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Faisait partie du diocèse et de la viguerie de Sisteron, aujourd’hui dans le canton de Noyers-sur-Jabron. Cette commune sise dans la vallée du Jabron, principalement en rive gauche, couvre 1126 hectares. Elle n’a jamais été très peuplée, maximum de 218 habitants en 1851 et depuis l’abandon du village, l’habitat est dispersé en fermes et petits hameaux.

Les sources médiévales sont succinctes mais révèlent cependant plusieurs lieux de culte. Au XIIe siècle, les églises de Bevons et de Pansier relèvent des deux chapitres cathédraux de Sisteron et de Forcalquier (Atlas, carte 66). Guy Barruol confirme l’existence de l’église et du castrum de Saint-Pansier en 1217 et dont le site va être abandonné au cours du XIIIe siècle (1). En 1274, les Pouillés (p. 120) citent deux églises, celles de Bevons et de Saint-Jean, capellanus castri de Beontio, cappelanus ecclesia juxta Beontium Sancti Johannis. Ce n’est qu’au XIVe siècle que l’on connaît le titulaire de l’église de Bevons, vicarius Sancti Gervasii de Besontio (GCN, I, Inst., col. 473).  Parmi ces églises, ne subsistent que l’église paroissiale et une chapelle moderne à La Font.

61. Saint-Pansier, lieu de pèlerinage pour toute la contrée

Achard est le premier à relater en 1788 que la fête de saint Pansier a lieu le jour de la Pentecôte. Le Curé et ses Paroissiens, suivis d’une foule de personnes accourues des lieux circonvoisins, vont en procession sur une colline où il avoit une Croix et où l’on a bâti, depuis 50 ans, une Chapelle. On invoque S. Pansier contre la colique. L’abbé Féraud emploie à peu près les mêmes termes : on honore à Bévons saint Pansier, personnage dont on ne trouve nulle part le nom dans le catalogue des saints, et dont on connaît moins encore la vie. Cette fête a lieu le jour de la Pentecôte. Le curé et ses paroissiens, suivis d’une foule de personnes accourues des lieux circonvoisins, vont en procession sur une colline où l’on a bâti depuis cent ans une chapelle. On y évoque saint Pansier contre la colique ; on croit être préservé de ce mal en se roulant à plat ventre contre un rocher, au sortir de la chapelle (p. 490).

Lors des visites pastorales de la fin du XIXe siècle, la chapelle est sous le vocable de saint Pie, l’autorité ecclésiastique ayant sans doute voulu éliminer un saint inconnu et des pratiques pas très orthodoxes (2).  Le 14 juin 1858, on y dit encore une messe dans l’année. Elle est encore citée en 1862, puis le 6 mars 1868 où la chapelle rurale St-Pie est assez dégradée (3). Aujourd’hui, elle est figurée en ruine par les cartes IGN au sommet de la colline entre les cols de la Mairie et de Saint-Pansier.

62. L’église Saint-Jean sur un site antique

Elle est citée en 1274, juxta Beontium, près de Bevons. Elle n’apparaît pas sur les cartes de Cassini (n° 152-153) ni sur les cartes actuelles. La CAG reconnaît qu’elle est en ruine (n° 027, p. 102-103) et qu’autour de la chapelle ont été découverts des débris de tegulae et des tessons de céramique (sigillée) et des substructions auraient été exhumées lors de labours. Selon les auteurs, ce site, placé en bordure d’une voie supposée antique, pourrait être le centre du domaine. Ce qui veut dire que c’est sur l’emplacement de la villa gallo-romaine entourée de son domaine qu’aurait été élevée l’église. Le site se trouverait à 400 m à l’est du château de Castel-Bevons. Cet édifice, en milieu ouvert, près d’une voie importante, sur un site antique, est sans doute d’origine pré-castrale et peut remonter au haut Moyen Age.

Synthèse

L’église Saint-Jean paraît bien relever des premières églises rurales et la création du village perché l’a condamnée, semble-t-il, peu de temps après.


(1) Collectif, La Montagne de Lure, Alpes-de-Lumière, n° 145/146, p. 180.

(2) F. Mistral (TDF, II, p. 472) cite Pansié, nom d’un saint honoré dans le diocèse de Sisteron. Le nom est sans doute un dérivé du provençal panséu, pansel,  signifiant panse de porc, estomac. D’où le don du saint pour guérir les maux d’estomac.

(3) Visites de 1858, 1862 et 1868, ADAHP 2 V 89.

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Faisait partie du diocèse d’Embrun et de la viguerie de Sisteron, aujourd’hui dans le canton de Turriers. La commune présente un habitat dispersé en fermes et petits hameaux, le village n’abritant qu’un tiers de la population. Depuis l’époque carolingienne, le territoire faisait partie de la villa Jugurnis aux mains de Saint-Victor. L’église paroissiale, au sommet de la colline et où s’entoure le village, ne semble pas avoir changé d’emplacement. Elle est dédiée à saint Nicolas-de-Myre. Une seule chapelle, devenue ensuite paroissiale, est signalée dans la commune.

