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Faisait partie du diocèse de Riez et de la viguerie de Moustiers, aujourd’hui dans le canton de Riez. La commune de Saint-Laurent-du-Verdon est sise sur la rive droite du Verdon entre les communes de Sainte-Croix-du-Verdon au nord et de Quinson au sud. Avec ses 889 hectares, elle a atteint péniblement les 200 habitants en 1851. De 130 habitants en 1315, elle n’en possède plus que 10 en 1471, soit deux familles (Atlas, p. 196). Entre 1240 et 1245, sous le règne de Raimond Bérenger V, l’évêque de Riez, Foulque de Caille, reçoit en donation les châteaux de Montpezat et de Saint-Laurent que le comte avait confisqué à Spada et à Guillaume d’Esparron (RACP, n° 399, p. 488). Par la suite, le 8 décembre 1309, Pierre Gantelmi, évêque de Riez, prête serment de fidèlité au roi Robert pour entr’autres Saint-Laurent. Et le 17 octobre 1466, Marc Lascaris de Tende, évêque de Riez, fait le dénombrement de ses possessions, dont in loco de Sancto Laurentio est dominus pro media parte et major dominus (seigneur pour la moitié du lieu de Saint-Laurent et comme seigneur majeur) 1. Bartel est le seul à révéler cette possession des évêques de Riez (p. 64). L’église paroissiale est, en 1274, desservie par un vicarius Sancti Laurentii (Pouillés, p. 106), mais elle n’est pas recensée par les Pouillés en 1351 ni par le GCN au XIVe siècle. Il est possible que la première vague de peste noire qui a sévi entre 1347 et 1351 ait dépeuplé le terroir et que l’église n’était plus alors en service.

Le village et l’église paroissiale dédiée à saint Laurent sont implantés dans un milieu ouvert sur un site antique. Près de l’église furent mises au jour des tombes sous tuiles, un sarcophage en plomb et un peu partout dans le village des tegulae ont été repérées, peut-être même un fragment de borne milliaire de la voie reliant Brignolles à Riez et passant à Saint-Laurent (CAG, p. 416, Collier, p. 21-22).

 

433. Chapelle Notre-Dame

Elle est située 1000 au sud du village sur une petite colline à l’altitude de 483 mètres. Dans le même milieu que le village elle a pu faire partie de ces établissements pré castraux. Mais ici aucun indice ne vient apporter quelque lueur. 500 mètres plus au nord au lieu-dit Plan Pélissier des tombes sous tuiles en bâtière furent découvertes en 1958.

 

Synthèse

Cette commune est assez pauvre en éléments bibliographiques et n’a pas attiré les historiens. Il faut reconnaître que les sources sont succinctes et peu riches. Il semble que l’habitat issu de l’enchâtellement ait réoccupé un site antique sans avoir eu besoin de se percher ailleurs.

 


1 GCN I, col. 601 et 620 et Inst. Riez, LVI, col. 411-412. 

 

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Faisait partie du diocèse de Riez et de la viguerie de Moustiers, aujourd’hui dans le canton de Moustiers. La commune, d’une superficie de 3359 hectares, occupe une partie du plateau de Valensole et des premiers contreforts du Montdenier. Elle côtoie au SE la commune de Moustiers-Sainte-Marie. C’est en 1315 que la population atteint son maximum avec plus de 600 habitants. Réduite à 90 en 1471, elle va parvenir à 547 habitants en 1851 (Atlas, p. 196). En 1096 Saint-Jurs est nommé lors la donation faite par l’évêque de Riez Augier à l’abbaye de Montmajour de la quatrième partie de la dîme du castrum sancti Georgii (GCN, I, Instr., XI, p. 371-372). Le castrum de San Jurs est dit de Reges, de Riez, pour le distinguer de celui de San Jurs de Sarganio (Saint-Jurson). Il est signalé par l’enquête de 1252 (n° 555, p. 357).

