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Nous préoccupant uniquement des chapelles rurales, nous omettons tout ce qui concerne la ville de Castellane pour nous diriger vers les anciennes communautés et communes réunies à la commune de Castellane. Nous mentionnons cependant trois chapelles rurales situées sur cette commune signalées lors de l’enquête sur les lieux de culte en 1899. Chapelle de S. Maur, à la Colle, à 2 kil de la ville. Chapelle de S. Roch au quartier de la Leque, à 3 k. de la ville. Chapelle de Ste Victoire au quartier d’Angles, à 2 k. de la ville. Ces trois chapelles sont considérées comme chapelles particulières, ayant été bâties et entretenues par les habitants de ces divers quartiers. Sur leur demande et pour leur commodité, surtout en hiver, le clergé y fait les cérémonies des relevailles, y célèbre quelques anniversaires pour les défunts et respectivement la fête de ces hameaux.


ROBION

Cette ancienne commune fut rattachée à Castellane en 1973. Elle est située au sud de la ville en limite avec le département du Var et la commune du Bourguet. Subsistent actuellement, outre l’église paroissiale, deux chapelles rurales qui sont qualifiées de très anciennes lors de l’enquête sur les lieux de culte de 1899. Elles présentent en effet toutes deux des éléments romans, établies sur des sites antiques. Les premières mentions remontent au XIe siècle.

81. Le prieuré victorin et la chapelle Saint-Trophime

C’est d’abord aux alentours de 1045 qu’a lieu un rappel des biens donnés à Saint-Victor dans le territoire de Castellane. Parmi eux, un manse qu’a donné Edelbert in Rubione,  ainsi qu’un autre donné par Dodo, aussi in Rubione (CSV II, n° 776, p. 121). Puis apparaît, toujours comme possession de Saint-Victor, la cella sancti Trophimi, le prieuré de Saint-Trophime, cité en 1079, 1113 et 1135 (1). Il n’apparaît plus par la suite dans les chartes de Saint-Victor. Lors de sa visite de 1707 Mgr Soanen rappelle une tradition selon laquelle le village étoit au pied du mont, l’office se faisoit dans la chapelle de st Trophime près de laquelle  il y a plusieurs vestiges d’édifices, que les habitants étant descendu plus bas après les guerres d’alors et trouvant l’église de St Tirse vacante y firent le service (2).

Achard (II, p. 186-187) rapporte que le Patron du lieu est S. Trophime, Archevêque d’Arles. On célèbre sa fête le lendemain de celle des Sts Innocents. L’on va pour cela dire la Messe dans une Chapelle bâtie dans le roc à laquelle on parvient par une montée de 50 escaliers grossièrement taillés dans le roc. Cette Chapelle fut transportée là, parce que lorsqu’elle étoit en dessous de la colline, les pierres qui se détachaient, frappoient directement sur le toit et menaçoient de la détruire. On croit que c’étoit l’ancienne Paroisse, et ce qui autorise cette opinion, c’est qu’on voit auprès, un cimetière et quelques maisons tombées en ruine. Il sort une source d’eau vive, dans l’intérieur de la Chapelle qui ne tarit jamais, au devant sont les vestiges d’un pont levis que l’on croit avoir été pratiqué pour passer dans une seconde grotte, qui est à côté. L’abbé Féraud, comme souvent, (p. 257) ne fait que recopier Achard : patron saint Trophime d’Arles (29 décembre). Cette fête se célébrait jadis dans une chapelle bâtie dans le roc et sur une colline. On croit que c’était l’ancienne paroisse et ce qui autorise cette opinion, c’est qu’on voit auprès un cimetière et quelques maisons tombées en ruine. Il sort dans l’intérieur de la chapelle une source d’eau vive qui ne tarit jamais ; au devant sont les vestiges d’un pont-levis que l’on croit avoir été pratiqué pour passer dans une seconde grotte qui est à côté.

Cette chapelle est située sur le versant de la montagne de Robion selon le rapport de visite de 1858. En 1884, elle est en mauvais état, puis en 1893, elle est convenable car elle a été réparée. Enfin, en 1899, la chapelle Saint-Trophime est située à 2 km de Robion sur le rocher de ce nom  et on y dit la messe deux fois par an (3) La CAG2 (n° 039, p. 121) signale, à proximité de la chapelle rupestre Sainte-Trophime située dans les falaises de la montagne de Robion (altitude 1400 m), la présence de céramiques protohistoriques, un probable couvercle de sarcophage ainsi qu’une stèle sans doute d’époque mérovingienne (4).