60. Pré la Cour et l’église de la Freyssinie

La Freyssinie est un hameau éloigné du chef-lieu de quelque 3000 mètres. Il est desservi, ainsi que les fermes voisines, par une église et un cimetière. Entièrement restauré à la fin du XIXe siècle, l’édifice présente un chevet orienté parfaitement vers l’est. Cette caractéristique est inhabituelle pour une église dont l’édification remonte à 1708 comme le relate l’abbé Albert. Mais il ajoute qu’elle a été bâtie sur une ancienne chapelle (1). D’autre part, le toponyme Pré la Cour ou Pré de Frechenie est cité lors de la vente des biens nationaux à la Révolution (1 Q 64). Damase Arbaud, dans sa localisation des lieux-dits de la villa Caladius fournis par le polyptique de Wadalde en 814, y reconnaît la colonica in Fraxeno (2) .  Cela est impossible car cette colonge est dans le même lieu que celle de Mercone, Marcoux (3).

Synthèse


Les indices sont minces, mais laissent cependant envisager une fondation antérieure à celle des castra. Le toponyme, l’orientation de l’église, son établissement en milieu ouvert pour desservir un habitat dispersé, convergent vers une fondation correspondant aux premières églises rurales. La villa Jugurnis couvrant tout le bassin de Turriers a pu être à l’origine de cette fondation, mais sans certitude.


(1) Albert,  Tome I, p. 286 : On a établi depuis l’an 1708 une église succursale au hameau de la Freyssinié, pour la commodité des habitans de ce hameau et de ceux des Aguillons, des Pascals et des Marins. On a profité pour cela d’une ancienne chapelle qui est sous le titre de S. Joseph. 

(2) ARBAUD D. « Etude sur le polyptique de Wadalde (de l’an 814) ou dénombrement des possessions de l’Eglise de Marseille », Bull. de la Sté Sc. et Lit. des BA, 1903, p. 191.

(3) CSV H n° 25-26. Colonica  in Fraxeno inhibi (colonica in Mercone).

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Faisait partie du diocèse de Senez et de la viguerie de Colmars, aujourd’hui dans le canton de Saint-André-les-Alpes. Cette commune est située dans le Haut-Verdon entre Thorame-Haute et Colmars. Les sources médiévales font défaut à part les références à l’ecclesia de Bellovidere fournies par les Pouillés en 1300 et 1376. Le castrum de Belvezer est cité en 1250 dans les enquêtes (n° 433, p. 327) comme appartenant au comte de Provence et la communauté est sous le régime du consulat accordé par Raimond Bérenger V (1).

Le premier village, le castrum de Belvezer, était construit plus haut que le village actuel. L’abbé Féraud relate qu’il fut en partie détruit par le feu en 1436, puis reconstruit. En 1596, le fort qui défendait le village fut démoli par ordre du parlement de Provence, puis le village fut pillé par les troupes du roi de Sardaigne. Enfin, en 1728, un incendie détruisit complètement le village. Il fut alors abandonné, un nouveau village l’ayant remplacé sur les bords du Verdon. Il n’en reste qu’une chapelle, dédiée à la Sainte-Croix, ancienne église paroissiale. C’est ce que confirme l’enquête sur les lieux de culte de 1899, chapelle de Sainte Croix, à l’endroit où était autrefois Beauvezer. Messes deux fois par an, aux fêtes de la Croix.

La même enquête et les visites pastorales de la fin du XIXe siècle recensent deux paroisses et plusieurs  chapelles (2). Les deux paroisses sont celles de Beauvezer et de Villars-Heyssier, cette dernière sous la titulature de Sainte-Anne. Cette paroisse possédait une chapelle rurale dédiée à Notre Dame du Plan.

53. Chapelle Notre-Dame du Plan

Elle est recensée comme faisant partie de la paroisse de Villars-Heyssier. Le  25 septembre 1858, la chapelle rurale au hameau du Plan est très humide. Le 7 octobre 1865, la chapelle rurale au hameau du Plan laisse à désirer. Le 29 octobre 1869, chapelle du Plan, Notre-Dame des sept Douleurs. Toiture passable, voûte en bois. La chapelle est dans un état indécent. Il n’est pas convenable de continuer d’y dire la messe. Si les habitants se refusent d’y faire les réparations nécessaires qui consistent à enlever l’humidité, à faire le pavé et à se procurer tout ce qui est nécessaire pour la célébration de la sainte messe. Si d’ici un an les réparations indiquées ci-dessus ne sont pas faites, la chapelle demeurera interdite. Il semblerait que l’injonction et la menace de l’évêque soient restées sans effet, car le 16 octobre 1876, la chapelle rurale au Plan est interdite et en 1889, elle est en ruine. Apparemment, il n’en reste rien. Cette ancienne chapelle pourrait être antérieure à l’église paroissiale de Villars-Heyssier. Le hameau est en effet perché sur une éminence resserrée par deux montagnes (Féraud) et tire sans doute son origine du perchement des XIIe-XIIIe siècles. Par contre, la chapelle Notre-Dame est construite dans la plaine, le Plan, et pourrait être antérieure. La titulature à la Vierge est également un bon indice.

Sur la paroisse elle-même de Beauvezer sont recensées six chapelles rurales au XIXe siècle.

