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Faisait partie du diocèse et de la viguerie de Sisteron, aujourd’hui dans le canton de Volonne. La commune, de plus de 2110 hectares, s’étend des terrasses de la rive droite de la Durance jusqu’aux premiers contreforts de la montagne de Lure. Elle est située entre Aubignosc et Peyruis. Traversée en partie par l’ancienne via Domitia, elle a livré quelques indices d’occupation gallo-romaine (CAG, n° 053, p. 136-137). Le castrum novum est cité en 1237 et plus précisément castrum novum Charbonerio au XIVe siècle (1). L’église apparaît en 1274, ecclesia de castro novo (Pouillés, p. 116). Cette dernière, sous le titre de Notre-Dame de l’Etoile, dépendait de l’abbaye de Cruis, mais fut uni en 1541 à la mense capitulaire de Digne (2). Les visites pastorales du XIXe siècle ne signalent aucune chapelle rurale, ajoutant même qu’il n’en existe pas. Cependant, à cette époque deux édifices subsistaient, mais en ruine.

108. L’église du castrum, Notre-Dame de l’Etoile

Cette église paroissiale, citée en 1274, est située en contre bas du Vieux Village ruiné. Il s’agit de l’ancien castrum délaissé après la fin du Moyen Age pour un habitat non perché, en particulier aux Chabannes, hameau le plus important de la commune. La paroisse a continué sa fonction jusqu’à la fin du XVIIIe siècle selon Féraud (p. 478), moment où elle fut interdite et abandonnée. Une nouvelle église fut construite au hameau des Chabannes, sous le titre de l’Exaltation de la Sainte Croix. L’ancienne église a continué à se détériorer. R. Collier, en 1986, la décrit ainsi : dans le vieux village ruiné se dresse encore une bonne partie de l’église romane Notre-Dame de l’Etoile, ancien prieuré dépendant du chapitre cathédral de Digne. La façade en joli appareil, l’abside en cul-de-four, les murs latéraux avec un arc de décharge, émergent encore d’un amas de ruines (p. 137).

109. La chapelle Sainte-Madeleine, chef-d’œuvre de l’art roman

Cette chapelle est située en plein bois auprès de la D 951 en se dirigeant de Châteauneuf à Mallefougasse. Elle est décrite par R. Collier et Provence Romane comme étant de l’époque romane, du XIIe ou début XIIIe siècle. Or il n’en est fait mention dans aucun document, à moins qu’elle ne soit citée sous un autre vocable, ce qui est probable. Faute de document, il est impossible de la rattacher à une quelconque abbaye ou évêché et de connaître sa fonction réelle. Il doit s’agir d’un ancien prieuré. Voici la description qu’en donne Provence Romane : à 3 km au SO du hameau des Chabannes, en pleine forêt de Lure, à proximité de la route D 651, l’église Sainte-Madeleine, récemment restaurée, mérite une visite. L’édifice, simple et de dimensions modestes, mais robuste (murs de 1 m 10 d’épaisseur), se compose d’une belle abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four et d’une nef de trois travées, couverte d’un berceau très légèrement brisé porté par des arcs-doubleaux qui reposent eux-mêmes sur des pilastres de section rectangulaire. Le décor intérieur se limite à deux impostes simples aux angles de l’arc triomphal et à un cordon en quart-de-rond qui souligne le départ de la voûte. Seules deux ouvertures éclairent cette petite chapelle : une fenêtre absidale et un oculus situé au-dessus de la porte occidentale. Le monument, couvert de lauses, est entièrement parementé en moyen appareil très régulier (pierre froide d’origine locale). Sur la façade sud, une petite porte donne dans une cour, entourée des ruines du prieuré et au centre de laquelle subsiste une vaste citerne. L’église fut remise en état en 1675, occupée par des ermites de 1686 à 1792 et définitivement abandonnée depuis. R. Collier précise qu’elle a été restaurée en 1979(3).