82. La chapelle Saint-Thyrse

L’enquête de 1278 (n° 818, p. 422) nous apprend que dominus Torcatus est prior ecclesie dicti castri et collatio dicte ecclesie pertinet ad ecclesiam Senecensem. La titulature de l’église paroissiale n’apparaît dans les Pouillés qu’en 1300 : ecclesia Sancti Tyrsii, puis en 1376 : ecclesia de Sancto Turcio. Il faut attendre 1697 pour apprendre que l’église est en fort mauvais état et en 1703 qu’elle est en réparation, nous l’avons trouvé toute embarrassée par les massons qui la réparaient de tous cotés (2 G 17). Une chapelle, déjà signalée en 1697 sous le titre de Notre-Dame de Pitié, sert temporairement de lieu de culte pour les villageois car Saint-Thyrse est dans un lieu isolé. C’est en 1748 que l’église paroissiale est définitivement transférée dans la chapelle Notre-Dame, agrandie pour cette occasion (Achard, p. 187). Désormais, Saint-Thyrse devient une simple chapelle rurale où l’on y célèbre trois messes par an, et on y fait le service funèbre pour les quartiers éloignés, le cimetière conservant toujours sa fonction (Enquête de 1899). Sommairement consolidée en 1942, la chapelle est classée monument historique en 1944 et a été totalement restaurée en 1979 (5).

Une tradition tenace veut que les Templiers soient à l’origine de l’édification de la chapelle à cause d’une croix de Malte sculptée sur le linteau de la fenêtre du chevet. Cette tradition est même rapportée par Mgr Soanen en 1703, les gens du lieu croyent que cette église avoit autrefois appartenu aux Templiers. Elle est reprise ensuite par Achard, Féraud et tous les auteurs suivants jusqu’à l’Atlas Historique. Durbec, Jacques Cru et Alpes Romanes reconnaissent qu’il n’existe aucune preuve de cette appartenance et la mettent en doute.

Une autre citation attribuée à la chapelle Saint-Thyrse de Robion est aujourd’hui mise en doute. Il s’agit d’une charte de l’abbaye de Cluny qui mentionne une église Saint-Thyrse donnée en 909 par le père de saint  Mayeul (6). Jean-Pierre POLY place Saint-Thyrse sur la commune de Puimoisson, à l’emplacement de l’église Saint-Appolinaire, Thyrse étant le toponyme médiéval (7).


EOULX

Cette ancienne commune fut rattachée en Castellane en 1973. Elle occupait 1575 hectares au sud-est de la commune actuelle de Castellane sur le versant de la montagne du Destourbes. Avec 230 habitants en 1315, elle en perd 80 % à la fin du XVe siècle. La population remonte à 283 habitants en 1851 pour aboutir à 24 en 1962, ce qui provoquera son rattachement à Castellane.

La première mention d’Eoulx a lieu vers 1045 lors de la confirmation des biens donnés à l’abbaye de Saint-Victor (CSV II, n° 776, p. 121).  Un certain Durantius de Evols est cité deux fois, puis c’est le rappel de deux dons de manses : habemus in territorio de Evols unum mansum quem donavit nobis Rostagnus clericus, que fuit de Aloan, et alium que fuit de Archimbo. Mais il ne semble pas que Saint-Victor ait fondé un prieuré, en effet on n’en trouve aucune mention en 1079, 1113 et 1135. Par contre lors de l’enquête de 1278, l’ecclesia parrochialis cujus est prior dominus Stephanus Trosellus et collatio ipsius ecclesie pertinet ad ecclesiam Seneciensem (p. 438-439, n° 879). Enfin, vers 1300, c’est la citation de l’ecclesia de Eholis et en 1376 de l’ecclesia de Eolis (Pouillés, p. 290 et 292).

Ce n’est qu’au début du XVIIIe siècle, le 9 novembre 1704, que l’on connaît la titulature de l’église paroissiale et que l’on en apprend un peu plus : l’ancienne église d’Eaux dont on voit encore les ruines étoit à cinq cens pas plus haut à my coste entre l’ancien château royal qui étoit sur le haut du mont et le village où est auiourd’hui le nouveau château de Messieurs de Raimondis. Le service fut transféré dès 1606 en la chapelle dite alors Notre Dame mais le titre de St Pons, évêque martyr, a toujours esté conservé. Elle est aujourd’hui assez grande pour le peuple mais mal en ordre (2 G 17). C’est donc en 1606 que la première paroisse Saint-Pons est abandonnée au profit d’une chapelle élevée dans le village. Par la suite, trois chapelles rurales sont dénombrées dans la commune, Saint-Pons, Notre-Dame et Saint-Antoine (8). L’une d’entre elles fut la paroisse castrale avant le déperchement.

83. La chapelle Saint-Pons, ancienne paroisse du castrum

En 1858, elle est à environ 500 m au-dessus de l’église paroissiale, dédiée à saint Pons. Les années suivantes, elle est citée sans commentaire. C’est en 1899 que l’on apprend qu’elle fait l’objet d’une procession : chapelle S. Pons, ancienne église paroissiale ; une procession pour y bénir les fruits de la terre. Il apparaît, selon le texte de 1704, que Saint-Pons était l’église paroissiale du castrum, en-dessous du château royal qui étoit sur le haut du mont. Le nouveau château de Messieurs de Raimondis ayant été construit dans la plaine a entraîné l’abandon de l’église et du castrum. La CAG (n° 039, p. 121) fait état de la découverte, à proximité de la chapelle Saint-Pons, de céramiques et d’ossements humains se rapportant sans doute à un cimetière médiéval, datation bien vague sur l’espace d’un millénaire. R. Collier (p. 101) relate que nous avons eu le plaisir de repérer, il y a une dizaine d’années, une église romane intacte à la toiture près : l’ancienne église paroissiale Saint-Pons. Elle est recensée par Alpes Romanes (p. 52) : la chapelle Saint-Pons offre les ruines d’une église en moyen appareil soigné, probablement du XIIIe siècle : façade et murs goutteraux d’une nef unique (larg. 4 m 50 ; long. 8 m 50), abside semi-circulaire voûtée d’un cul-de-four en cintre brisé. Elle est signalée en ruine par les cartes IGN modernes.

