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- Écrit par : Laurent Del Fabbro
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Situé à 1km au Nord-Est de Mons, à 300m au N-O de la chapelle Saint-Pierre. Il a été fouillé par E. de Pas en 1910 et Gérard Sauzade en 1972. La cella comprend une grande dalle de chevet, de dalles et murets au Nord et Sud. Les piliers sont constitués de deux dalles échancrées, calées au sommet par un pierre plate, formant une porte ovale. Le tumulus rond mesure 8m de diamètre, la dalle de couverture gît sur le tumulus. (photo M.R.)
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(Dolmen de Riens ou Saint-Pierre / Berard)
Le mobilier des fouilles E. de Pas est inconnu, Sauzade a recueilli le matériel suivant dans le couloir :
- des fragments osseux, des tessons d'un gobelet Campaniforme, une armature de flèche à retouche bifaciale sublosangique, 3 canines de renard et une de loup percées, une perle triangulaire en roche verte, 2 perles discoïdes épaisses en calcite, trois maillons de chainette en bronze.
Ce dolmen datable du Chalcolithique - Campaniforme a connu une réoccupation au Bronze final.
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| Le Dolmen de Riens photographié par Michel Gourdon en 1974 |
Bibliographie
GASSIN Bernard
Atlas préhistorique du midi méditerranéen, feuille de Cannes, CNRS, Paris, 1986 - p. 27
ROUDIL, BERARD
Les sépultures mégalithiques du Var, CNRS, Paris, 1981 - p. 161
COURTIN Jean
Le Néolithique de la Provence. Mém. de la S.P.F., 1974, T. XI. p. 247
COURTIN Jean
Les dolmens à couloir de Provence orientale, l'Anthropologie, 1962, T. 66.
GOBY Paul
Les dolmens de Provence, Rhodania, Congrès Cannes-Grasse 1929. p. 13
ESCALON DEFONTON
Informations Archéologiques, Gallia Préhistoire, t. 18 1, p. 692
LAFLOTTE
Les mégalithes du Var, Bulletin de la Société Scientifique et Archéologique de Draguignan, 1928, t. XX, p.22
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| Le dolmen de la Brainée |
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Situé entre Mons et Escragnolles, ce mégalithe a été fouillé par le Comte de Pas. Cité par Goby en 1929, Courtin en 1962 et 1974, Roudil et Berard en 1981, c'est un grand monument composé de 6 dalles de calcaire. La dalle de chevet mesure 2,50 m de hauteur et 1,80 m de large. Les côtés nord et sud sont délimités par des dalles dressées. Le couloir, donnant sur l'ouest, est long de 3 mètres. Du matériel égaré ne subsiste qu'une perle en tonnelet en roche verte, deux tessons de céramique campaniforme, deux armatures. Datation : chalcolithique probable. |
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photo : matériel provenant du dolmen |
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Ce monument a été restauré par Hélène Barge Mahieu dans le cadre du programme de classement, restauration et mise en valeur des mégalithes du Var en 1990. Deux dalles éffondrées dans la chambre ont été restaurées. Les dalles latérales Sud et Nord consolidées, les petites murettes entre les quatre dalles de la chambre ont été restaurées et scellées. Le montant latéral nord du couloir qui avit disparu a été reconstitué. La partie sud du couloir ainsi que le tumulus ont été remis en état. (Photos Hélène Barge |
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- Détails
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Situé dans le Camp de Canjuers, le dolmen a été fouillé par le Comte de Pas, signalé par Goby et non retrouvé par Courtin. Il est aujourd'hui très dégradé. Il est composé d'un tumulus de 20 mètres de diamètre au centre duquel se situe un cratère de 1,50m de profondeur abritant deux grandes dalles, l'une est plantée verticalement, l'autre est couchée. Un muret encore visible servait d'appui à la limite du tumulus.
