archeoprovence

communes

Faisait partie du diocèse d’Embrun et de la viguerie de Seyne, aujourd’hui dans le canton du Lauzet-Ubaye. Le terroir, de près de 4000 hectares, est partagé entre une zone de collines et une zone de montagnes. Domaine du comte de Provence, La Bréole est érigée en consulat au XIIIe (Atlas, p. 166). A partir de 1079, deux prieurés sous le titre de saint Pierre et de Sainte-Marie sont cités comme appartenant aux moines de Saint-Victor. Celui de Saint-Pierre deviendra l’église paroissiale. L’autre demeure pour l’instant inconnu.

CSV
. 1079 (II, n° 843, p. 218). Cella ad Bredola
. 1080-1085 (II, n° 699, p. 42). Ecclesia sancti Petri de Bredola et aliam sancte Marie
. 1113 (II, n° 848, p. 238). Ecclesia Sancte Marie de Bredola cum ecclesia parrochiali
. 1135 (II, n° 844, p. 227). Ecclesia Sancte Marie de Bredola cum ecclesia parrochiali
. 1242 (II, n° 1021, p. 481) Prior de Bredula
. 1337 (II, n° 1131, p. 619). Prieuré de Bredula

L’habitat va connaître plusieurs localisations. Quand les moines de Saint-Victor sont présents aux XIe et XIIe siècles, c’est dans un milieu ouvert, non défensif, sans doute à l’emplacement du village actuel. A partir du début du XIIIe siècle, un castrum va se former sur un piton difficile d’accès à 1 km au nord du village actuel. Selon Féraud (p. 232), le château était bâti sur une masse de rochers, dont la majeure partie n’offrait que des précipices inaccessibles. Une nouvelle église voit le jour accompagnée du cimetière. Durant les guerres de Religion, le siège de la forteresse dure 7 jours à partir du 5 novembre 1586. C’est la fin du village perché, l’habitat retournant dans les collines en hameaux et fermes dispersés.

72. La procession sur la montagne

Deux indices sur une procession votive sont peut-être concordants. C’est d’abord le coutumier de 1835 qui relate que le lundi de Pentecôte, il y a une procession extraordinaire sur le sommet d’une montagne. C’est ensuite l’abbé Féraud (p 233) qui, à propos du château et de l’ancien village dont il ne reste plus que quelques masures et des vestiges de l’ancien cimetière, où l’on allait en procession le jour de l’Ascension et le 29 juin. Le 29 juin, fête de saint Pierre, rappelle sans doute la titulature de l’église paroissiale. Il ne reste alors que le cimetière, seul rescapé des destructions et de la désertion du village.

Le territoire va être divisé en quatre paroisses. La Bréole avec une église dédiée à saint Pierre, Charamel et sa paroisse Saint-Marc, paroisse de Costebelle avec comme patron saint Marcellin et La Garde sous le titre de saint Barthélemy, église construite en 1695 selon l’abbé Féraud et toujours en état (p. 234). Seules les paroisses de La Bréole et de Costebelle présentent des chapelles rurales.

73. Chapelle Saint-Joseph

Elle est citée de 1858 à 1920 sur la paroisse de La Bréole, la plupart du temps qualifiée de propre. Il nous a été impossible de la repérer, elle semble avoir complètement disparue.

74. Les chapelles Saint-Pancrace et Saint-Roch

Situées dans la paroisse de Costebelle, en 1860 elles sont qualifiées de propres, puis en 1867 Saint-Pancrace est en mauvais état, St-Roch, mieux. Situation que l’on retrouve en 1892, deux chapelles rurales dont une en mauvais état. Enfin, le 19 novembre 1919, autrefois, il existait deux chapelles rurales, aujourd’hui elles tombent en ruine. La carte IGN signale un oratoire sous le titre de Saint-Pancrace à 500 m à l’ouest de Costebelle (1) .