54. La chapelle Sainte-Croix

Elle est à l’endroit où était autrefois Beauvezer. Messes deux fois par an, aux fêtes de la Croix. En 1869, la toiture est en bon état, la voûte en bois, le pavé à réparer. L’état de la chapelle n’est pas convenable. Il est nécessaire de la réparer si on veut qu’on puisse y dire la sainte messe. La Sainte-Croix est la fête patronale de Beauvezer qui se célèbre le 3 mai. Il s’agit de la paroisse du temps du castrum.

55. Chapelle des Pénitents

Elle est dédiée à S. Joseph et fut longtemps l’église paroissiale. Office des Pénitents tous les dimanches, messe par le curé le 29 mars, le jour du Patronage de S. Joseph et tous les vendredis du Carême. Sans autorisation écrite. En 1869, il faut enlever l’humidité, réparer le clocher ou mieux encore le faire disparaître parce qu’il menace ruine. Puis, en 1876, depuis la dernière visite on a fait des réparations importantes à la chapelle St-Joseph. R. Collier la date de 1640. Elle vient d’être entièrement restaurée.

56. Chapelle Saint-Jean

En 1869, chapelle de Saint-Jean, au hameau de la Combe, très ancienne. Sans autorisation écrite. Messe pour S. Jean l’Evangéliste et quelquefois dans l’année pour le besoin des habitants du hameau.

57. Chapelle des SS. Martyrs Abdon et Sennen (1765)

Au hameau de Champalay, sans autorisation ; messe deux fois par an. En 1869, elle est dite de Champalay et dédiée à Saints Abdon et Sennen, Ste Barbe. Il est demandé de faire disparaître le terre-plein. Il semble que cette chapelle ait totalement disparue. L’abbé Féraud relate que l’on célèbre aussi avec solennité, le 30 juillet, la fête des SS. Martyrs Abdon et Sennen, dont on croit posséder les reliques.

58. Chapelle de Notre Dame de Bon secours

A 500 mètres du village, dans le torrent de ce nom. On y dit souvent la messe pendant la belle saison. Existait en 1654. Les habitants s’y rendent très nombreux le soir du 15 août.  En 1869, chapelle Notre Dame du Bon Secours, voûte en bois. Faire disparaître le terre-plein qui se trouve au nord.

59. Chapelle de S. Pierre

A 6 kil, dans le vallon de ce nom. Messe le jour de la fête patronale. En 1869, la voûte en bois est neuve, le pavé à faire. La situation de cette chapelle, dans un environnement grandiose de gorges, d’eau jaillissante, d’arbres et de rochers, évoque ces chapelles de confins, loin de la paroisse, où les habitants viennent se ressourcer en toute liberté. Elle peut faire suite à un ermitage ainsi qu’à un ancien lieu de culte païen lié à l’eau.

Synthèse

La multiplicité des chapelles correspond à un terroir montagneux où les chemins sont souvent peu praticables en hiver. Chaque hameau en est pourvu afin de faciliter le service religieux. Seule, celle de Saint-Pierre fait exception et pose problème. Il faut également remarquer le nombre important de protecteurs, la Sainte-Croix comme patronne, Notre-Dame du Bon Secours, saint Jean, les saints Abdon, Sennen et Barbe, saint Pierre et saint Joseph dont les chapelles font l’objet de processions et de dévotions particulières.


(1) RACP, n° 396-397 (1233-1245), p. 486.

(2) Visites pastorales de 1858, 1865, 1869 et 1876. ADAHP, 2 V 87.

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Faisait partie du diocèse et de la viguerie de Digne. Aujourd’hui dans le canton de La Javie. Situé en Haute-Bléone, le territoire s’étend sur 4568 hectares et est composé de gorges étroites et de vallons encaissés. L’habitat est dispersé en plusieurs hameaux et bastides.  L’abbaye de Saint-Victor est bien implantée en 814 avec deux colonges à Buxeto (la Bouisse Haute et Basse), deux colonges et une bergerie à Primo Capa (Champ Premier), deux colonges à Sebeto (La Sébière), une colonge et une bergerie à Olegolis (Auche) (1) . Jusqu’au XVIIe siècle, il existe trois communautés avec chacune leur église, au Clucheret, à Saint-Pierre des Auches et à Beaujeu même.

49. Sainte-Marie du Clucheret

Au Clucheret, Saint-Appolinaire ou Sainte-Marie, est un prieuré desservi par Saint-Victor. La confirmation en est donnée le 4 septembre 1079 par le pape Grégoire VII, cellam sancti Apollinaris ad Clocher. Puis l’ecclesia Sancte Marie de Clochario est citée en 1206 et 1218, avec un prieur en 1227 et 1236 (2). C’est toujours un prieur qui dessert l’église en 1351 et 1376 (Pouillés, p. 256 et 259). Le prieuré et la paroisse dépendent de La Javie où siège le prieur de Saint-Victor, représentant de l’abbaye en Haute-Bléone. Lors de la visite de l’évêque en 1683 il est dit que Messire de Lisle, religieux de l’abbaye de Saint Victor, prieur de Chaudol et de La Javie, perçoit la moitié de la dîme, le curé l’autre (ADAHP 1 G 5). Au XVIIe siècle l’église du Clucheret deviendra une simple succursale. Son statut de paroisse l’a autorisé à posséder une cuve baptismale et un cimetière. Elle est toujours en bon état avec au-dessus de la façade un clocheton à deux arcades, mais avec une seule cloche.