84. La chapelle Notre-Dame

Elle est citée en 1858 étant au sommet du rocher appelé Rocher de Notre-Dame, dédiée à la Sainte Vierge. Elle est ensuite citée sans commentaire les années suivantes jusqu’en 1899 où Notre Dame, à trois quarts d’heure, messe le 13 juin et le 8 septembre. Nous ne possédons aucune autre donnée concernant cette chapelle. Sa situation est exceptionnelle, perchée sur une barre rocheuse à 1273 m. d’altitude, elle fait partie de ces chapelles de hauteur, isolée, dont on connaît très mal la vocation. Elle peut être un sanctuaire de protection dominant le territoire qui s’étale à ses pieds, elle peut être également la retraite d’un ermite en quête de solitude. Elle est signalée en ruine par la carte IGN moderne.

85. La chapelle Saint-Antoine

En 1858, elle est sur le chemin qui conduit à Lagarde dédiée à St Antoine. En 1899, la chapelle S. Antoine à 5 minutes du village ; une messe par an. C’est toute la documentation que nous avons pu réunir sur cette chapelle qui semble être un édifice élevé au cours du XVIe siècle pour protéger, sur le chemin principal, le village du fléau de la peste. La titulature à saint Antoine correspond tout à fait à ce besoin.


TALOIRE

Cette ancienne commune fut rattachée à Castellane en 1973. Son maximum de population fut atteint en 1315 avec 140 habitants, population qui tombe à 30 en 1471 pour remonter à 101 en 1765, descendre à 80 en 1851 et terminer à 5 en 1962. D’à peine 1200 hectares, le territoire est situé au sud-ouest de Castellane, côtoyant la rive gauche du Verdon à une altitude moyenne de 800 mètres.

86. La chapelle Saint-Etienne, ancienne église castrale, dans le Désert de Saint-Etienne. Eglise Saint-Jean

On rencontre la première fois Taloire en 1095 où, Pons, ancien évêque de Glandèves, confirme la donation qu’il a faite du château de Taloire à Saint-Victor. Ce château est perché sur la crête Saint-Etienne (alt. 1179 m) dominant l’actuel village (9). Lors de l’enquête de 1278, à Taulana, (p. 439, n° 881), l’ecclesia parrochialis cujus est prior dominus G. de Breia et collatio ipsius ecclesie pertinet ad dominum episcopum Senecensem. Puis ce sont les Pouillés qui citent, vers 1300, l’ecclesia de Talatoyra et en 1376 l’ecclesia de Talatoria. La paroisse est sous la titulature de Saint-Etienne, premier martyr, et a comme patron saint Jean (Achard et Féraud). Si la première paroisse est celle du castrum, dédiée à saint Etienne, une nouvelle église est construite près du village sous le titre de saint Jean. Elle est, selon Collier (p. 147), une très chétive église, éventrée par un tremblement de terre en 1951. On y aperçoit encore une abside en cul-de-four, avec un cordon formé par un quart-de-rond. Cette église présente une structure romane avec un appareil en moyen module disposé en lits horizontaux. Si on peut la faire remonter aux XIIIe-XIVe siècles, il faudrait admettre qu’elle existait en même temps que l’église du castrum dédiée à saint Etienne. Il serait alors possible qu’elle soit antérieure à Saint-Etienne, avant l’enchâtellement. La titulature à saint Jean conforte cette hypothèse et dans le cas où elle aurait été construite lors du déperchement, elle aurait repris la titulature de saint Etienne.

Au XIXe siècle, la seule chapelle rurale existant dans la paroisse est celle de Saint-Etienne qui est située sur le Désert de Saint-Etienne et où l’on va en procession le jour de la fête patronale (visite de 1858). En 1866, elle est dégradée et interdite jusqu’à ce qu’elle soit réparée. Elle est encore citée en 1866, 1879 et 1893 où la chapelle St-Etienne sur un rocher n’est pas en trop mauvais état. Lors de l’enquête sur les lieux de culte de 1899, la chapelle de S. Etienne Pape, sur le territoire à Taloire. Messe le 3 août devant une vingtaine de personnes. La titulature attribuée au pape Etienne est erronée, en effet la procession a lieu le 3 août, jour de la fête l’Invention de S. Etienne, premier martyr. Ici encore, nous rencontrons une chapelle qui fut la paroisse castrale avant le déperchement.