Synthèse

Deux églises citées en 1079, Sainte-Marie et Saint-Pierre  semblent relever des premières paroisses fondées au cours du XIe siècle par les moines bénédictins. Abandonnées lors de l’enchâtellement, celle de Sainte-Marie va disparaître ; par contre Saint-Pierre va redevenr paroisse lors de l’abandon du site perché.


(1) Visites pastorales de 1858, 1860, 1867, 1873 (2V 88), 1892 (2 V 94) 1919 et 1920 (2 V 95).

0
0
0
s2smodern

Faisait partie du diocèse de Glandèves et de la viguerie d’Annot, aujourd’hui dans le canton d’Annot. A près de 1000 mètres d’altitude, le village, isolé, a cependant accueilli plus de 1000 habitants en 1765 malgré sa faible superficie (1167 ha) et un terroir difficile. Les sources médiévales sont succinctes, à commencer par un certain Guillelmus de Bravio cité comme témoin en 1147 par le cartulaire de Lérins (n° CIV, p. 96), puis par l’ecclesia de Bravibus en 1376 (Pouillés, p. 265). L’Atlas historique (p. 166) avance que la communauté dépendait de l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, puis des comtes de Provence, mais sans apporter de renseignements plus précis.

R. Collier (p. 378) atteste que l’église paroissiale, sous le titre de saint Martin de Tours, date de 1834. Mais on ne sait s’il s’agit d’une construction nouvelle ou de la réfection d’un édifice plus ancien. A cette date la population a perdu 450 habitants par rapport à 1765 et il est plus probable que c’est au milieu du XVIIIe siècle que l’église fut (re)construite. De 1858 à 1892 deux chapelles rurales sont citées, mais exposées à l’humidité. A partir de 1876, une est en bon état, l’autre non (1).

70. Chapelle Notre Dame du Serre

Cette chapelle, isolée, semble avoir desservi les hameaux du Serre et du Villard à un moment où le village de Braux n’était pas encore constitué. Quand une nouvelle église dédiée à saint Martin est érigée dans le village, Notre-Dame devient alors une simple chapelle. Les visites pastorales du XIXe siècle citent seulement deux chapelles rurales, dont l’une est en bon état et l’autre non. Ce n’est qu’en 1919 que l’on apprend que la chapelle dédiée à la Vierge, avec une cloche, est en bon état. Elle l’est toujours.

71. Chapelle Sainte-Madeleine

Il s’agit de la deuxième chapelle citée en même temps que la précédente et ce n’est qu’avec la carte de Cassini que l’on découvre sa titulature. Les biens de la chapelle sont vendus le 10 février 1791 à Gaspard Domenge et Auxile Gras pour 400 livres (ADAHP 1 Q 5). En 1919, la chapelle de Sainte-Madeleine est en très mauvais état. De 1858 à 1919, elle est signalée soit humide, soit en mauvais état (2). Elle a été restaurée depuis.

Synthèse

Notre-Dame du Serre peut être la première paroisse, ayant précédé celle du village. Le Villard évoque un habitat déserté et détruit dont Notre-Dame aurait pu être l’église paroissiale.


(1) Visites de 1858, 1866, 1870, 1876 (2V 86), 1884 et 1891 (2 V 93).

(2) Visites pastorales de 1858, 1866, 1870, 1876 (2 V 86), 1884, 1891 (2 V 93), 1912 et 1919 (2 V 95).

0
0
0
s2smodern

Faisait partie du diocèse de Riez et de la viguerie de Digne, aujourd’hui dans le canton de Mezel. Cette commune de 2610 hectares est établie au bord de l’Asse au nord du plateau de Valensole. La faible altitude (500 m en moyenne), les rives de la rivière et les plateaux la dominant ont très tôt attiré l’activité humaine. Il est probable qu’une voie antique passait en rive gauche de l’Asse reliant la cité de Riez à celle de Sisteron. Une autre se dirigeait vers la Durance en suivant le cours de la rivière (CAG, n° 031, p. 107).