49 bis. Chapelle Saint-Joseph de Sériège

Elle est signalée par Cassini et les registres paroissiaux du XVIIIe siècle. Le 25 juin 1724, est célébré un mariage dans la chapelle St Joseph de la Seriage dépendante de Beaujeu entre Pol Martin de Mariaud et Anne Bonnet de la Seriage (BMS Beaujeu, 1610-1692, vue 297). Disparue.

50. Le prieuré Saint-Pierre des Auches, ancienne paroisse, sur un site antique

Quand on quitte le village de Beaujeu en remontant la rivière de l’Arigeol par la D 757 on parvient au hameau de Saint-Pierre où se dresse une église dédiée à saint Pierre. L’abbé Féraud raconte : cette Paroisse à 180 âmes de population, et se compose du village de Saint-Pierre, du hameau de Cerieige, et de sept maisons de campagne. Cette paroisse est placée dans une vallée, au Midi, et au pied d’un coteau. Il y a 60 ans seulement qu’elle a été érigée en succursale. Il n’y avait alors qu’une petite chapelle dédiée à saint Barthélemy, que l’on a agrandie en 1840, sous le titre de saint Pierre, patron du lieu (p. 87-88).

Quand Mgr de Boulogne, en 1603, descend de Mariaud pour sa visite pastorale, il arrive au masage de St Pierre ou arrivés, serions entrés dans l’église du dit lieu…. Il nous a été dit que la ditte église étoit fondée sous le titre de St Pierre d’Ochiis…. On nous a dit aussi qu’audit masage de St Pierre et au dessus du village y a une église toute ruinée et qu’on dit avoir été l’église paroissiale et y avait cimetière, laquelle n’avons visité (3). Dans les réquisitions finales, il est relaté que les dessus nommés du masage dud St Pierre ont remontrés qu’attendu qu’au dit masage y a une église disrupte, qu’on dit être l’église paroissiale dud lieu, y ayant cimetière, de laquelle le prioré porte le titre, requièrent que le dit prieur ait à faire rebatir à ses dépens, dire ou faire dire messe un dimanche autre non, et tous les lundis une autre messe pour les trépassés comme a été ordonné ainsi qu’ils ont ouï dire par Messire de Croix (4)  eu égard qu’au masage y a plusieurs habitans. L’abbé Féraud est le seul à rappeler que l’on trouve, au  Nord de la paroisse et sur une hauteur, des vestiges de construction que l’on croit être un ancien monastère. La tradition porte que ce monastère était une succursale de la maison des Templiers de Valence (Drôme). Ce qui est certain, c’est qu’il existait, en ce lieu, il y a cinquante ans, une chapelle dédiée à saint Pierre, où les habitants se rendaient en procession le jour de la fête de cet apôtre (p. 87-88).

Un Raimundus prior sancti Petri de Jochis est cité comme témoin en 1206 et une ecclesia de Ouchis en 1218 (CSV II, n° 986, p. 438 et n° 988, p. 440). Cette église Saint-Pierre dépend, comme celle de Beaujeu, des Augustins de Saint-Ruf de Valence. Un cahier relié de 67 folios écrits recto-verso, composé par le curé Fabre de Beaujeu le 8 novembre 1883, réunissant des textes transcrits par deux prieurs de Beaujeu, Jean de Maubousquet prieur jusqu’en 1756, continué par son successeur, Jacques de Rochas, rappelle les biens et actes de 1366 à 1757 des Augustins de Saint-Ruf de Valence. Titre donné par Fabre : liber memorialis rerum antiquarum prioralis de Bellojoco (H 4). Le premier texte est publié à Rome le 3 septembre 1488 et rappelle les privilèges accordés par les papes à l’abbaye de Saint-Ruf. Sont nommés neuf papes depuis Urbain II (1088-1099) jusqu’à Alexandre IV (1254-1261). Puis sont dénombrées toutes les possessions de l’Ordre, parmi lesquelles l’ecclesiam sancti Petri de Ochiis cum pertinentiis suis, ecclesiam sancta Maria de Bello Joco cum capellas et aliis pertinentiis suis, eccelesiam sancti Mauritii de Tramo cum pertinentiis suis, ecclesiam de Marialdo cum pertinentiis suis.

500 mètres au nord du hameau de Saint-Pierre figure un quartier portant le nom de Prieuré où s’élève une habitation. Une petite colline la domine à l’ouest. Le haut de la colline a été aménagé pour en faire une surface plane. On remarque même des terres-plains construits au bord des pentes pour en augmenter la surface. Cette surface plane est entièrement entourée de murs éboulés de gros blocs formant une grande enceinte rectangulaire couvrant quelques 1600 m². Aujourd’hui elle est presque entièrement boisée, dans les murs et à l’intérieur se remarquent des fragments de tegulae ainsi que des pierres de taille. Un petit mamelon au sud présente en surface les traces d’infrastructures pouvant correspondre au site de l’église et du cimetière.