L’église paroissiale est desservie par un prévôt, dominus prepositus Sancti Gorgii ou prepositus Sancti Georgii en 1274 et 1351 (Pouillés, p. 106 et 112). Elle est sous la titulature de Saint-Georges et le prévôt est un chanoine de la communauté de Sorps. L’évêque de Riez Foulque II de Caille avait fondé en 1255 une communauté de chanoines réguliers de Saint-Augustin, un monastère de religieuses et une maison hospitalière à Sorps dans la commune de Bauduen (Var), sous la protection de sainte Catherine. L’évêque donne dans le même temps à l’abbaye la charge de plusieurs églises dont celle de Saint-Juers (GC I, p. 346-347). A la suite de la peste qui décime le monastère, plus que trois religieuses sur cent, le pape Eugène IV, par une bulle du 17 avril 1437 supprime la dignité abbatiale du monastère et le convertit en simple prieuré (GC I, p. 372). Les quelques chanoines qui avaient survécu vinrent s’établir à Saint-Jurs en 1433 jusqu’en 1499 année où la prévôté fut définitivement supprimée 1.

R. Collier fournit une description de cette église : l’église paroissiale, dédiée à saint Georges, est perchée sur le contrefort rocheux auquel s’accole le village et embrasse, d’un coup d’œil d’aigle, l’immense panorama du plateau de Valensole et tous les reliefs bleuâtres qui le bordent. Cette église vaut surtout par sa travée de choeur, séparée de la nef au moyen d’une arcade plus basse et plus étroite. Elle est couverte d’une coupole sur trompes, de facture gauche, et ornée de huit larges et plates nervures rayonnant à partir d’un oculus ; cette coupole, qu’encadre de chaque côté une arcade en plein cintre, à deux rouleaux au nord et au sud, à un seul à l’est et à l’ouest, constitue la partie la plus ancienne de l’édifice et remonte vraisemblement au deuxième tiers ou au milieu du XIIe siècle, malgré les recrépissages et les reprises qu’elle a pu subir. Les impostes sont à méplat et à doucine. Peut-être cette travée formait-elle le choeur à l’origine. La voûte, couverte d’une voûte en berceau, restaurée sans doute en 1640, a dû être bâtie postérieurement. Plus large, comportant trois travées, elle est légèrement désaxée vers le nord. La voûte, soulagée de doubleaux, présente un gros cordon en quart-de-rond à sa naissance. Cela peut remonter au XIIIe siècle (p. 100).

 

432. Chapelle Saint-Georges

Dans la plaine et à 500 mètres au nord du village perché se trouve le cimetière de la communauté et une chapelle dédiée à saint Georges. Une nécropole gallo-romaine y a été signalée (CAG, p. 415). Elle comportait des sarcophages, des vases funéraires et des tegulae. La chapelle a été restaurée en 1851 et 1989. R. Collier la décrit ainsi : la chapelle Saint-Georges, jouxtant le cimetière, sa nef forme trois travées, voûtées d’un simili-berceau tardif (XVIIIe ou peut-être même XIXe) ; deux épais doubleaux retombent sur des pilastres saillants ; la moulure courant à la naissance de la voûte et continuant les impostes paraît récente. Des arcs de décharge s’incurvent dans les murs latéraux. Une petite travée prolonge la nef et vient buter contre le chœur qui consiste en une abside en cul-de-four, à fenêtre axiale en plein cintre ébrasée intérieurement ; des impostes à trois ressauts (méplat, cavet, quart-de-rond), sans doute anciennes, marquent la naissance du cul-de-four. Une porte romane, aujourd’hui bouchée, à archivolte en plein cintre et à double rouleau, ouvrait sur la façade sud. Le mur nord a dû être reconstruit, mais le mur sud et l’abside sont en appareil assez régulier, de petites dimensions ; galets ou pierres taillées. Cela peut remonter au début du XIIe siècle. La chapelle a fait l’objet d’une réfection vers 1978 (p. 67-68) 2.

 

Synthèse

La chapelle Saint-Georges apparaît bien comme étant la première paroisse. Implantée sur un site antique, en milieu ouvert, elle peut remonter au haut Moyen Age mais a été reconstruite au début du XIIe siècle.

 


1 Souvenirs religieux, p. 71-73 et 91. Bartel, p. 64-66. Bouche, I, p. 228 et II, p. 309-310.

2 Voir également Alpes Romanes, p. 60, qui fournit une description des deux édifices.

 

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Faisait partie du diocèse de Senez et de la viguerie de Castellane, aujourd’hui dans le canton de Castellane. La commune occupe la rive gauche du Verdon au sud de celle Saint-André-les-Alpes. D’une superficie de 619 hectares elle a été amputée de 130 hectares pris par les eaux du lac de Castillon. Elle n’a jamais atteint les 200 habitants. La première mention est donnée en 1259 lors de la confirmation des possessions de l’abbaye de Lérins par le pape Alexandre IV : in diocesi Senensi, ecclesia sancti Julianeti (CL II, n° IV, p. 6). Cette appartenance est confirmée en 1278 : l’église dont le prieur est Colombet diacre et la collation de ladite église appartient au seigneur abbé de Lérins. Le seigneur roi est seigneur dudit castrum et possède en icelui toute la juridiction (Enquêtes, n° 851-852, p. 432). On ne possède aucune indication sur la fondation du prieuré de Lérins ni de sa longévité.