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Historique
Découvert et fouillé en 1876 par le docteur Olivier (Olivier 1977), médecin à Montauroux. Fouillé à plusieurs reprises et notamment par Goby en 1929 (Goby 1930), cité par Cotte en 1924, Daniel en 1960 et Courtin en 1962.
Description
Il s’agit d’une structure longue de 3m et large de 2m formée de 5 grandes dalles de grès séparées par des murets de pierres sèches ; deux d’entre elles encadrent une ouverture prolongée par un couloir de 4 m de long environ orienté vers l’Ouest , vers le soleil couchant. Une dalle est disposée en travers de la chambre funéraire et partage cette dernière en 2 parties égales . Le dolmen est enserré dans un tumulus fait de pierres et de terre, de 26 m de diamètre et de 1,80 m de hauteur. La dalle de couverture a disparu

Le dolmen de la Verrerie Vieille en cours de fouilles, cliché Paul Goby 1929
Les fouilles du Dr Olivier en 1876
Dans le Bulletin de la Société d'études scientifiques et archéologiques de la ville de Draguignan 1876 t. 11, le Dr Olivier souligne l'importance du tamisage lors de sa fouille du dolmen de la Verrerie Vieille pour ne pas passer à côté de petits objets enfouis dans la terre, qui auraient pu être confondus avec le sol. Ce procédé lui permet de découvrir divers artefacts, notamment des perles en cuivre ou en bronze, des pendeloques en cristal de roche et en coquille, et des aiguilles en cuivre. Il trouve également des éclats de silex, dont certains présentent une fine dentelure, contemporains de l’âge du bronze et du fer, ainsi qu’une hache en pierre polie.
Le dolmen présente une architecture composée de trois pierres principales, et, au fur et à mesure des fouilles, Olivier découvre que la tombe était divisée en deux compartiments presque égaux. L'un semble avoir été utilisé pour enterrer les corps tandis que l’autre aurait servi d'ossuaire. Il constate que les ossements sont beaucoup plus nombreux dans le compartiment sud-est, formant une sorte de « terreau jaunâtre ». Les vestiges animaux sont relativement rares, avec seulement quelques restes identifiés, notamment une mâchoire de petit carnassier et une côte de bœuf ou de cheval.
Parmi les autres objets retrouvés, on note également deux pendeloques en grès tendre, trois aiguilles (dont deux en cuivre et une faite avec une canine de carnassier), ainsi que des plaques en cuivre portant des traces d’ornementation. Olivier observe que ces plaques étaient probablement utilisées pour recouvrir des objets en bois, comme des fourreaux de poignards, mais qui ont été détruits par le temps et l’humidité. Enfin, le Dr Olivier conclut que, bien que les objets trouvés puissent nous sembler modestes, ils représentaient probablement des objets de luxe pour les constructeurs de ce dolmen.
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Mobilier et restes humains
Le dolmen contenait les restes d’une trentaine d’individus.
Le mobilier comprenant le matériel récolté par Olivier et Goby comprend :
1 grande lame de silex
1 pointe foliacée biface de 12 cm de long
1 petite hache polie en roche verte
16 flèches foliacées à retouches bifaciales
2 cristaux de quartz hyalins percés
pendeloques arciformes en test de mollusque en calcaire et stéatite
1 perle tubulaire en stéatite et renflement médian
1 anneau en stéatite
1 fragment de brassard d'archer en schiste de forme rectagulaire à 2 perforations
2 alènes bipointes de section carré en cuivre
2 pointes bifides en cuivre
1 bol en céramique non décorée, à fond rond, avec une anse en ruban (hauteur 9 cm, diamètre 13 cm)

Le matériel du dolmen de la Verrerie Vieille (fouilles Olivier) à l'exclusion des documents figurant dans le haut de la planche, cliché Paul Goby 1929
Goby fait mention du tumulus de la Verrerie Vieille à 300m au sud du dolmen, il aurait recueilli au cours des fouilles "quelques ossements humains, des poteries grossières, deux silex genre grattoirs". Ce tumulus est aujourd'hui détruit.