51. La Transfiguration de Boulard

Boulard est un hameau situé au NO de Beaujeu qui est habité par six familles en 1775 lors de l’affouagement (C 25). L’abbé Féraud donne quelques renseignements supplémentaires : la paroisse de Boulard, placée entre deux montagnes, sur une petite colline exposée au Midi, se compose du village, des hameaux de Sausée, de Bouse et des Péaugiers. Population totale : 100 âmes. Il y a une école pendant l’hiver seulement. L’église de Boulard, bâtie en 1824, est sous le titre de Saint-Sauveur ou de la Transfiguration (p. 88). La date de construction donnée par Féraud est une restauration car l’église est citée par Mgr le Tellier le 19 mai 1683 : les habitans du hameau de Boulart nous ont demandé de bien vouloir leur confirmer dans leur ancienne permission touchant le service de leur chapelle, attandu de la grande distance qu’il y a de leur hameau à la paroisse (1 G 5). Lors d’une visite pastorale en 1857, il est dit que les murs de l’église ont été construits à neuf en 1804 et que le cimetière en bon état avec une croix fort ancienne. En 1872, il est rapporté qu’on a réparé l’intérieur et l’extérieur de l’église ainsi que la toiture. En 1882, l’église est en assez bon état avec deux cloches, dans le campanile, dont une neuve achetée en 1882 (2 V 88,93 et 94). Lors de l’inventaire de 1906, le curé proteste et dit que l’église a été bâtie en 1772 et meublée par les habitants (1 V 66). Il doit s’agir d’une restauration.

52. Chapelle Sainte-Anne de Fontfrède

Fontfrède est un hameau situé au nord de Beaujeu et est composé de trois familles et de quelques bastides en 1775. Une chapelle est citée lors des visites pastorales du XIXe siècle sous le titre de Sainte-Anne, non pas dans le hameau, mais à l’écart et isolée. Elle n’est pas citée auparavant et n’a jamais constitué une paroisse. Elle est qualifée en 1857 de chapelle rurale au quartier de Fontfrède. Elle est en bon état en 1865 et en 1871 elle est à réparer. C’est en 1884 que l’on apprend qu’elle est sous le titre de sainte Anne. Elle figure encore sur les cartes actuelles. La carte de Cassini l’associe au Logis Neuf au bord de la route reliant Digne à Seyne comme nommée par le cadastre de 1829 qui figure également la chapelle et le le Logis. Halte pour les voyageurs, le Logis les préparait à la rude montée du Col du Labouret, 200 mètres de dénivelé, et la chapelle apportait une garantie supplémentaire d’un bon voyage.

Synthèse

Il semblerait, au vu des indices concernant Saint-Pierre des Auches, que nous soyons sur un site aménagé pendant la protohistoire avec une enceinte en gros blocs, romanisée par la suite, réoccupée à l’époque carolingienne avec peut-être déjà une première église aux mains de Saint-Victor. Enfin, lors du renouveau des monastères au XIe siècle, l’ensemble tombe dans les mains des Augustins qui en font une paroisse à part entière. Abandonnée progressivement, l’église et le cimetière vont être remplacés par une nouvelle église construite dans le hameau de Saint-Pierre, mais les paroissiens continueront de monter en procession vers la première église le jour de saint Pierre, pratique qui semble avoir été abandonnée au début du XIXe siècle.


(1) CSV, II, H 2, 21, 22, 40, 43, 59, 60, 61, 62.

(2) 1079, n° 742 ; 1206, n° 986 ; 1248, n° 988 ; 1227, n° 987 et 1236, n° 989.

(3) ADAHP H 4

(4) Conrad de la Croix, évêque de Digne de 1466 à 1479.

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Faisait partie du diocèse d’Embrun et de la viguerie de Sisteron. Aujourd’hui dans le canton de Turriers. En 1974, réunion avec les communes d’Astoin, d’Esparron-la-Bâtie et de Reynier.


BAYONS

La commune de Bayons occupe un vaste cirque formant une large vallée où coule la Sasse, entourée de hautes montagnes culminant à près de 2000 mètres. Un étroit goulot, la clue de Bayons, permet de communiquer avec le bassin de la Sasse en aval de Bayons.

40. La Clastre et le prieuré Notre-Dame de Nazareth

En 1183, le pape Lucius III confirme les possessions de l’abbaye de l’Ile Barbe de Lyon à Bayons avec ses églises (1). Ce n’est qu’au XIVe siècle que l’on apprend qu’il s’agit de deux églises, l’une desservie par un prieur, l’autre par un recteur ou chapelain (2). Si la deuxième est l’église paroissiale dans le village, l’autre se révèle beaucoup plus tard. Deux actes notariés de 1685 et 1688 donnent de précieuses indications. Ils font état de la cérémonie pratiquée lors de l’intronisation ou mise en possession d’un nouveau prieur. Celui-ci était conduit par le curé au quartier de la Clastre où était ladite église notre Dame de Nazareth et lui faisait remuer les pierres aux vestiges de ladite église (3). Le prieuré est alors en ruine mais la cérémonie qui s’y déroule fait comprendre qu’il s’agit du prieuré originel, celui qui a précédé celui du village. C’est un retour aux sources comparable aux pèlerinages qu’effectuent les villageois vers le premier lieu de rassemblement de la communauté comme on en rencontre dans de nombreux villages de Provence. Le quartier de la Clastre n’apparaît plus sur les cartes actuelles, seul le Ravin de la Clastre rappelle le prieuré. Il est situé au quartier de l’Adoux où a été décelé un site gallo-romain. L’implantation du premier prieuré est réalisée dans un milieu ouvert, non défensif, près d’un ruisseau et des terres arables.