VILLARS-BRANDIS

Cette commune, composée de deux hameaux, Brans et Brandis, fut réunie à Castellane en 1964. Petit territoire de 458 hectares, il n’a jamais dépassé les 100 habitants, avec 10 familles en 1315 et seulement 2 en 1471. Brandis apparaît pour la première fois lors de l’enquête de 1278 sous la forme de Brandicium et il est dit qu’il n’y a pas de domus religiosa. Cependant il existe une ecclesie de Brandis à qui R. Salis, décédé, a légué une vigne située in territorio de Brandis et dont le prieur possède ladite vigne (Enquêtes, n° 877, p. 438). L’église paroissiale n’apparaît pas dans la nomenclature donnée par les Pouillés en 1300 et 1376. Elle était sans doute déjà rattachée à la paroisse de Taloire, desservie par un vicaire, comme le signale Achard (II, p. 476-477).

87. La chapelle Saint-Jean, ancienne église castrale, dans le Désert de Saint-Jean

Elle est située sur un roc où était placé autrefois le village et où l’on voit quelques maisons, elle paraît très ancienne (Féraud, p. 259). Elle devient simple chapelle rurale lors du déperchement et de la création d’une nouvelle église paroissiale dans le village au pied de la montagne. En 1866, la chapelle Saint-Jean est en mauvais état et en 1893, elle est appelée Saint-Jean du Désert. Lors de l’enquête sur les lieux de culte de 1899, la chapelle de S. Jean Baptiste, sur le territoire au Villard, messe le 24 juin et le 27 août par le curé devant une quarantaine de personnes, avec bénédiction de fleurs. Sur la rive droite du Verdon, le castrum et son église font face, sur une arête rocheuse, au castrum de Taloire et à son église Saint-Etienne perchés sur la rive gauche.


TAULANNE

La commune fut rattachée à Castellane en 1973. D’une superficie de 1040 hectares elle s’étendait de chaque côté de la RN 85. Elle est déclarée inhabitée à la fin du Moyen Age et n’a jamais dépassé les 100 habitants. L’enquête de 1278 reconnaît que l’église paroissiale dont le prieur est G. de Breia est à la collation du seigneur évêque de Senez. Le seigneur Roi est le seigneur du lieu (n° 880-881, p. 439). L’église est encore citée en 1376, ecclesia de Taulana (Pouillés, p. 293). Achard rapporte que ce lieu fut ravagé par les troupes de Raymond de Turenne et depuis cette époque, il n’y a point de Curé en titre. Les habitans qui sont pauvres et en petit nombre vont à Castellane pour recevoir les Sacremens de l’Eglise et y portent leurs morts. Ils ont une Messe les jours des fêtes et de Dimanche, dans la Chapelle de S. Pierre, auprès du grand chemin (II, p. 486). L’abbé Féraud apporte une précision supplémentaire, ce lieu portait anciennement le nom de Saint-Pierre et était bâti sur un rocher où l’on trouve un oratoire dédié à ce saint. L’église est dédiée à saint Pierre (p. 259-260). R. Collier place l’église Saint-Pierre au cours des XVIe et XVIIe siècles, elle est rectangulaire, voûtée d’un berceau légèrement surbaissé, sans cordon, rejoignant progressivement l’aplomb du mur. Clocher-arcade (p. 218). Elle est placée légèrement en retrait de la RN 85, au sud, entourée du cimetière. Elle vient d’être restaurée et recrépie.

 


(1) CSV II, n° 843, p. 218 ; n° 848, p. 237 ; n° 844, p. 226.

(2) ADAHP, 2 G 17, f° 268.

(3) ADAHP 2 V 87, 93, 94, 73.

(4) Voir également Collier, p. 401-402.

(5) Voir Alpes Romanes, Zodiaque, 1980, p. 245-250 qui signale un cimetière antique à proximité, ainsi que BAILLY, p. 38-40 et COLLIER, p. 68-69.

(6) CL I, n° 106, p. 119, villam cum ecclesia Sancti Tirsi, cum omnibus apendiciis et adjencenciis ejus.

(7) Poly 2, p. 157 et 180, n° 87.

(8) Visites pastorales de 1858, 1866, 1870, 1879, 1884, 1893, 1908 (ADAHP 2 V 87, 93, 94, 95) et enquêtes de 1899 (2 V 73).

(9) Cité par Jacques CRU, Histoire des Gorges du Verdon, Edisud, 2001, p, 41.

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Faisait partie du diocèse de Gap et de la viguerie de Sisteron, aujourd’hui dans le canton de La Motte-du-Caire. Cette commune s’étend sur les bords du Grand Vallon au nord de La Motte-du-Caire. La vallée, d’abord très étroite, s’élargit au sud, offrant un bassin plus vaste, favorable aux cultures vivrières. L’habitat est concentré principalement dans la vallée, les rudes pentes ne présentant que peu de ressources, à part le bois .