Le site du Jas de la Maure (d'après un article publié dans les mémoires de l'IPAAM, t. 58, 2006)
A 300 m environ au Sud du dolmen se trouve un petit bois au milieu des champs dans lequel on note la présence de vestiges mégalithiques.
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Situé sur le plateau de Saint-Christophe, près de la route de Grasse à la Malle, ce tumulus signalé dès 1888, fut fouillé vers 1903 par A. Guébhard. Il occupait le centre d'une petite dépression argileuse, et mesurait 11 m de diamètre et 2 m de hauteur environ.
Guébhard ne releva aucune structure aménagée, les vestiges étaient répartis dans toute la couche archéologique, apparement proche de la surface du tumulus d'après le fouilleur : "dès les premiers déblais, opérés par tranche horizontale, afin de ne laisser échapper aucune trace de stratification, apparut évidente la marque de remaniements et l'inutilité de rechercher des superpositions caractérisées. Dès lors, la fouille s'opéra en puits au centre, avec une tranchée vers le sud".
Le mobilier archéologique de la fouille Guébhard

- Perles cylindriques creuses :
- Un total de 114 perles cylindriques, mesurant environ 5 mm de diamètre, ont été retrouvées. Certaines perles atteignent jusqu’à 6 mm de diamètre. Leur épaisseur est d'environ 1 mm, et leur hauteur varie entre 1 et 5 mm. Il semble qu'elles aient été fabriquées à partir de coquilles fossiles du genre Dentalium.
- Anneau en bronze :
- Un anneau circulaire en bronze très oxydé, d’un diamètre interne de 17 mm et externe de 23 mm, a été mis au jour. L'anneau, sans soudure, est découpé dans une plaque de bronze de 3 mm d'épaisseur. Il présente un profil polygonal irrégulier avec des pans coupés et des arêtes marquées.
- Tube torsadé en bronze :
- Un petit tube en bronze, formé d’un ruban enroulé sur 11 tours et demi presque contigus, mesure 28 mm de hauteur pour un diamètre de 4,5 mm. Le ruban de métal, d'une épaisseur d’environ 1/2 mm, est aminci aux extrémités en forme de biseau.
- Petits coulants en bronze :
- Deux coulants de collier en fil de bronze ont été découverts. Le premier est formé d'un enroulement sur 1 tour 1/4 et le second sur 1 tour 3/4, chacun ayant un diamètre de 5 mm.
- Fragments de poterie :
- Une douzaine de fragments de poterie de petite taille, excédant rarement 4 x 4 cm, ont été retrouvés. La plupart sont en pâte brune ou noire, parfois rougeâtre, sans décoration. Certains sont piquetés de mica ou de granulés spathiques et quartzés. Deux fragments en pâte rouge, fine et compacte, se distinguent par leur ressemblance avec la poterie romaine.
- Dents humaines :
- Un ensemble de 28 dents humaines a été mis au jour, provenant à la fois d'enfants et d'adultes. Certaines de ces dents montrent une usure significative, avec des couronnes aplanies, probablement dues à l'attrition dentaire.
- Silex éclaté :
- Un silex éclaté sans trace évidente de travail a été découvert. Il provient probablement des calcaires bajociens environnants.
- Graviers de quartz rose :
- Cinq ou six petits graviers amorphes en quartz rose ont été trouvés sur le site.
- Fragments de fossiles :
- Trois fragments de fossiles, vraisemblablement d'origine bathonienne, ont également été identifiés.
- Nodule ferrugineux :
- Un nodule ferrugineux très poli, à l'apparence quasi-météoritique mais non magnétique, a été découvert. Il pourrait toutefois être d'origine terrestre.
- Traces de charbon :
- Quelques traces dispersées de charbon ont été observées, bien qu'aucun foyer organisé n'ait été identifié.