C’est l’une des possessions que le patrice Abbon offre, en 739, à l’abbaye de Novalaise, in pago Regense Braccio, locellum Bractium (CSHG, p. 44). Pour l’époque, il faut situer le lieu sans doute en rive gauche de l’Asse, près de la voie antique. Il peut faire suite à un site romain, de type vicus ou à une mansio. Le toponyme La Bégude Blanche, petit hameau en face du village, évoque une auberge et une halte pour les voyageurs. Cette vocation d’accueil des voyageurs a-t-elle pu perdurer et se transmettre pendant un si long temps ?

Quand Bras d’Asse réapparaît ensuite c’est au cours du XIIIe siècle avec un castrum et une église, Capellanus de Brachio et ecclesia de Brachio (Pouillés, 1274, p. 109 et 1351, p. 112). Le site de la Bégude semble avoir été délaissé en partie pour un habitat perché sur l’autre rive. En 1241, le 2 août, Raimond Bérenger V confisque le castrum de Bratz, situm juxta flumen quod vocatur Assa, détenu par Guigonnet de Galbert pour le donner à un certain Périssol (RACP, n° 345, p. 423-425). Par la suite, au XVIe siècle, le castrum sera détruit puis délaissé au profit d’un nouveau village construit en contrebas, près de l’Asse, avec une nouvelle église sous la titulature de Saint-Nicolas de Myre. Début XXe siècle, le vieux village est complètement abandonné. Au XIXe siècle, une autre paroisse va voir le jour, celle de la Bégude avec une église dédiée à Notre-Dame. Les documents de ce siècle indiquent qu’il n’existe pas de chapelle rurale sur la paroisse de Bras d’Asse, mais qu’il en existe une à la Bégude.

69. La chapelle Saint-Jean-Baptiste de la Bégude

C’est la carte de Cassini (n° 153) qui nous révèle cette chapelle St Jean, située au SSO de la Bégude Blanche, près du lieu-dit Fude. De 1860 à 1891, est citée la chapelle rurale de saint Jean-Baptiste qui demande des réparations urgentes. En 1893, il n’est plus question de réparations (1). Enfin, lors de l’enquête sur les lieux de culte de 1899, il est relaté : à la Bégude, une chapelle distante du village d’environ un kil, a servi d’église paroissiale depuis l’érection de la paroisse en 1840, jusqu’en 1853, époque où fut achevée l’église actuelle. Le curé y dit la messe le dernier jour des Rogations et pour la fête patronale qui est le 24 juin. Elle sert en outre pour les funérailles du voisinage. Mais en 1908, elle est en mauvais état. A partir de cette date, elle n’apparaît plus sur les cartes modernes car elle est devenue une propriété privée.

Elle est encore aujourd’hui en état, au bord de la D 108, 800 m au SO de la Bégude (2). Le bâtiment est encore entier, mais le mur de l’abside a été ouvert pour permettre le passage des engins agricoles, puis fermé par un large vantail. L’intérieur est encombré d’engins et d’outils. Il existe un plafond en planche qui dissimule la voûte si elle existe. On aperçoit en entrant à droite une fenêtre bouchée de l’extérieur. Sur les murs, subsistent des traces de bandes de peinture et surtout une frise de décor en stuc représentant des entrelacs. L’extérieur a été rebâti en tout-venant, pierres de toute taille noyées dans du mortier légèrement ocré. L’élément le plus remarquable est la porte d’entrée formée par un arc plein cintre décoré de plusieurs moulures reposant sur des piédroits de forte dimension, encadrement qui ne semble pas homogène. Celui-ci est au ras du nu du mur.  Au-dessus de la porte, une niche en plein cintre qui devait contenir une statuette. Encore au-dessus oculus ouvert vers l’extérieur. A gauche de la porte  ouverture quadrangulaire formée de quatre forts moellons, maintenant bouchée. A droite, fenêtre moderne. L’édifice est orienté vers le SO et mesure à peu près 10 x 7 m. Le propriétaire relate qu’on lui avait dit qu’on avait trouvé des crânes de très jeunes enfants au pied des murs de la chapelle.