Un autre ordre, celui du Temple, est également présent à Saint-Julien, mais seulement comme possesseur de biens. La maison de Saint-Julien dépend de la commanderie de Biot (A.-M.) cette dernière ayant été fondée en 1209 suite à un don fait par le comte de Provence Alphonse II. Entre 1209 et 1227, des biens à Saint-Julien lui sont octroyés. En 1227, Raimond de Biot et ses fils vendent à Bertrand II évêque d’Antibes les biens de Biot et de Saint-Julien. Peu d’années après, le 14 avril 1233, Bernard de Cambolano, précepteur du Temple de Grasse et de Biot, reprend, au nom des Templiers de Biot, par voie de retrait féodal, possession de biens sis à Biot et à Saint-Julien, que Bertand II, évêque d’Antibes, avait acquis de Raimond de Biot et de ses deux fils 1. On ne possède pas le détail des biens du Temple à Saint-Julien et cet ordre n’est pas signalé lors de l’enquête de 1252.

L’église paroissiale est citée par les Pouillés en 1300 et 1376, ecclesia de Sancto Juliano (p. 290 et 292). Elle n’est pas dans le village mais en contrebas, puis va être remplacée par une autre construite dans le village et enfin va retrouver son premier statut à l’époque contemporaine. C’est ce qui fait dire à R. Collier que Saint-Julien possède deux églises, celle du haut et celle du bas (p. 224-225). Celle du bas est sous le titre de Notre-Dame de l’Assomption, celle du haut sous le titre de saint Julien avec comme patron saint Roch.

 

430. Eglise Notre-Dame

C’est l’église originelle, la première paroisse, et est située au pied de la colline où s’élève le village. Elle est accompagnée du cimetière. C’est l’église du bas que R. Collier décrit comme étant actuellement en service, fut peut-être, autrefois simple chapelle. Terminée par un choeur à chevet plat, voûté d’arêtes, elle a une nef de trois travées, également voûtées d’arêtes, et rythmées par des doubleaux avec pilastres à impostes saillantes faites d’un méplat et d’un grand talon. Nous sommes ici à la fin du XVIIe ou au début du XVIIIe siècle.

 

431. Chapelle Saint-Roch

On connaît mieux son histoire grâce à un rapport circonstancié lors d’une visite épiscopale du 27 avril 1858 :

Chapelle rurale St-Roch située au centre du village. On y disait la messe les jours ordinaires, on y gardait la réserve pour être mieux à portée des fidèles. Aujourd’hui, elle est abandonnée parce qu’elle menace ruine par suite de la négligence où on la laissée. L’église de St Julien se trouvant située dans un endroit écarté du village, et tout-à-fait isolé, présente des graves inconvénients, et surtout la piété des fidèles en souffre notablement. Cet édifice n’offre rien de marqué sous le rapport de l’architecture, elle est trop petite pour la population et dans l’état où elle se trouve actuellement, elle exige des réparations urgentes et indispensables. Or il y a à St Julien au centre du village une chapelle (St Roc) qui se trouve à portée de tout le monde. Jusqu’à présent on y avait dit la sainte messe les jours ordinaires, on y avait gardé la réserve et l’on y avait fait les exercices moins solennels. Lorsque par la négligence où on la laissée, cette chapelle aujourd’hui tombe en ruine et se trouve en état d’interdit. A mesure que chacun voit la suite qu’on en a désirant qu’elle soit de nouveau réparée, un projet qui fixe l’attention de tous est mis en avant. Il s’agirait en effet de reconstruire St Roc sur des dimensions de grandeur nécessaire pour contenir toute la population du lieu, de sorte qu’en ajoutant quelque argent aux frais que susciteraient les réparations de l’Eglise et la reconstruction de la chapelle, on aurait tout à la fois chapelle et Eglise, on aurait paré à tous les inconvénients, on aurait ainsi l’église au centre et à la portée de tous, on aurait réalisé les rêves de tous les temps et on aurait bien mérité de la postérité. Nous ne pourrions donc qu’applaudir à un tel projet et nous l’encouragerions avec toute la force et la joie de notre âme.