80. L’ancienne et éloignée paroisse Notre-Dame

Il faut attendre 1599, au sortir des guerres de Religion, pour reconnaître une chapelle rurale, ancienne église paroissiale. Les habitants disent à l’évêque qu’il existe deux églises, l’une au village sous le titre de saint Michel, l’autre dans le cimetière dédiée à Notre-Dame. Toutes deux sont également ruinées (1). Ils préfèrent rebâtir celle du village car plus commode et abandonner celle du cimetière. Lors d’une nouvelle visite en 1664, il y a une vieille masure, qu’estoit autrefois la paroisse, esloignée d’environ un quart de lieue, sous le titre de Notre Dame de Romessiés. Puis en 1708, l’ancienne et éloignée paroisse soubs le titre de Notre Dame de Romesias sive de Valconis, ayant esté jadis démolie. Elle est encore citée en 1759, il y a dans le cimetière un bâtiment qui tombe en ruine et qu’on nous a dit être les restes d’une ancienne chapelle (2). On doit la dernière citation à l’abbé Féraud (p. 453) : on voit dans le cimetière les débris d’une ancienne église : un arc de la voûte subsiste encore. On croit que c’était la chapelle d’un ancien couvent de Templiers. Pour cet auteur la majorité des églises du département sont d’origine templière. Il ne reste aujourd’hui aucune trace de l’ancienne église, le cimetière seul continuant sa fonction de champ du repos.

Les qualificatifs d’ancienne et éloignée paroisse et autrefois la paroisse, indiquent clairement que nous sommes en présence du premier établissement paroissial, avant que le castrum n’attire à lui l’habitat et une nouvelle église. Il est situé à 1000 m. en aval du village, là où la vallée s’élargit, propice aux cultures. Près d’un ruisseau, le site est isolé et a livré des fragments de tegulae. 100 mètres en contrebas passe la route qui dessert la vallée, au bord de laquelle a été découvert lors d’un charruage un cimetière gallo-romain dont les tombes étaient formées de tegulae (CAG, n° 134, p. 316).

Synthèse

Il apparaît que le site de l’ancienne église ait été établi sur une fondation gallo-romaine, sans doute de type villa. Il a pu être de nouveau revitalisé lors de la période carolingienne, mais sans certitude. Il est sûr par contre qu’il faisait partie de ces premières églises rurales pré-castrales. On ne connaît pas le fondateur, laïc, abbaye ou l’évêché de Gap. Aujourd’hui, il ne subsiste même pas une seule pierre de cette première église.


(1) ADHA, G 779, f° 526. Visite pastorale de l’évêque de Gap.

(2) ADHA, G 1854, 1105, 789.

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Faisait partie du diocèse et de la viguerie de Digne, aujourd’hui dans le canton de La Javie. Une partie du territoire de 2225 hectares est implantée sur les larges berges de la rive gauche de la Bléone entre 600 et 700 m d’altitude. Outre quelques bastides dans la campagne, on reconnaît deux agglomérations, celles du Brusquet et du Mousteiret qui forment chacune une paroisse distincte.

Sources médiévales
CSV
. 814 (Polyptique de Vadalde, H 5, 6, 7, 9, 11, 17, 18, 19, 77). Dans l’Ager Caladius, sont référencés à Anana 4 colonicae, 2 vercarias, 1 villare, 1 pâturage et à Lebrosca 1 colonge. Anana est l’un des lieux les plus peuplés avec Chaudol de l’ager Caladius. Y réside un clerc.
. 1198, confirmation des biens du chapitre de Digne par le pape Alexandre III : les églises de Sainte-Marie de Mannano, Sainte-Marie d’Euzière, Saint-Maurice, Saint-André (1).

Pouillés
. 1351 :  prebenda de Lauseria : 18 livres, cappellanus de Euseria : 8 livres.
. 1376 :    prior de Brusqueto, cappellanus de Mostayreto.

La confirmation de 1198 révèle quatre lieux de culte mais leur localisation et leur appartenance, pour certains, présentent des contradictions. Si l’on est assuré de situer Sainte-Marie d’Euzière sur la colline de Lauzière qui domine le village et l’église Saint-Maurice au Brusquet dans le cimetière actuel, il n’en est pas de même pour les deux autres.

Le Mousteiret indique une propriété monastique, il apparaît pour la première fois en 1320, Mosterii Sancti Andree (Isnard, p. 299). Mais depuis au moins le XIIe siècle, il est une possession de l’évêché de Digne. Isnard avance que Saint-André du Mousteiret était une possession de Lérins (Isnard, p. 299). Il s’appuie sans doute sur le tome II du cartulaire de Lérins, où, dans l’index géographique (p. 267) Henri Moris situe effectivement le prieuré Notre-Dame du Mousteiret au Brusquet. Mais dans sa classification par diocèse des prieurés de Lérins, il le place dans le diocèse de Senez (p. cv). Cet auteur, dans la série H des archives ecclésiastiques des Alpes-Maritimes reproduit la même contradiction. Dans l’index géographique (p. 236), il situe encore le Mousteiret dans la commune du Brusquet, mais le classe dans le diocèse de Senez dans la table des matières. Dans le diocèse de Senez existe effectivement un prieuré de Lérins, dit le Mousteiret, dans la commune de Peyroules, le Moustiers d’Aups ou Mosterium Alpium cité sous cette appellation par l’enquête de 1278 (p. 427, n° 833-834), dont le dominus abbas Lirinensis tenet prioratum dicti loci ad manum suam et ad mensam suam. En 1441, le prieuré sera réuni à celui de Gratemoine, commune de Séranon (Série H des ADAM, n° 81, p. 29). L’erreur de localisation faite par Moris va se réproduire par la suite. C’est ainsi que Abbayes et Prieurés (p. 171) reconnaît le prieuré du Mousteiret de Lérins au Brusquet. L’Atlas Historique fait de même (p. 166) mais en attribuant la titulature à saint Jean. Dans ses Souvenirs Religieux l’abbé Féraud en 1879 place également ce prieuré au Brusquet mais avoue qu’on ne possède aucun document sur sa fondation. Il reconnaît également que Gassendi n’en parle pas (p. 47).