Guébhard précise qu'au proche voisinage du tumulus a été découverte "une jolie hache polie en éclogite"
Datation
Chalcolithique ? et Age du fer (Gassin)
Biliographie
GASSIN Bernard
Atlas préhistorique du midi méditerranéen, feuille de Cannes, CNRS, Paris, 1986 - p. 117-119
COTTE
Documents sur la Préhistoire de la Provence, t. II, 1924
CHENEVEAU René
Liste des mégalithes, pseudo-mégalithes et tumulus des Alpes-Maritimes, Mém. IPAAM, t. XI, 1968
CAZIOT
Tumulus de Saint-Christophe, feuille des jeunes naturalistes, 1er août 1904
GUEBHARD Adrien
Fouilles et glanes tumulaires aux environs de Saint-Vallier-de-Thiey, BSPF, t. 1, p. 301-311
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- Écrit par : Laurent Del Fabbro
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Localisation et accès
Sortie de Cabris vers Grasse, prendre à droite le chemin de Stramousse sur 1 km. Dans un virage à gauche une piste forestière monte à droite en longeant le grillage de 2 villas, 150 m aprés les grillages un petit cairn sur la droite du chemin marque le début d'une trace à suivre en montant à travers les arbustes direction sud sur environs 100 m, passer un muret le dolmen est aprés au sommet (informations A. Chabaud)
Le Dolmen en 2005, photo Blazit.
Le Dolmen du Coulet de Stramousse (Cabris, Alpes-Maritimes), a été découvert et fouillé par Paul Goby en 1905.
Tumulus rond de 16 mètres de diam. Chambre carré de 1,50 m de coté formée par 5 dales de calcaire. les côtés sud et nord sont constitués d'une dalle à plat reposant sur un mur de pierres sèches, complété latéralement par un muret de pierres sèches. L'entrée était fermée par un muret de pierres sèches à l'origine et s'ouvre sur un couloir court. La cella était dallée de pierres plates.

Relevé effectuée par Paul Goby en 1905 lors de la fouille.
Restes fragmentés "d'au moins" 35 à 40 individus dont plusieurs enfants. Traces de rubéfaction. Restes fauniques (cervus elaphus, capra hircus, canis familiaris)
Mobilier : 85 perles discoïdes en calcaire blanc, sept perles discoïdes en "pierre noire", une perle plus grosse en calcite, une autre "translucide", deux fragments de défense de sanglier, une coquille de cypraea percée, une pendeloque droite en os (7).
Mobilier métallique : deux anneaux fermés, une petite perle coulée de forme tronconique, une perle formée d'une plaquette enroulée, une fibule.
Céramique : Nombreux tesson, un gobelet campaniforme à fond plat (5) (hauteur 13cm, diam. 10cm à l'ouverture) décoré de lignes horizontales au peigne, d'autres tessons décorés de chevrons incisés, un fragment de "vase-biberon" ou de cuillère à manche perforé longitudinalement (6) . Une ecuelle en calotte de sphère.
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Le mobilier céramique
Datation
Datant du Chalcolithique, utilisé par les Campaniformes, puis au Bronze ou à l'Age du Fer.
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Biblliographie
GASSIN Bernard
Atlas préhistorique du midi méditerranéen, feuille de Cannes, CNRS, Paris, 1986 - p. 117-119
COURTIN Jean
Le Néolithique de la Provence. Mém. de la S.P.F., T. XI.
GOBY Paul
Description et fouilles d'un nouveau dolmen près Cabris, arrondissement de Grasse (A-M), Le C.P.F., Périgueux, 1905.
GOBY Paul
Coup d'oeil d'ensemble sur le préhistorique de l'arrondissement de Grasse, 2eme C.P.F., Vannes - 1906.
DANIEL G
The prehistoric chamber tombs in France, London, 1960.