Le projet va vite être réalisé puisque l’enquête sur les lieux de culte de 1899 reconnaît que l’église actuelle a été bâtie en 1862 par les habitants au centre du village et qu’en même temps l’ancienne église paroissiale, délabrée, hors de portée est quasi abandonnée. On y dit la messe deux ou trois par an et pour les sépultures à cause du voisinage du cimetière (2 V 73, n° 159). R. Collier la décrit ainsi : l’église du haut, pratiquement désaffectée et pouvant remonter au milieu du XVIIe siècle, comprend d’abord une nef de deux travées voûtées d’arêtes peu saillantes, séparées par un doubleau aux pilastres à impostes composées d’un méplat et d’un talon ; plus une travée de chœur voûtée également d’arêtes et dans laquelle donnent deux chapelles latérales, une à droite, une à gauche ; enfin, un chœur rectangulaire, voûté d’arêtes. Sur la façade sud, clocher-tour de section carrée à étage supérieur percé de quatre baies.

Les deux descriptions de R. Collier ne correspondent pas aux données fournies par le texte de 1858. D’après ce dernier l’église du haut n’était qu’une petite chapelle presqu’en ruine et qui a été agrandie et reconstruite à la fin du XIXe siècle. L’église du bas, depuis son abandon comme paroissiale est délabrée, hors de portée et quasi abandonnée. Comme elle est de nouveau la paroisse, il a fallu y faire des réparations, nous ne savons à quelle date.

 

Synthèse

Nous pouvons avancer que l’église du bas, dédiée à Notre-Dame, a pu être la première paroisse avant l’établissement du village fortifié. En milieu ouvert et dédiée à la Vierge, ce sont deux indices de cette possibilité. Elle a continué sa fonction par la suite malgré son incommodité, la chapelle Saint-Roch, construite sans doute au cours du XVIe siècle pour se protéger des fléaux, a ensuite été agrandie au XIXe siècle pour servir de paroisse. Puis, par un retour naturel, Notre-Dame est redevenue la paroisse.

 


1 1209 (AEA, CXXXV, p. 174-175) ; 1227 (AEA, CLXXI, p. 238-239) ; 1233 (AEA, n° CLXXIX, p. 252-256) 

 

 

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Faisait partie du diocèse de Riez et de la viguerie de Digne, aujourd’hui dans le canton de Mézel. La commune d’une superficie de 2560 hectares occupe les deux rives de l’Asse entre les communes de Brunet et de Bras d’Asse. Comme celles-ci, elle est traversée par une voie antique reliant Riez à Sisteron. La population n’eut pas trop à souffrir des fléaux des XIVe et XVe siècles puisqu’avec 320 habitants en 1315, elle en conservait encore 220 en 1471. Par la suite elle parvint à 350 habitants en 1851 pour aboutir à 86 en 1961 (Atlas, p. 195). La première mention de Saint-Julien date de 1096, moment où l’évêque de Riez Augier fait don à l’abbaye de Montmajour de l’ecclesia sancti Juliani cum decimarum medietate et omnibus apertinentiis ecclesie illius (GCN I, Inst. Riez n° XI, col. 371). Le castrum de Sancto Julianeto est cité lors de l’enquête de 1252 et il est rapporté que c’est l’évêque de Riez qui perçoit l’albergue (n° 551, p. 356). En effet depuis le 2 octobre 1241 l’évêque de Riez est seigneur de Saint-Julien suite à une donation faite par le comte de Provence Raimond Bérenger V (RACP, n° 350, p. 427-428). Un prieur est à la tête de la paroisse desservie par un chapelain, prior Sancti Julianeti et cappellanus de Sancto Julianeto (Pouillés, 1274, p. 106).