Une deuxième contradiction est fournie par Emile Isnard qui situe Notre-Dame de Mannano au Mousteiret et l’église Saint-André près le Mousteiret (p. 135), puis les situe inversement (p. 299, note 3). Nous reconnaîtrons par la suite la vraie localisation.

75. L’ancienne église paroissiale Saint-Maurice du Brusquet

Jusqu’en 1844-1845, date à laquelle une nouvelle église est inaugurée dans le village, la chapelle du cimetière actuel fut la paroisse du Brusquet depuis l’origine. Elle fait partie des biens du chapitre en 1198. Implantée au haut d’un tertre et entourée du cimetière, elle offre quelques éléments que l’on peut dater du XIIIe siècle (Collier, p. 128). Si l’on examine l’extérieur du chevet plat de l’édifice, on remarque les différents agrandissements apportés au cours des siècles. A partir de son abandon comme paroissiale, elle est qualifiée de chapelle rurale lors des visites pastorales de la fin du XIXe siècle et sert de chapelle pour les enterrements. L’Abbé Corriol relate la procession qui a lieu une fois par an, le dimanche qui suit la fête de saint Maurice. On y transporte la statue du saint martyr de l’église à la chapelle et une messe est célébrée avec faste (2). L’édifice est encore aujourd’hui en très bon état.

76. Notre-Dame de Lauzière

Elle domine le village et la plaine, au sommet de la haute colline de Lauzière, lieu-dit déjà cité en 1055 sous la forme de Adelzeria (CSV II, n° 739, p. 86). L’église Sainte-Marie de Lauzière fait partie des biens du chapitre en 1198, puis reviendra dans les mains de l’évêque de Digne en 1476 (Isnard, p. 141) qui prendra le titre de baron de Lauzière. Pendant un temps, Lauzière forme un castrum à part entière. Il subsiste un reste de rempart et une belle tour ronde élevée près de l’église. Féraud rapporte que le castrum fut détruit par un violent incendie mais il est probable que c’est vers la fin du XVe siècle qu’il fut progressivement abandonné après les ravages de la peste et des bandes armées. A partir de cette époque, l’église paroissiale du castrum devient simple chapelle rurale. C’est ce que constate l’évêque lors de sa visite en 1684, nous sommes montés à Notre Dame de Lausière où il y a une chapelle proprement tenue, bien meublée, tant pour l’argenterie que pour les ornemens, entretenue par la charité des fidèles (3) . L’abbé Corriol rapporte qu’il y eut plusieurs ermites qui s’y réfugièrent à partir du 17e siècle. Les paroissiens du Brusquet y montaient souvent en procession, particulièrement en 1854 où ils déposèrent un tableau ex-voto dédiée à la Vierge qui les avait protégés du choléra. Régulièrement entretenue, l’ancienne église est toujours campée au sommet de la colline.

77. Notre-Dame de Mannano au Mousteiret

On a vu les hésitations d’Emile Isnard pour localiser cet édifice. Il en fut de même pour Victor Lieutaud et l’abbé Corriol au début du XXe siècle. Ce dernier, alors curé du Brusquet, se renseigne auprès des habitants du Mousteiret. L’un d’entre eux lui indique dans un bosquet de chênes un édifice de 6 m de long sur 5 de large et 4 de haut. Il est en mauvais état, toiture délabrée, pas de porte. La chapelle est située sur la rive droite de La Bléone car il faut du Mousteiret la traverser sur une étroite planche (p. 134). Il poursuit son enquête dans les archives et découvre un acte notarié de 1683 où le nouveau curé du Mousteiret prend possession de la cure en se rendant à N.D de Magninon, sive N.-D. la Grande ou de Grand nom. A lieu alors le cérémonial d’installation puis le retour à l’église Saint-André du Mousteiret (Corriol, p. 133). L’année suivante, 1684, François Le Tellier lors de sa visite pastorale, apprend qu’il existe une chapelle à la campagne appelée Nostre Dame de grand nom qui est la titulaire de la paroisse ny ayan qu’un tableau où on y va dire la sainte messe le jour de nostre Dame de la demi aoust. Le transfert de la paroisse semble assez récent car il est dit, église paroissiale sous le titre de saint André où la paroisse a été transférée de l’église Nostre Dame de Grand Nom.

Ces deux textes révèlent explicitement que Notre-Dame est la première paroisse, antérieure à celle de Saint-André du Mousteiret. D’ailleurs, dans les citations données par Emile Isnard, elle est toujours citée la première pour bien montrer son antériorité. L’évolution du nom est intéressante à suivre. Il est très probable que l’origine du vocable se retrouve dans le lieu-dit cité en 814 par le polyptique de Vadalde sous la forme d’Anana, où sont recensées plusieurs exploitations. On le retrouve ensuite, en 1198, sous la forme de Mannano. Puis, voulant certainement trouver une signification à ce nom obscur, il est transformé en Magninon (magnus nomen), traduit par Grand nom et Notre-Dame la Grande.