Synthèse

Les données sur la chapelle Saint-Jean sont trop succinctes pour tenter une approche de fondation. La seule remarque que l’on peut faire, c’est qu’elle est située dans un milieu ouvert, non défensif, près d’une voie antique et qu’elle était liée à un cimetière. Si l’église de la Bégude est dédiée à Notre-Dame depuis son érection en paroisse en 1840, le patron est saint Jean et au XIXe siècle, on se rend à la chapelle le 24 juin pour la fête patronale. L’éloignement de la chapelle du hameau de la Bégude indique qu’elle n’est pas liée au hameau, mais qu’elle est une chapelle rurale sise en plein champ, en rapport avec un habitat dispersé. Ces diverses constatations pourraient nous diriger vers un édifice pré-castral.


(1) Visites de 1860, 1866, 1870 (ADAHP 2 V 89), de 1891 (2 V 93) et de 1893 (2 V 94).

(2) Nous l’avons visité le 11 octobre 2008 et rencontré le propriétaire.

0
0
0
s2smodern

Faisait partie du diocèse de Senez et de la viguerie de Castellane, aujourd’hui dans le canton de Barrême. Cette commune, dans un milieu montagneux difficile, couvre près de 5700 hectares et n’a jamais pu abriter plus de 830 habitants. Les deux meilleures périodes furent celle du XIIIe-début XIVe siècle avec 750 personnes suivi par une perte de 75%  recensée en 1471, puis celle de 1765 avec 823 habitants. L’exode rural a commencé bien avant le milieu du XIXe siècle (780 habitants en 1851, 73 en 1962). Le territoire était desservi par deux paroisses, celle de Blieux et celle de la Melle.

Blieux apparaît sous la forme de Bleus avec le patronyme de Raimundus. Douze ans plus tard, en 1122, sont citées deux églises aux mains de l’abbaye de Saint-Victor,  ecclesias de Bleus sancti Symphoriani et sancti Pontii (CSV I, n° 446, p.452 et II, n° 777, p. 123). L’abbaye semble avoir abandonné Blieux après cette date car lors de l’enquête de 1278, l’église paroissiale dudit castrum est tenue par le seigneur évêque de Senez et il y a un hôpital des pauvres dans le dit castrum tenu par l’hospitalier R. Maurelles. G. de Majeste hospitalier décédé dudit hôpital a donné à Guillaume de Baux un pré situé dans ledit territoire près de la rivière Frey, pré qui contient trois scorées et vaut bien quinze livres ; que B. de Bliaud a légué à l’église dudit lieu un champ situé dans ledit territoire au lieu-dit Portaux  (p. 439-440, n° 882-883). C’est ensuite l’abbaye de Lérins qui s’installe à Blieux. Le 5 octobre 1369 c’est la donation de plusieurs terres, sises à Blieux, faite à l’abbaye de Lérins par les hoirs de noble Isnard de Bileux, Isnard de Levis, terres in Ferraginibus, in Brigas, ad Balmas  (CL, n° CI, p. 165-167).

L’abbaye de Saint-Victor et l’évêché de Senez paraissent asseoir leur domination sur le territoire de Blieux. L’abbaye de Lérins s’implante également au XIVe siècle. Mais la perte de 75 % d’habitants dénombrée à la fin du XVe siècle a dû considérablement affaiblir les revenus des ecclésiastiques et des moines. Deux églises sont citées en 1122, Saint-Symphorien et Saint-Pons. La première est l’église paroissiale de Blieux et comme le reconnaît Mgr Soanen en 1703, elle a toujours été dans le même lieu. Il relate qu’elle fut abattue en 1595 par les habitants pendant les guerres de peur que les ennemis ne s’en saisissent. Qu’ensuite elle a été réparée puis est retombée en ruine. C’est alors qu’il avait été proposé d’en bâtir une nouvelle dans le village, mais les habitants ont préféré restaurer totalement leur première église, malgré son éloignement de plus de 500 pas du village, les neiges et les glaces en hyver rendant cette église inaccessible (1). Cette église existe toujours, dédiée à saint Symphorien.