Il n’est pas sûr que la première église soit celle que nous connaissons, perchée sur une colline, mais plutôt en contrebas dans la plaine, comme nous le verrons plus loin. L’église actuelle ne remonte pas en effet au-delà du XIVe siècle comme la décrit R. Collier : le chœur, à chevet plat, est percé d’une fenêtre et formé d’une travée voûtée sur croisée d’ogives ; celle-ci consiste en un double boudin se croisant à la clef de voûte, qui est sculptée d’un agneau pascal. Les boudins, pris entre deux gorges, offrent une légère arête centrale. Ils reposent sur des culots ornés de feuilles et à tailloirs polygonaux. Tout cela peut remonter au XIVe siècle finissant. La seconde travée de la nef (qui en comporte deux) est voûtée sur croisée d’ogives, avec deux boudins se terminant en culots. Il s’agit là sans doute du XVIe siècle (p. 176).

 

426. Le prieuré Saint-Pierre de Viletta

En aval et à 1800 mètres du village on rencontre deux hameaux dits St-Pierre le Haut et St-Pierre le Bas. Un prieuré y est cité en 1351 avec une ecclesia Sancti Petri de Vileta desservie par le prior sancti Petri de Vileta (Pouillés, p. 111 et GCN I, col. 376). Bartel en 1636 le cite comme prieuré rural sous le titre de S. Petri de Villeta. Quant à Abbayes et Prieurés il reconnaît un prieuré donné à Montmajour par l’évêque Augier en 1096, uni à Saint-Pierrre de la Villette, de Villeta (p. 64). On ne connaît pas la durée de vie de ce prieuré mais il n’existe déjà plus en 1788, la carte de Cassini signalant seulement un bâtiment d’exploitation. Dans le secteur des fermes de Saint-Pierre, la CAG mentionne plusieurs découvertes, dont les vestiges d’un bâtiment antique et d’une nécropole de datation incertaine, …, peut-être un ancien couvent médiéval, …, des tombes sous tuiles, des sépultures en coffres de lauzes (p. 414). Le vocable Villeta pourrait signifier la petite villa et renvoyer à une fondation de l’époque carolingienne.

 

427. Chapelle Notre-Dame

Cassini signale une chapelle dans le quartier Notre-Dame situé au pied de la colline où se dresse le village. Elle semble détruite lors des visites pastorales du XIXe siècle puisqu’elles signalent qu’il n’existe pas de chapelle rurale (visites de 1860, 1866, 1872, 2 V 89). Cependant le coutumier de 1835 qui relève les processions qui se font dans la paroisse, mentionne le lundi des Rogations procession à l’ancienne chapelle Notre Dame (2 V 73). Elle est donc déjà détruite à cette date. D’après le cadastre de 1812 elle devait se trouver dans le quartier Notre-Dame, là où la carte IGN situe un oratoire à la cote 461. Il est possible, vu la titulature et son implantation en milieu ouvert, qu’elle soit la première paroisse ayant précédé la création du castrum et d’une église sur un site perché 130 mètres en altitude plus haut.

 

428. La chapelle

Un lieu dit la Chapelle est mentionné par Cassini, le cadastre de 1812 et les cartes modernes. Il est situé sur la rive gauche de l’Asse aux abords de la D 108, près de la limite avec la commune de Brunet. Cassini figure une chapelle en état et le cadastre napoléonien un bâtiment dit la Chapelle mais sans signaler s’il s’agit d’une chapelle (section D, parcelle n° 7). Il pourrait s’agir de la chapelle Saint-Catherine où le même coutumier de 1835 signale une procession le mardi des Rogations à l’ancienne chapelle Sainte-Catherine.

 

429. Chapelle Saint-Sébastien

Un quartier dit St-Sébastien est situé à 2500 mètres au nord du village à l’altitude de 737 mètres. La seule donnée est fournie par la carte de Cassini qui figure une chapelle ruinée dite St Bastian. Isolée, elle ne semble pas être une chapelle succursale pour desservir un désert d’habitat. Sa titulature renvoie à un saint protecteur contre la peste, mais aucun chemin ne la côtoie et il est difficile de lui attribuer une datation et une fonction quelconques.

 

Synthèse

La vallée de l’Asse apparaît avoir été vitalisée dès l’Antiquité, puis lors de la période carolingienne. Le site de Saint-Pierre en est l’illustration. Elle a attiré également dès le début du XIe siècle les abbayes qui y ont fondé des prieurés et des paroisses. A Saint-Julien, ce sont les moines de Montmajour, comme à Estoublon et à Mezel. Une première paroisse semble avoir été établie au lieu-dit Notre-Dame remplacée lors de l’enchâtellement par une nouvelle église. Des chapelles rurales ont été élevées ensuite comme protections du terroir, semble-t-il avec celles de Saint-Catherine et de Saint-Sébastien. Actuellement, il ne subsiste plus que l’église paroissiale, tous les autres édifices ayant disparu.