La citation de 1183 n’est qu’une simple confirmation et non une création. Il existait deux églises dont celle du village est liée au castrum qui s’est formé au cours du XIIe siècle. Le transfert du prieuré de la Clastre vers le nouveau lieu de rassemblement de la communauté a dû s’effectuer très rapidement. Il a cependant conservé son statut de première fondation pendant encore plusieurs siècles.


Reste en suspens l’époque de cette fondation et par qui. Il existe la probabilité de l’Ile Barbe, monastère le plus ancien de France et très florissant durant la période carolingienne. Autre question : le cimetière qui devait accompagner le prieuré n’a pas été repéré jusqu’à présent. Il faut noter enfin que les deux églises étaient dédiées à Notre-Dame, celle du prieuré à Notre-Dame de Nazareth, celle du village à Notre-Dame de Bethléem.  


41. La chapelle du Forest-Lacour

Une deuxième fondation pourrait se situer au Forest-Lacour. Si le Forest indique un hameau isolé du bourg principal, le toponyme la Cour peut faire référence à un établissement de l’époque carolingienne. Le hameau est situé en milieu ouvert, non défensif, près des zones de culture, d’un ravin et de la rivière Sasse. Le plan cadastral du hameau fait encore bien ressortir la cour centrale autour de laquelle sont disposées les maisons. Une chapelle de 24 m² le desservait, qui, en 1892, tombe en ruine (4). Lors de l’incastellemento, le site ne s’est pas déplacé, mais s’est mis sous la protection d’une tour, la Tour de Bedoin, où la population pouvait se réfugier en cas de danger. Placée à la sortie de la clue, elle contrôlait également l’entrée du bassin (5). Le cimetière ici aussi est absent et sa fondation demeure inconnue.

42. Les deux églises de la Combe

Il existait deux hameaux situés dans la haute vallée de la Sasse, distants l'un de l’autre de 2000 mètres, la Combe haute et basse. Distants de plus de 7500 mètres du chef-lieu, ils abritaient 17 familles au XVIIIe siècle, soit une centaine de personnes. La carte de Cassini, de la même époque, signale une église dans chacun des hameaux. Celle de la Combe Basse fut érigée en église succursale par l’archevêque d’Embrun (6). Après la Révolution, elle fut de nouveau rétablie par décret impérial du 29 juin 1841 (1 V 12). On a établi du temps que le cardinal de Tencin était archevêque d’Embrun une église succursale pour la communauté des habitants. Pierre IV Guérin, cardinal de Tencin, 12 juillet 1724 au 11 novembre 1740. 12). Les deux églises sont signalées par le cadastre napoléonien avec chacune un cimetière ainsi que deux fours à pain et un moulin à blé. Il ne reste plus que des ruines de ces deux hameaux, sauf l’ancienne église de la Basse Combe restaurée il y a quelques années par des particuliers, mais qui de nouveau se détériore par manque d’entretien. Elle est sous la titulature des saints apôtres Philippe et Jacques. L’autre était dédiée à sainte Marie-Madeleine. Cette dernière, en 1890, est ouverte et pleine de boue, dès lors à interdire. L’enquête sur les lieux de culte de 1899 avait pronostiqué l’abandon prochain des deux hameaux : cette paroisse de la Combe tient à disparaître et bientôt elle ne sera plus qu’une pépinière pour le reboisement.

On a la confirmation au XIVe siècle de la présence d’un habitat à la Combe lors de l’enquête effectuée suite à la catastrophe survenue le 26 juillet 1492 où un déluge, des pluies continues et torrentielles entraînèrent une vague d’eau et de boue sur le village de Bayons. Les deux hameaux de la Combe, dits alors de la Montanhe, subirent aussi d’importants dégâts (7). Il est à présumer que cet habitat, encore vitalisé à cette période malgré la peste, ait été déjà investi lors de la période faste précédente des XIIe-XIIIe siècles où la population de la commune atteignait presque les 1300 habitants. Il est établi en fond de vallon où l’on remarque encore les traces des anciennes terrasses de culture.

43. La communauté de Rouinon et la chapelle Saint-Joseph

Il existait un hameau appelé Rouinon, situé dans la montagne au nord du Forest-Lacour à plus de 1200 mètres d’altitude. Il est signalé pour la première fois en 1492 lors de la catastrophe de Bayons, en même temps que ceux de la Montagne. Il réapparaît seulement au cours du XIXe siècle quand il s’agit de créer une école temporaire pour 8 enfants, le hameau abritant en 1886 41 habitants. L’école sera fermée en 1911 faute de participants et la boîte aux lettres sera supprimée en 1929, le hameau ne comprenant plus qu’une seule famille de trois personnes (8) . Le cadastre de 1838 (parcelle 341 A) signale un tout petit édifice religieux dans le hameau, 10 m² seulement, et sans cimetière. Il est dédié à saint Joseph. Cette titulature indique une consécration récente, la dévotion à ce saint n’ayant vraiment débuté qu’au XVIIe siècle. La titulature a pu changer après les guerres de Religion comme pour tant d’autres églises. Faute de documents antérieurs, il est difficile d’en dire plus. La dernière citation date de 1899 lors de l’état des lieux de culte : une chapelle au hameau de Rouinon ; date et autorisation inconnues. Usage imémorial. A 2 heures de Bayons. Messe le lendemain de St Joseph et une fois pendant le temps pascal.