L’évêque, après la visite de l’église paroissiale, recense 4 autres édifices : les chapelles Saint-Pierre, Saint-Pons, Saint-Joseph et Sainte-Elisabeth. Ce sont les mêmes répertoriées également par Achard (I, p. 343), l’abbé Féraud ne citant que les deux paroisses (p. 265-266).

65. La chapelle Saint-Pierre

La seule description est fournie par Mgr Soanen en 1703 ; c’est une chapelle de confrérie, elle est au haut du village avec un tableau représentant St Pierre, St Paul et St Honoré et tous les ornements et objets liturgiques nécessaires. Les murailles sont crépies et une cloche au dessus de la porte en dehors. La chapelle est citée en 1857, puis en 1866 où la chapelle de St-Pierre interdite depuis 8 mois ne sera rendue au culte qu’après qu’on aura enlevé l’humidité, réparé la toiture et le pavé, recrépi les murs à l’extérieur et construit une sacristie avec crédence. Lors de la visite suivante en 1870, elle est toujours interdite jusqu’à ce qu’elle soit réparée. Puis, elle n’est même plus citée en 1879, 1884 et 1889. Lors du recensement des lieux de culte en 1899, elle n’apparaît pas également et  commence à tomber dans l’oubli (2) . Il n’en reste plus rien aujourd’hui.

66. La chapelle Saint-Pons au quartier du Thon

Il s’agit sans doute de l’église Saint-Pons citée en 1122. Elle est visitée par Mgr Soanen et nous y avons trouvé l’édifice en assez bon état …. une cloche assez bonne sur une petite arcade servant de clocher. Elle réapparaît en 1857 : chapelle au quartier de Thor dédiée à saint Pons où l’on dit la messe et on fait une procession le jour de la fête du saint.  En 1866, elle est à réparer, puis interdite en 1870 et 1879. Puis elle est de nouveau citée, sans commentaire, en 1884 et 1889, ce qui signifie qu’elle a été réparée. Enfin, lors du recensement des lieux de culte en 1899, chapelle S. Pons, à deux kil. de la paroisse, dans un hameau de soixante habitants, existe depuis plusieurs siècles, sans autorisation écrite ; entretenue par la Fabrique, la Commune et les habitants. La Ste messe y est dite une ou deux fois par an par le curé, surtout le 11 mai fête du titulaire Saint Pons, avec les Vêpres et la procession de tous les habitants. Les membres du Conseil de Fabrique expriment le désir, au nom de toute la population de Blieux, de conserver cette chapelle ouverte au culte, tel qu’il a été pratiqué jusqu’à ce jour .

Le quartier du Thon ou du Thor  et même du Toun (Cassini) est situé à près de 2 kil. au sud du village de Blieux. Cassini signale la chapelle et plusieurs habitations, les cartes actuelles une chapelle St-Pons en ruine au Thon. R. Collier (p. 135), la cite au quartier du Thor : en ruine, rectangulaire. A l’intérieur, elle était divisée en trois travées, séparées par des doubleaux retombant sur des pilastres. La partie antérieure, en pierres de taille assez frustes, peut remonter au XIIIe siècle. Cette datation, grâce à l’architecture, confirme son existence en 1122.

67. La chapelle Saint-Joseph

C’est encore la même visite de 1703 qui nous la fait découvrir. Elle est qualifiée de chapelle rurale et nous y avons trouvé l’édifice tourné au couchant …. Un petit clocher avec une clochette. Au-dedans est le tableau de la Sacrée famille assez propre. La remarque sur l’orientation de la chapelle indique une origine non romane puisque le chevet est orienté vers l’ouest. La titulature à saint Joseph conforte cette constatation. La dernière citation s’achève avec Achard en 1788 et la carte de Cassini qui la signale sous son nom St Joseph. Elle n’apparaît plus par la suite lors des nombreuses visites pastorales de la dernière moitié du XIXe siècle. Elle semble avoir été remplacée par un oratoire dit St-Joseph au Bas Chaudoul signalé par les cartes IGN actuelles, à 1800 m. au NO de Blieux.