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- Écrit par : Laurent Del Fabbro
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Retrouvé en 2007 sur la colline de Pomeiret. C’est un gros tumulus rectangulaire de 19 m x 17 m, haut de plus de 2 m. Au sommet, un creux de 6 m x 2 m, profond de 0,50 m, marque l’emplacement de la fouille de Casimir Bottin. Il y avait trouvé des ossements, une agrafe en bronze et des tessons évoquant le Bronze final. Aucun nouveau matériel n’y a été découvert. Ce tumulus semble aussi très incomplètement fouillé. (Informations S. Fulconis)
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Retrouvé en 1986 en bordure sud de la colline de Pomeiret.
C'est un tumulus de 7m de diamètre avec au centre un creux de 2 m de diamètre et profond de 1 m qui marque l'emplacement de la fouille de Casimir Bottin (avant 1899). Il y avait trouvé des ossements brisés et une épingle en bronze. Une pointe de javelot conique en fer a été ramassée sur le tumulus en 2007, indiquant une utilisation à l'âge du fer. Il semble avoir été fouillé très incomplètement.
informations:
Stéphane Fulconis, « Département des Alpes-maritimes », ADLFI. Archéologie de la France -Informations
[En ligne], Provence-Alpes-Côte d'Azur, mis en ligne le 01 mars 2007, consulté le 19 avril 2025. URL :
http://journals.openedition.org/adlfi/6389
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- Écrit par : Laurent Del Fabbro
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Localisation et accès
Situé au nord-est de Cabris, à l'extrémité est de la colline de Pomereit.
D11 en sortant de Cabris vers Grasse, (route des 3 ponts) en haut de la montée (env. 800m), au début de la courbe à gauche, à la fin d'un grillage sur la droite de la route, avant d'entamer la descente vers le pont.
- Amorce du chemin sur le coté gauche de la route, juste à gauche d'un poteau électrique en bois.
- Monter en suivant le sentier sur environs 250 pas, arriver à un replat, un muret coupe le chemin, le passer et de suite à droite en le longeant sur 30 pas environs, on trouve le dolmen avec son tumulus sur la gauche. (infos communiquées par Alain Chabaud).
Description
Le tumulus quasi invisible sous la végétation actuelle mesure 1,25 m de hauteur et 10 m de circonférence. La cella rectangulaire 1,66 m x 1,20 m est formée de trois dalles de 80 cm de hauteur pour 1,50 m de largeur en moyenne et à l'ouest de deux piliers (dont un seul subsiste), délimitant une entrée autrefois barrée par un seuil. Le couloir à l'est (1,47 m x 0,84 m) est constitué de murets en pierres sèches.

Relevé du dolmen par M. Gourdon, 1974
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Dolmen de Pomeireit en 1974 (M. Gourdon)
Prises au printemps 74, les photos de Michel Gourdon nous montrent un dolmen déjà bien envahi par la végétation, en particulier au niveau du tumulus. Mais les fouilles exécutées 3 ans auparavant par Gérard Sauzade laissent encore un couloir dégagé et une chambre relativement propre.
Historique
Casimir Bottin fouille le dolmen en 1899, qu'il nomme tombe mégalithique. Il nous en donne les détails dans son article "Découverte et fouilles de neuf tombes aux environs de Saint-Vallier de Thiey. Le tumulus de 10 m de circonférence ne laissait pas alors apparaître les dalles, et un fragment de la dalle de couverture "gisait encore, en partie penché sur la tombe".
Le document photographique suivant est exceptionnel, il nous montre le dolmen postérieurement à la fouille Bottin : le couloir, sous le tumulus au premier plan n'est pas encore dégagé. L'auteur du cliché est vraisemblablement Paul Goby. Je n'avais pu identifier ce cliché jusqu'à ce que M. Chabaud me fasse parvenir des photos du monument et que les comparaisons permettent d'identifier avec certitude le dolmen de Pomereit (Les photos 1 et 4 d'Alain Chabaud sont prises sous le même angle que celle de Paul Goby).