A partir du XVIIIe siècle, Notre-Dame semble avoir disparu complètement. Elle n’est citée ni par Cassini, ni par Achard et Féraud. Seul subsiste sur les cartes modernes, en face du Mousteiret, sur l’autre rive de la Bléone, le lieu-dit Notre-Dame au NE du Guéni. Nous nous y sommes rendus sur les renseignements des habitants du Mousteiret et avons eu la surprise de découvrir une chapelle en très bon état. L’édifice est situé à l’aplomb d’un plateau dominant la berge droite de la Bléone. En parfait état, il a été restauré il y a quelques années par les propriétaires. Orienté à 70 °, il mesure extérieurement 5,50 sur 5 m. L’appareil est en tout venant et ne présente aucun élément de l’appareil antérieur. L’intérieur présente une seule travée voûtée en berceau. Il est orné d’un autel formé d’un massif en béton surmonté d’une belle table en bois décorée sur laquelle est posée la pierre sacrée qui semble d’origine. L’épaisseur des murs est de 0,44 m. ce qui indique une couverture en charpente à l’origine.

Les alentours de la chapelle recèlent quelques fragments de tegulae. Si l’on peut être assuré que l’Anana de 814 correspond au site de la chapelle, il existerait là une occupation gallo-romaine, carolingienne, poursuivie au début du deuxième millénaire par une église paroissiale. La présence des moines de Saint-Victor aux VIIIe-IXe siècles, l’existence d’un clerc à Anana, pourraient inviter à y déceler un premier lieu de culte carolingien. L’édifice n’est pas orienté, bien que déjà cité en 1198 à l’époque romane. Est-ce un indice de son antériorité à une période où l’on ne se souciait pas d’orienter les églises ?

Autres chapelles

78. La chapelle Saint-Joseph au Brusquet.

L’abbé Corriol (p. 171-173) révèle son origine, construite par les habitants en 1653-1654. Lors de la même visite de l’évêque  en 1684, celui-ci confirme, une chapelle dédiée à saint Joseph sur le milieu du village bastie par les habitans. C’est là qu’il revêt les habits sacerdotaux pour se rendre en procession à l’église paroissiale. La chapelle fut vendue en 1846 à la commune pour financer une partie de la construction de la nouvelle église et transformée en salle de classe et maison d’habitation pour l’instituteur.

79. Les chapelles du Mousteiret.

C’est toujours lors de la même visite de 1684, que le curé du Mousteiret, outre Notre-Dame de Grand Nom nommée en premier, cite : la seconde sous le titre de Nostre Dame des Sept douleurs à une bastide laquelle est aussi sans ornemens. La troisième est aussi à une bastide laquelle est sous le titre de saint Joseph et de saint Jean Baptiste, laquelle est ornée de tout ce qu’il faut pour dire la sainte messe excepté un calice. La quatrième est sous le titre de saint Jean Baptiste du Serre où il n’y a point aussi des ornemens. Seule celle de Saint-Jean-Baptiste est citée lors des visites pastorales du XIXe siècle et est encore en état. L’abbé Corriol a relevé une première citation en 1560 (p. 174). Petit édifice orienté au nord, il ne semble pas remonter à une époque antérieure.

Synthèse

L’église Notre-Dame du Mousteiret, dite de Mananno, offre toutes les caractéristiques d’une église fondée à l’époque carlingienne. Elle va rester, malgré l’éloignement, la paroisse jusqu’au XVIIe siècle. Son histoire est exemplaire.


(1) Isnard Emile, p. 135. Egalement M.-M. VIRE, BSSL, 1992, T 316, p. 61.

(2) Abbé J. CORRIOL, Essai de monographie. Le Brusquet, Lauzière, Le Mousteiret, Sisteron, 1909, p. 137-138.

(3) ADAHP 1 G 5, f° 76-78.

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Faisait partie du diocèse de Riez et de la viguerie de Moustiers, aujourd’hui dans le canton de Valensole. Partie prenante du plateau de Valensole, le territoire de 2847 hectares est traversé par l’Asse. Il a révélé plusieurs sites antiques, principalement le long de la vallée ainsi qu’une voie antique qui de Bras d’Asse reliait la Durance. Il s’agit sans doute de la via publica qui descendit in villa Brunito citée vers 990 par le cartulaire de Cluny dans une charte concernant Valensole (CLU, III, n° 1837, p. 81). Après cette première citation de Brunet, c’est en 1098 que l’on apprend que l’ecclesia sancta Maria de Brunet dépend de l’abbaye de Saint-Victor, lors d’une confirmation faite par l’évêque Augier de Riez (CSV II, n° 697, p. 39). Mais par la suite, l’église n’apparaît plus parmi les possessions de l’abbaye. Sont ensuite cités en 1274 (Pouillés, p. 106), un hospitalerius de Bruneto, nommé Ridus Martinus, ainsi qu’un prior et un capellanus de Bruneto. En 1351 (Pouillés, p. 110), l’hospitalerius a disparu. Il faut ajouter encore l’abbaye de Montmajour qui est à la tête du prieuré Saint-Martin qui sera rattaché à la cathédrale de Riez en 1204 (1).