68. La chapelle Sainte-Elisabeth de la Melle

La même visite de 1703 nous décrit la chapelle rurale de Ste Elisabeth au quartier de la mesle située fort loin des dernières maisons sur le haut du mont où l’on nous a dit qu’on célébroit la messe une fois l’année le jour de la Visitation. L’édifice est en assez bon état, mais trop peu deffendu contre les eaux vers la porte où il y a de grands barreaux de bois pour donner du jour ….. un tableau de la Visitation. Pour Achard, cette chapelle est une succursale de la paroisse de Blieux et un second prêtre fait sa résidence à la Mêle. Pour Féraud c’est une paroisse à part entière, statut que l’on retrouve lors des visites pastorales du XIXe siècle. En 1857, elle a besoin d’être réparée, puis en 1860 et 1870, elle est interdite. Il semble qu’elle ait été réparée, car elle est de nouveau citée en 1884 et 1899 où on dit une messe une fois par an le 2 juillet. Aujourd’hui, elle apparaît en ruine sur les cartes modernes. Une chapelle l’a remplacée, cette fois près du hameau ruiné de Melle, à 1147 mètres d’altitude.

La situation de cette église/chapelle est curieuse. Au lieu de se trouver près des habitations, elle est perchée sur le haut du mont comme le constate Mgr Soanen. A 1400 mètres d’altitude, aujourd’hui ruinée, elle ne correspond pas à un édifice relié à un château, celui-ci étant situé beaucoup plus bas, également en ruine. Autre énigme, le diocèse de Digne, Wikipedia et Quid sur Internet, attribuent la titulature de la chapelle à sainte Elisabeth du Portugal. Or, les anciennes citations donnent seulement sainte Elisabeth dont on célèbre la fête le 2 juillet, le jour de la Visitation (Mgr Soanen, Féraud et les visites du XIXe siècle). Le tableau vu par Soanen est celui de la Visitation. Elisabeth est toujours associée à la fête de la Visitation. Il semblerait qu’au cours du XXe siècle, le rapprochement, évident auparavant, se soit distendu, qu’on ait oublié la Visitation et adopté une sainte Elisabeth du Portugal dont on ne voit pas ce qu’elle pouvait protéger dans ce pays de haute montagne de Provence.

Synthèse

L’église, puis chapelle Saint-Pons, peut faire partie de ces premières paroisses fondées au cours du XIe siècle, souvent par des moines, ici par ceux de Saint-Victor. En 1122, elle est entre leurs mains et existe déjà.


(1) Visite pastorale  de 1703, ADAHP 2 G 17, f° 202 et ss.

(2) Visites pastorales de 1857, 1866, 1870, 1879 (ADAHP 2 V 91), de 1884, 1889 (2 V 93).

0
0
0
s2smodern

Faisait partie du diocèse de Riez et de la viguerie de Digne, aujourd’hui dans le canton de Mezel. Cette vaste commune de 4124 hectares a intégré en 1925 la commune de Creisset (1018 hectares). En rive gauche de l’Asse, les deux terroirs sont séparés par des reliefs montagneux atteignant les 1600 mètres. Le territoire accidenté offre quelques replats occupés très tôt par l’homme. Les vestiges de l’Age du Fer et de l’Antiquité se sont révélés nombreux.