1905 : photo Paul Goby, la dalle de chevet est du dolmen
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| 2009 : Photos A. Chabaud prises dans l'axe du couloir (1) est-ouest, (2) ouest-est | |
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L'extension des surfaces boisées dans les préalpes grassoises est extrêmement importante depuis la seconde moitié du XXè siècle sur les terres délaissées par l'agriculture et le pastoralisme. La comparaison avec les clichés de 1974 ou de 2009 est saisissante. Le travail de prospection réalisé par les préhistoriens à la fin du XIX était d'autant plus facilité par l'absence de ce couvert végétal. Aujourd'hui, cette végétation en progression constante menace de nombreux dolmens provençaux. Les fouilles se sont souvent succédées sur ces monuments mais paradoxalement, personne ne s'est jamais soucié de la préservation des structures mises au jour hormis quelques exceptions et je ne manque pas de le souligner lorsque c'est le cas. Je le répète encore, un simple entretien sous la forme d'un débroussaillage de la surface du tumulus garantirait une visibilité et un minimum de protection. Un site fréquenté et visible est plus à l'abri qu'un site tombé dans l'oubli.
Le constat de 2009 est sans appel : les clichés réalisés en décembre, période où la végétation est la moins luxuriante, montrent un couloir quasi inexistant ou jonchent divers blocs. Le couloir réalisé en pierres sèches par les préhistoriques et dégagé par G. Sauzade en 1971 n'a pas la résistance des orthostates d'une cella qui peuvent dépasser la tonne facilement et qui sont de ce fait moins fragile. Ce couloir, sur les photos précédentes de M. Gourdon est en 1974 encore bien visible.
Plus inquiétant, la dalle sud de la chambre, bien visible sur la photo 1 de M. Gourdon est inexistante sur la photo 4 d'Alain Chabaud. Au mieux a-t-elle été basculée au pire fracturée. Rappelons qu'il n'y a aucun trésor dans ces dolmens fouillés plusieurs fois déjà, la seule richesse qu'ils nous offrent encore est leur architecture, leur présence in situ ! Les photos d'Alain Chabaud nous laissent le sentiment d'un site complètement abandonné, c'est bien triste.
Le mobilier archéologique
Bottin a découvert les ossements de 45 à 50 squelettes, en deux couches, séparées par un dallage de pierres plates. Une partie des ossements étaient brûlés. "Le sol même de la tombe est incliné du couchant au levant, et les ossements du premier dépôt avaient été jetés pêle-mêle vers le fond, puis recouverts d'un dallage, pour les séparer des nouveaux arrivants. Mais ceux-ci avaient eu le même sort de la part des derniers ravageurs, dont on reconnaît l'action, sans exception, dans toutes les sépultures de la région."
Le mobilier funéraire comprenait aussi :
- deux extrémités distales de poinçons en os
- 68 perles discoïdes en test
- 12 perles discoïdes en calcaire blanc (en général à section bi-convexe, du type berle ovoïde mince)
- 101 perles discoïdes en roche verte, très petites
- 2 perles olivaires, l'une en calcite, l'autre en calcaire blanc
- une grosse perle discoïde, à contour irregulier, polie, en calcite translucide
- plusieurs tessons,
- un "ornement de bronze de forme tubulaire", interprété par Arnal comme un "petit tube enroulé" (cuivre ?)
Les fouilles de Gérard Sauzade ont permis de distinguer deux pérodes d'utilisation (les deux couches étaient séparées par un dallage dans le couloir par un dallage de pierres) :
- Une phase d'occupation remontant au Chalcolithique (couche de base) caractérisée par 22 perles discoïdes plates en test de mollusque, une perle olivaire en pierre verte (doc 2).