ASTOIN

Jusqu’en 1973, Astoin formait une commune s’étendant sur 1111 hectares dans un milieu montagneux entre le bassin de Bayons et celui de Turriers. La population ne fut jamais importante, 140 habitants en 1315, 30 en 1471, 264 en 1765, 19 en 1962.

44. L’ancienne église du castrum d’Astoin

Les quelques fermes formant le hameau actuel abritent une église dédiée à sainte Anne. Le premier habitat, au XIIe-XIIIe siècles, était 500 mètres au nord-est sur la colline et ses pentes que la carte de Cassini nomme la Sime de Vière. Le castrum de Reynier et son église paroissiale sont signalés aux XIIIe et XIVe siècles, castrum de Austeuno en 1237, ecclesie de Astuyno en 1351. A la fin du Moyen Age, les 6 familles subsistantes désertent Vière et créent un nouveau village ainsi qu’une petite chapelle dédiée à sainte Anne qui est desservie par la paroisse de Bayons. Ce n’est qu’au XVIIe siècle, quand la population dépassera les 250 habitants que la chapelle deviendra paroissiale.


ESPARRON-LA-BATIE

Cette ancienne commune occupe un territoire très montagneux s’étendant sur 2809 hectares. Le chef-lieu est situé à 1200 mètres d’altitude. Les moyens d’accès étaient difficiles et le climat rigoureux. Le maximum de population fut atteint au XIIIe siècle avec 370 habitants en 1315, puis ce fut le déclin pour aboutir à 27 habitants en 1962.

45. L’église oubliée de la Bâtie

Le castrum d’Esparron est toujours cité au Moyen Age avec celui de la Bâtie ou Bastide, castrum de Sparrono et Bastita en 1237. Cela suppose qu’il existe deux communautés distinctes, mais toutes les deux aux mains d’un même seigneur, la famille de Morier. La peste du XIVe siècle va créer des ravages dans la population. Noble Jean de Morier adresse une plainte en 1698 aux commissaires de l’affouagement. Il leur explique qu’il n’existe plus de corps de communauté depuis 1471. Cette année-là, malgré le peu d’habitants, ceux-ci furent imposés comme du temps où la communauté était prospère. Si bien qu’ils durent s’engayer extremement "déguerpir" (9). Noble de Morier  reconnaît qu’il possède tout le territoire, dont une bastide au quartier de la Casse ainsi que le domaine de la Bastide. En 1709, c’est la renaissance de la communauté qui a enfin retrouvé  un nombre plus conséquent d’habitants, 200. Le seigneur lui offre alors ses deux domaines de la Casse et de la Bastide.

C’est en 1599 qu’apparaît un renseignement capital. C’est lors de la visite de l’évêque de Gap, à la sortie des guerres de Religion. Il reconnaît que l’église d’Esparron est en pauvre estat, toute découverte, les murailles presque toutes abattues. Il recommande ensuite que le cymetière qui est auprès de ladite église, ainsi que celui qui est auprès de l’église de la bastide, pour estre fermé tout alentour afin que le bestail ny entre (ADHA, G 779, f° 733). Dans le cadastre de 1760, le plus ancien conservé, il est fait mention du tènement de la Bastide appartenant à la communauté. Il se compose de quatre terres et d’un gros tènement de terre et bastiment de crépin confrontant terre de la chapelle (10) .

La Bastide, ou la Bâtie aujourd’hui, est située dans le vallon où coule le Torrent de Reynier, entre le village de Reynier et le hameau de Baudinard. Il subsiste encore une ruine qui devait être l’ancienne ferme-bastide, mais plus d’église ni de cimetière. C’est sans doute à cet endroit que doit se trouver le site signalé par l’abbé Féraud : à l’extrémité du terroir, du côté de Reynier, et dans un champ appelé Cimetière, on a trouvé enfouis dans la terre, des ossements humains d’une grosseur extraordinaire, plus, des pierres taillées, parmi lesquelles une paraît avoir servi de fonts baptismaux. Ce qui annonce une ancienne église, dont le souvenir s’était perdu dans la suite des temps.

46. La chapelle moderne de Baudinard

Nous signalons seulement cette chapelle afin que l’on ne soit pas tenté de lui trouver une origine ancienne. Deux textes suffisent à la dater précisément. C’est d’abord une délibération municipale du 31 mars 1867 où le maire fait état du désir des habitants de Baudinard d’avoir un cimetière près du hameau, celui du chef lieu étant trop éloigné, 5 km, par des chemins affreux. Le hameau ne compte que 8 habitants. Les habitants ont construit l’année dernière une belle chapelle. Le cimetière sera établi à 150 mètres des habitations (ADAHP, E 82/3). Puis, c’est la confirmation du 28 avril 1868  lors d’une visite pastorale, une chapelle rurale en construction à Baudinard (ADAHP, 2 V 92) . Elle est sous la titulature de Notre-Dame Secours des Pécheurs.