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Faisait partie du diocèse de Riez et de la viguerie de Digne, aujourd’hui dans le canton de Mézel. La commune est située au sud de la Bléone et du Chaffaut et côtoie à l’est celle de Mézel. Le territoire de 2114 hectares est composé de vallons et de collines à une altitude moyenne de 700-800 mètres. Il est traversé du nord au sud par le torrent des Cardaires. Peuplé de 200 habitants en 1315, il est déclaré inhabité en 1471 et va se redresser progressivement pour atteindre 331 habitants en 1765 puis 315 en 1851 (Atlas, p. 195). Le vallon des Cardaires a servi de passage pour une voie antique reliant Riez à la Bléone et a révélé plusieurs sites de la même époque (CAG, n° 181, p. 412-414). Le castrum de Sancto Joaneto est cité en 1252 (Enquêtes, n° 552, p. 356). Puis en 1351 c’est l’ecclesia Sanctis Johannis (ou Johanneti) Vallis Mezene dont le titulaire a donné son nom au village et à la commune (Pouillés, p. 112). La paroisse dépend de l’évêque de Riez et est sous le titre de saint Jean l’évangéliste (Bartel, p. 65). Il est probable que c’est à la suite de la dépopulation survenue à la fin du XVe siècle que l’habitat déserté édifié sur la colline qui domine le village actuel ne fut pas réinvesti. Le nouveau village s’installe en contrebas dans le vallon et près du torrent. Une nouvelle église y est construite sous le titre de Notre-Dame d’Espérance sur l’emplacement d’une chapelle qui est sous le titre de Notre-Dame de l’Espinouse. Elle va être reconstruite et aggrandie en 1834 selon l’abbé Féraud avec une seule nef avec une voûte à plein-cintre (p. 113). Elle va être encore rénovée et l’inauguration a lieu le 9 août 2008 en présence de l’évêque de Digne.

 

425. L’ancienne paroisse Saint-Jean

Malgré l’abandon du village perché et la désertification provoquée par la peste et les guerres des XIVe et XVe siècle, la première paroisse va subsister tant bien que mal. C’est elle qui est citée par les Pouilles en 1351 ainsi que le castrum en 1252. L’abbé Féraud décrit ainsi le site : le quartier du territoire qui porte le nom de Saint-Jean, n’offre plus qu’un tas énorme de décombres, quelques restes d’anciens bâtiments et, sur le plateau, l’ancienne église paroissiale. Il paraît que c’était en ce lieu qu’était jadis le village (p. 113). Depuis le déperchement, l’église est devenue une simple chapelle qui menaçait déjà de choir en 1695 et qui, en 1828 encore, était dite en ruine (Collier, p. 163). Mais le cimetière continue toujours son office de champ des morts. Lors des visites pastorales, elle est qualifiée de chapelle rurale, ancienne église paroissiale St-Jean, et humide. Elle est dite l’église antique de St-Jean ou très antique 1. Elle est inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques le 22 avril 1954 qui la date du XIIe siècle, date conforme aux données. Collier la décrit ainsi : elle ne compend qu’une travée précédée d’une demi-travée, sans bas-côtés. Demi-travée et travée sont séparées par un doubleau en arc brisé à méplat et mouluré. La demi-travée est voûtée en berceau. La travée pricipale est voûtée sur une croisée d’ogives dont le profil est un boudin pris entre deux gorges. Arc triomphal, doubleau et nervures portent sur des culots scupltés de feuillages. Le choeur est formé par une travée à chevet plat (percé d’une niche trilobée) et voûtée sur croisée d’ogives rayonnantes à six branches ; leur profil est celui des nervures de la nef et elles aboutissent à des culots sculptés de mascarons. Des formerets existent le long des murs.

 

Synthèse

On a ici le schéma classique du village perché créé au XIIe siècle, détruit au XVe et abandonné. Seule l’église échappe à la complète destruction. Un nouveau village se crée au pied de la colline près de la rivière avec une nouvelle église paroissiale.

 


1 Visites de 1860 et 1866 (2 V 89) ; 1891 (2 V 93) ; 1893 et 1894 (2 V 94) ; 1908 (2 V 95).

 

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