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1970 : fouille et photos G. Sauzade (la 4ème photo montre le dolmen avant l'intervention)

(doc 2 : une partie du matériel archéologique de la fouille Sauzade, cliché M. Gourdon)
- Une couche supérieure comprenant du mobilier datable du Bronze ancien, fragments d'un vase à deux anses rubanées diamétralement opposées, décoré sous le bord de deux boutons accolés (doc. 3), associé à une alène losangique en bronze de 28 mm x 6 mm x 2mm. Les alènes sont des objets bipointes dont la fonction reste indéterminée mais que de rares exemplaires emmanchés dans un tube en os (Saint-Vérédème, Sanilhac - Barge Mahieu 1995) classent dans les outils plutôt que dans les parures de type piercing. (Le Campaniforme dans le S-E de la France, Lemercier 2002).

(doc 3 : céramique du bronze ancien)
Ont été également recueillis, dans les sédiments remaniés ou sur le tumulus :- une pendeloque ovale confectionnée dans un galet (doc 2)
- une perle discoïde épaisse en pierre vert clair (doc 2)
- trois fragments de poinçons en os
- des éclats et une lamelle de silex à troncature oblique (doc 2)
Erigé au Chalcolithique, ce dolmen a connu une réutilisation au début de l'âge du Bronze. En effet, les modes sépulcraux du début de cette période sont hérités de la fin du Chalcolithique, des inhumations collectives perdurent, et plusieurs mégalithes de la région connaissent des réutilisations tardives (dolmen de Mauvans Sud à Saint-Cézaire, dolmen du Prignon...)
A noter : La présence de matériel archéologique dans le couloir reste exceptionnelle et témoigne d'une réutilisation de la sépulture. Les couloirs des dolmens provençaux sont en général stériles. Cette absence de mobilier tend à démontrer que ces couloirs n'étaient pas désobstrués lors de dépôts successifs. Les colmatages naturels d'argile souvent observés dans les couloirs confortent cette thèse. Ces derniers restaient donc bloqués lors des funérailles, seule la partie proche de l'entrée de la chambre était désobstruée. (Sauzade, Courtin 1986)
Bottin comparait la tombe mégalithique de Pomeiret au "beau" dolmen de la Verdoline à Saint-Vallier. Érigé il y a quarante siècles par les populations Campaniformes installées ici, il a suffit d'un siècle pour que les fouilles successives dégagent la structure de son tumulus protecteur et la livre aux agressions de l'homme et de l'environnement. Alors faut-il que l'histoire s'arrête aujourd'hui, à l'ère de notre civilisation toute puissante ? Somme nous incapables de préserver ces dernières reliques du passé ? Sont-elles si insignifiantes et innintéressantes ? Il est facile de comprendre, en comparant simplement les deux clichés du dolmen pris à un siècle d'écart, que la menace qui pèse n'est pas fictive et que le couvert végétal aura raison du monument si rien n'est entrepris rapidement.
Bibliographie
BOTTIN Casimir
Découverte et fouilles de neuf tombes aux environs de Saint-Vallier de Thiey, Annales Société Scientifique et littéraire de Cannes et de l'Arrondissement de Grasse, t. XVI, 1899
GOBY Paul
Coup d'oeil d'ensemble sur le préhistorique de l'arrondissement de Grasse, 2ème CPF Vannes, 1906
COTTE
Documents sur la Préhistoire de la Provence, t. IV, 1924
GOBY Paul
Les dolmens de Provence, XI congrès Rhodania Cannes Grasse, 1929
CHENEVEAU René
Liste des mégalithes, pseudo-mégalithes et tumulus des Alpes-Maritimes, Mém. IPAAM, t. XIV, 1971
GAGNIERES Sylvain
Informations archéologiques, Gallia Préhist., t. XV, 1972
ARNAL (G. B.)
Type de parures du Chalcolithique, Et. Préh., 1974
COURTIN Jean
Les dolmens de Provence, Mémoires SPF, t. XI, 1974
GOURDON Michel
Le Néolithique et l'Age du bronze dans les Alpes-Maritimes, mém. de maîtrise d'histoire, université de Nice, 1975
GASSIN Bernard
Atlas Préhistorique du Midi Méditerranéen, feuille de Cannes, 1986




























