Stephani de Reginia en 1079, 1098, 1113 et 1135 (CSV n° 843, 697, 848 et 844). L’église n’est pas citée en 1337 dans la nomenclature des prieurés victorins. A cette date, elle est en effet dans les mains des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. C’est ce que nous apprend le Pouillé de 1274 où le commendator de Puimoisson possède l’église Sancti Stephani (p. 109).

Les indices fournis par le premier texte permettent de situer cette église dans la commune de Riez et dans le quartier appelé aujourd’hui Mauroue. Il est situé tout au nord de la commune limitrophe avec celle de Puimoisson. Le cadastre de 1825 et les cartes actuelles signalent un quartier dit St-Estève. En 1815, on découvrit dans les ruines de la chapelle Saint-Estève un fragment d’autel dédié à Jupiter. Puis vers la fin du même siècle, on découvrit une inscription lapidaire mais qui ne fut ni lue, ni conservée (CAG, p. 392). Le cadastre nomme St Estève une grande parcelle avec un bâtiment détruit (section A 2, parcelles 93 et 98). Tout le quartier de Mauroue a livré plusieurs indices d’occupation antique (CAG, p. 390-392).

 

Sythèse

Tous les éléments convergent pour faire remonter ces deux édifices au haut Moyen Age. On y retouve un milieu ouvert, non défensif, des titulatures à des saints des premiers temps du christianisme. Quand elles sont citées pour la première fois, elles existent déjà et sont dans les mains de l’évêque du lieu ou d’un propriétaire laïc. Enfin, elles sont implantées sur des sites antiques, l’une peut-être même sur l’emplacement d’un temple à Jupiter.

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Faisait partie du diocèse de Sisteron et de la viguerie de Forcalquier, aujourd’hui dans le canton de Saint-Etienne-les-Orgues (1). Cette petite commune de 756 hectares est située au nord de Forcalquier et au sud de Saint-Etienne-les-Orgues. Elle n’a jamais dépassé les 250 habitants et, à la fin du Moyen Age, le territoire est même déclaré inhabité. Ce n’est que récemment qu’elle a pris son nom actuel, s’appelant autrefois Revest-Enfangat. C’est sous cette appellation que l’église paroissiale est nommée en 1274, ecclesia de Revesto Fangatos (Pouillés, p. 115). Elle est dédiée à saint André et dépend de l’évêque de Sisteron en 1152 selon R. Collier (p. 152). La commune présente deux centres habités, le Revest au nord et les deux hameaux de Saint-Martin au sud.

 

388. Le prieuré Saint-Martin

Ce n’est pas un hasard si deux hameaux portent le nom de Saint-Martin. Or il existe une donnée qui n’est pas totalement assurée, car le lieu exact n’est pas nommé. En 1040, a lieu un échange entre deux ecclésiastiques et un autre dit capellanus sancti Martini. Puis, en 1135, est citée, dans le diocèse de Sisteron, une cella sancti Martini (CSV II, n° 671, p.15 et n° 844, p. 226). L’auteur du cartulaire, dans son dictionnaire géographique, place ce Saint-Martin à Revest-Enfangat (p. 915). Abbayes et Prieurés reprend ces mêmes données (p. 72). La dépopulation du XVe siècle a sans doute condamné le prieuré qui n’a pu se relever par la suite. Ce prieuré, déjà cité en 1040, peut sans doute être relié à deux toponymes révélés par le cadastre de 1833 qui renvoient à la période carolingienne, Courvieille et Champ de la Vière. L. Pelloux apporte la confirmation d’une église à Saint-Martin : l’église et le presbytère ont été construits il y a environ quatre-vingts ans au hameau du Village qui ne possède plus que quelques maisons. L’ancienne église, maintenant en ruines, était au hameau du Haut-St-Martin (p. 95).

 


1. Voir PELLOUX L.,Notices géographique et historique sur les communes du canton de St-Etienne-les-Orgues, Forcalquier, 1887, p. 93-100.

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Faisait partie du diocèse de Sisteron et ressortissait du Dauphiné, aujourd’hui dans le canton de Banon. Cette grande commune de 4345 hectares est au centre du plateau d’Albion et en limite à l’ouest avec le département du Vaucluse. Si le nom de la commune n’apparaît qu’en 1274, une partie de son territoire est cité le 9 janvier 1082 quand l’ancien évêque symoniaque de Gap, Ripert, en compagnie de son épouse et de ses fils, donne à l’abbaye de Cluny, de son héritage, in Monte Albionis, tout et l’intégralité du territoire de Leboret et del Vorze dans le diocèse de Sisteron (CLU IV, n° 3590, p. 744). Il s’agit des fermes du Haut et du Bas Labouret, situées au NO du village. En 1274, les Pouillés citent un prior de Revesto Albionis (p. 121). Et au XIVe, la paroisse, toujours desservie par un prieur, dépend de Cluny par l’intermédiaire de Ganagobie (GCN I, Inst. XXXVI, col. 473). L’église est dédiée à saint Clair celui-ci pouvant être le titulaire de la première paroisse qui se situait à la ferme St-Clair. Les quartiers de Saint-Clair et des Eicharettes  ont livré du matériel antique (CAG, p. 360). L’église paroissiale, dans son gros œuvre, peut être attribué à la fin du XVe siècle ou au début du XVIe (Collier, p. 212). Il est possible que le transfert d’habitat et d’église se soit effectué au cours de cette période.

 

387. Notre-Dame de l’Ortiguière

C’est la seule chapelle rurale signalée au XIXe siècle sur la commune. Elle est située à 2 km 500 au SO du village aux abords de la D 218. Elle est mentionnée en 1274 en même temps que celle de la paroisse, ecclesia beatae Mariae de Silva in Albione (p. 118). Il ne subsiste rien de la construction primitive détruite à la fin du XIVe siècle. Elle fut reconstruite au milieu du XVIIe siècle après la découverte d’une statue de la Vierge dans les décombres. C’est à ce moment que lui fut adjoint un ermitage. Elle devient alors un lieu de pèlerinage très fréquenté où des miracles se produisirent. On s’y rend encore aujourd’hui pour la fête des fruits de la terre au mois de mai. De l’église d’origine, il ne subsiste que quatre consoles en forme de têtes d’atlante que les archéologues ne datent pas au-delà du XIIIe siècle 1.

 

Synthèse

Il est probable qu’il ait existé deux lieux de culte ayant précédé le castrum, Notre-Dame et Saint-Clair, ce dernier étant le titulaire de l’église paroissiale.

 


1 Provence Romane 2, p. 341. Bailly, p. 36-38. Collier, p. 143. Barruol Jean et Guy, « Notre-Dame de l’Ortiguière au terroir du Revest d’Albion », Alpes de Lumière, n° 55, 1976. PR, n° 23, 2000, p. 47-48.

 

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