L’église paroissiale a pour patron saint Martin et semble avoir été créée par Montmajour jusqu’à ce qu’elle passe dans les mains de la cathédrale de Riez en 1204. Aujourd’hui, c’est le seul édifice religieux qui subsiste dans la commune. Les visites pastorales du XIXe siècle reconnaissent qu’il n’existe aucune chapelle rurale. Cependant, la carte de Cassini en révèle plusieurs : l’église paroissiale près du château, un édifice dit le Calvaire au NO du village, un édifice dit Notre Dame à l’est du village, un autre appelé St Martin au nord du précédent. Enfin, un dernier dédié à Ste Barbe au sud. Il faut admettre que tous ces édifices, hors l’église paroissiale, ont disparu quelque temps après la Révolution. Le cadastre napoléonien de 1826 signale cependant les deux édifices de Saint-Martin et de Notre-Dame. Le premier figure avec une abside en hémicycle orientée vers l’est et le deuxième un édifice rectangulaire lui aussi orienté (parcelles 45 et 33 de la section B). Ces deux monuments semblaient être encore en état à cette date.

Il faut remarquer la concentration extrême de ces édifices, tous groupés autour de l’ancien castrum. Notre Dame correspond vraisemblablement à l’ecclesia sancta Maria de Brunet dépendant de Saint-Victor en 1098. Le Calvaire pourrait être ce que l’abbé Féraud décrit à 1 km du village comme les débris d’un monastère que l’on croit avoir appartenu aux Templiers. On y a découvert des tombeaux. On pourrait y reconnaître l’hospitalerius de Bruneto cité en 1274 qui pourrait dépendre de l’ordre des Templiers, n’étant plus cité en 1351, l’ordre ayant été dissous depuis. Le lieu-dit s’appelle aujourd’hui le Couvent. Le quartier aujourd’hui Saint-Martin, cité également par Cassini, pourrait être identifié au prieuré Saint-Martin fondé par Montmajour. Lors de la création du castrum au XIIIe siècle, il aurait été abandonné comme paroisse au profit d’une nouvelle église ayant repris la titulature originelle. Enfin, les cartes modernes signalent un ancien cimetière 400 m au SSE du village au pied des collines Notre-Dame et Ste-Christine. C’est là que Cassini situe le lieu-dit Ste Barbe.

Synthèse

La situation est complexe et il faudrait trouver des documents antérieurs au XIXe siècle pour tenter de démêler cette prolifération d’édifices religieux dans un espace si restreint. Nous avons tenté une reconnaissance, qu’il faudra approfondir. Il est probable que quelques-uns d’entre eux situés dans la plaine, Saint-Martin et Notre-Dame, font partie des premières églises rurales.


(1) Cité par Abbayes et Prieurés, avec la référence d’une bulle d’Innocent III, in Pat. Lat., CCXV, 468.

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Faisait partie du diocèse de Sisteron et de la viguerie de Forcalquier, aujourd’hui dans le canton de Peyruis. La commune est située sur la rive droite de la Durance à la hauteur de Forcalquier et présente une grande plaine agricole de 722 hectares. L’occupation antique, gallo-romaine en particulier, est largement représentée surtout sur les terrasses dominant la Durance (CAG, n° 034, p. 109-113). Le castrum de Lebrignana est cité en 1174 lors d’un échange entre l’évêque de Sisteron Bermond d’Anduze (1174-1214) et les Templiers des domaines d’Aulun (N.-D des-Anges à Lurs) et du castrum de La Brillane. La comtesse de Forcalquier Adelais avait donné La Brillanne aux Templiers. Le prédécesseur de Bermond d’Anduze, Pierre de Sabran (1145-1171), avait interverti les donations, le comte Guillaume étant alors mineur. Devenu majeur, ce dernier, le 2 novembre 1174, rétablit les Templiers à La Brillanne et l’évêque de Sisteron à Aulun (1).

Aucune chapelle rurale n’est citée au cours du XIXe siècle et la carte de Cassini n’en signale pas également. Achard et Féraud sont aussi muets. Seuls, deux toponymes peuvent apporter quelques lumières, les quartiers Saint-Saturnin et Saint-Martin. Ce sont deux saints vénérés très tôt lors de la christianisation, Saturnin ayant remplacé souvent un culte au dieu Saturne. Au lieu-dit Saint-Martin, 300 m. au sud du quartier de la Princesse, a été fouillée lors de l’aménagement de l’autoroute une nécropole composée de tombes à incinération et à inhumation, ainsi que deux bâtiments ruraux. Ces toponymes sont les seuls indices pour soupçonner deux édifices religieux disparus.


(1) GCN I, col. 717-708 et Inst. Sisteron, XVI, col. 451-452. Voir également les assertions de l’abbé Féraud dans sa Géographie Historique (p. 420-421) et ses Souvenirs religieux (p. 102).

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