Au début du XIIIe siècle, est cité le castrum de Bezenas (1). Puis les Pouillés dénombrent en 1274 un prior et un vicarius de Bedenis ainsi qu’un prior et un capellanus de Groissello (p. 106-107) ; en 1350 l’ecclesia de Creysello et l’ecclesia de Bedenis (p. 112). Chaque communauté possède donc son église paroissiale, à Beynes avec saint Martin et saint Pierre comme patron et titulaire, à Creisset, avec sainte Madeleine et saint Etienne comme patrons. Ces églises dépendent de l’évêché de Riez. La CAG (n° 028, p. 103) avance l’hypothèse, sans certitude, que la Curtis Criselgis signalée en 963 comme possession de l’abbaye de Montmajour, pourrait correspondre au village ruiné de Creisset. Aujourd’hui, en effet, le village de Creisset est ruiné, de même que le château ainsi que l’église. A Beynes, l’église paroissiale est encore en état, mais le village est en partie abandonné. Une autre paroisse existait à Palus avec une église dont on dit en 1888, que, quoique de date récente, elle est en mauvais état (2). Elle était desservie au XIXe siècle par le curé de Beynes. Les cartes modernes la signalent en ruine, par contre une chapelle moderne l’a remplacée.

Les visites pastorales de la fin du XIXe siècle ne recensent aucune chapelle rurale sur Beynes, mais des documents antérieurs laissent envisager l’existence d’un prieuré. Sur Creisset, il en existe une qui faisait l’objet d’un pèlerinage.

63. Le prieuré Saint-Pierre d’Arcanson à Beynes

C’est Bartel (p. 51) qui confirme la titulature de l’église paroissiale à saint Pierre, mais il ajoute de Arcansono. Le Pouillé du diocèse de Riez de 1730 (5 G 4, f° 36) recense un prieuré rural de Saint-Pierre d’Arcanson à la collation  de l’évêque de Riez. Le prieur y dit trois messes par an. C’est la seule citation de ce prieuré qui n’apparaît plus par la suite. Il est probable que nous sommes en présence d’une église pré castrale qui a donné son nom et sa titulature à l’église paroissiale du village lors de son édification. Un quartier porte le nom de St Pierre, situé au nord de la commune, non loin de l’Asse. Cassini indique St Pierre Bas et Haut et le cadastre de 1812 indique au même endroit un quartier St Pierre dans la section A, dite de Saint-Pierre.

64. La procession à la chapelle Saint-Etienne à Cresset

Le coutumier de 1835 relate qu’il est d’usage toutes les années à la seconde fête de Pentecôte d’aller en procession par dévotion à la chapelle de St Etienne patron de la paroisse, éloignée de la paroisse d’une heure. La procession est encore confirmée le 28 novembre 1857, procession à la deuxième fête de Pentecôte à la chapelle St-Etienne, qui est en bon état. En 1866, la toiture a besoin de réparations et en 1872, la chapelle rurale Saint-Etienne est passable, mais il n’est plus fait rappel de la procession (3). L’abbé Féraud ne la signale d’ailleurs pas. La CAG (p. 105), fait état qu’à la chapelle Saint-Etienne, située sur un piton rocheux exigu, un sondage a livré, sous des niveaux attribués au Moyen Age (fragments de pégaus), des couches contenant des fragments d’ossements d’animaux et un fragment de tegula.

La procession votive des paroissiens de Creisset vers cette chapelle Saint-Etienne indique une reconnaissance du patron de leur communauté. Mais ce n’est pas un retour vers l’origine de leur communauté, vers le premier village, le site étant impropre à toute habitation. C’est un lieu perché, presque inaccessible, retiré, loin de toute vie humaine. Il pourrait s’agir d’un ancien ermitage où un pieux anachorète aurait été à l’origine de la christianisation du terroir de Creisset. Le souvenir s’étant perdu, seule une tradition tenace portait les habitants à s’y rendre par dévotion tous les ans. Elle est encore partiellement en état, mais sans voûte.

Synthèse

Il faut réserver une place particulière au site du quartier Saint-Pierre. En milieu ouvert, près de la rivière, il offre les caractéristiques d’un établissement pré castral, abandonné comme paroisse lors de l’enchâtellement.


(1) GCN, I, Instr. XVI, Riez, col. 377.

(2) Visite pastorale du 5 juillet 1888, ADAHP 2 V 93.

(3) Visites pastorales de 1857, 1866 et 1872, ADAHP, 2 V 89.

0
0
0
s2smodern