REYNIER

Limitrophe avec Esparron-la-Bâtie, cette ancienne commune est située dans le même contexte de terrain montagneux et difficile. Le castrum de Rainerium apparaît en 1232 et l’église paroissiale en 1274 avec le vicarius de Raynero.

47. La première église sur la colline

Plusieurs collations de la cure, de la chapelle Saint-Georges, de la prébende et de la chapelle Saint-Sébastien ont lieu au XVIe siècle au profit de familiers de l’évêque de Gap (11) . L’église est par contre dédiée à saint Vincent et se trouve au sommet de la colline qui domine le village où seul a subsisté le cimetière. Au sortir des guerres de Religion en 1599, l’édifice est en piteux état, l’église Saint-Vincent est en fort pauvre estat, presque toute ruinée.  Il faut attendre 1687 pour que les réparations principales soient terminées : l’église sous le titre de saint Vincent, laquelle avons trouvé construite à neuf sur une éminence hors le village, …(12). On ne sait ce qui est arrivé par la suite à cette église, puisqu’aujourd’hui il n’en subsiste plus qu’un moignon informe que l’on prend pour un oratoire. En 1833, une nouvelle église est achevée de construire dans le village qui va devenir la paroissiale, reprenant le titre de la première, Saint-Vincent.

48. Chapelle Notre-Dame dans le village

C’est durant l’année 1687 déjà citée plus haut que nous apprenons qu’il existe une chapelle dans le village dédiée à la Vierge. Il devait s’agir d’un petit monument, plutôt chapelle-oratoire. L’évêque s’étant informé où se faisoit le service divin, nous auroient répondu que depuis longtemps il se faisoit dans une chapelle construite au milieu du village appartenant au Seigneur dudit lieu de Reynier où avons trouvé qu’elle est couverte de paille, voûtée, pavée, ayant besoin d’être un peu recrépie et blanchie, l’autel est sous le titre de Notre Dame où est un tableau de la Ste Vierge. Le devant de la chapelle est fermé seulement d’un treillis de bois. Ce treillis de bois permettait aux paroissiens d’assister aux offices de l’extérieur. La dernière citation de cette chapelle date de 1899 lors du recensement des lieux de culte, chapelle de la Vierge, messe une fois par mois. Elle n’apparaît plus par la suite.

Pour mémoire, nous signalons la seule citation d’une chapelle rurale au hameau du Gaine en 1890 (2 V 93) .


Synthèse

Un édifice, Notre-Dame et le prieuré de la Clastre à Bayons, présente toutes les caractéristiques d’une fondation antérieure au castrum. Il en peut-être de même au Forest-Lacour. Pour les autres, il s’agit, soit d’anciennes églises paroissiales délocalisées comme à Astoin et à Reynier, soit de succursales élevées dans les hameaux.


(1) GUIGUE E., Cartulaire de l’abbaye de l’Ile Barbe de Lyon. Ecclesias de Bayone.

(2) CLOUZOT E., Pouillés des provinces d’Aix, d’Arles et d’Embrun, Paris, 1923, p. 214, 252 et 246. En 1351, prior de Bayonis, 34 livres et ecclesie de Bayonis, 30 livres. En 1376, prior de Bayonis, 6 florins et capellanus de Bayonis, 5 florins. En 1382-1383, priore de Bayons, 34 s. et rectore de Bayons, 30 s.

(3) THIRION Jacques et VIRE Marie-Madeleine, « L’église romane de Bayons et ses travaux aux XVIIe et XVIIIe siècles, d’après des documents inédits », Bulletin archéologique du C.T.H.S., Paris, 1983, p. 95-122. Les recherches notariales ont été effectuées par M.-M. VIRE qui fournit les références d’archives. Ou souloit estre ladite esglize de Nostre Damme de Nazaret, …, et remuer pieres aux vestiges de ladite esglize.

(4) Visite pastorale du 24 novembre 1892, ADAHP 2 V 94.

(5) Dite aujourd’hui Tour du Bedoin, la carte de Cassini indique de Bedoin, faisant référence à un nom d’origine germanique bet-win, nom de personne remontant à l’époque carolingienne.

(6) ALBERT, I, p. 292. On a établi du temps que le cardinal de Tencin était archevêque d’Embrun une église succursale pour la communauté des habitants. Pierre IV Guérin, cardinal de Tencin, 12 juillet 1724 au 11 novembre 1740.

(7) Le document relatant cette catastrophe a été traduit et commenté par ISNARD M., « Le cataclysme de Bayons en 1492 », BSSL des BA, T III, 1888, p. 44-55. La vague atteignit une hauteur de huit cannes (16 mètres).

(8) Archives communales, registres des délibérations municipales.

(9) Affouagement de 1698. ADAHP C 18.

(10) ADAHP, E 82/2, cadastre de 1760.

(11) ADAH G 831 (1534), 833 (1553), 843 (1570), 846 (1575), 794 (1598).

(12) ADAH, G 779 (1599), 784 (1641), 786 (1687).

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