Synthèse

Aucune chapelle rurale sur la commune à part la magnifique chapelle Sainte-Madeleine. Mais on ignore toujours la date de sa fondation et surtout par qui. Son architecture la classe dans le deuxième âge roman.


(1) RACP, n° 278, p. 366 et GCN I, Inst. Sisteron, n° XXXVI, col. 472.

(2) Abbayes et Prieurés, p. 70. Féraud, p. 478.

(3) Provence Romane 2, p. 233. Collier, p. 118. PR, n° 23, 2000, p. 87-88.

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Faisait partie du diocèse et de la viguerie de Sisteron, aujourd’hui dans le canton de Noyers-sur-Jabron. La commune s’étend sur 1970 hectares, en rive droite du Jabron et sur les pentes nord de la montagne de Lure. Il n’y a pas de chef-lieu proprement dit, seulement quelques hameaux et bastides dispersés dans la campagne. Cette particularité semble avoir été le cas durant les derniers siècles du Moyen Age. Durant quelque temps, de la fin du XIVe s. à 1665, la commune fut associée à celle de Saint-Vincent-sur-Jabron (1). Le castrum novum de Miravals est signalé au XIIe siècle (Atlas, p. 170). Il devait se trouver au-dessus de l’église paroissiale où subsistent les restes d’une tour rectangulaire. L’église est signalée en 1274, ecclesia Sancti Marii Castrinovi propre Sanctum Vincentium (Pouillés, p. 119). A partir du XIIe siècle, elle relève de l’abbaye de Cruis (Atlas, carte n° 72) (2). Mais outre l’église paroissiale, est citée une autre église sur le territoire, l’ecclesia de Genciaco.

106. La communauté médiévale de Jansiac sur un site antique

Elle fait partie de ces petites communautés reconnues du début de l’enchâtellement et disparues à la fin du Moyen Age, suite aux guerres et à la peste. Elle était située à 1000 m d’altitude sur les pentes nord de la montagne de Lure. Elle est citée en 1274, capellanus ecclesie de Gentiech (Pouillés, p. 121). L’abbé Féraud relate que l’abbé de Cruis reçut en 1360 l’inféodation de la moitié des terres de Saint-Vincent, Malcol (Cn de Lardiers), Aigremont (Cn de Noyers) et Gentiac. On ne connaît pas le titulaire de l’église, ecclesia de Gensiaco, mais il existe à 800 m à vol d’oiseau une chapelle dédiée à saint Michel aujourd’hui en ruine. Le site de la chapelle a livré des fortifications d’époque indéterminée, des tuiles gallo-romaines, des tombes du haut Moyen Age et de la céramique atypique. Près de Jansiac a été trouvé un autel-coffret en pierre dédié à Jupiter. Enfin, à 400 m à l’est de la ferme de Jansiac a été repéré un habitat d’époque romaine (CAG, n° 051, p. 136). Il faut remarquer, à la suite de Ch. Rostaing (p. 360), que le toponyme Jansiac est issu d’un gentilice latin prolongé du suffixe -acu, signifiant « le domaine de Gentius ». Nous sommes ainsi, avec les deux sites de Jansiac et de Saint-Michel, en présence d’une occupation pouvant remonter à l’Antiquité et qui s’est prolongé jusqu’à la fin du Moyen Age.

107. La chapelle rurale de Lange

Lange est le plus gros hameau de la commune. Une chapelle rurale, dite de secours, est signalée lors des visites pastorales du XIXe siècle. Elle figure sur la carte de Cassini, mais nous ne connaissons pas la date de son érection. Elle est signalée par les cartes modernes et semble être sous la titulature de saint Mari, reprenant celle de l’église paroissiale.

Synthèse

Jansiac apparaît comme un site ayant perduré de l’Antiquité jusqu’à la fin du Moyen Age.


(1) La Montagne de Lure, Alpes de Lumière, 2004, p. 282.

(2) Description de cette église par R. Collier, p. 120.

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Faisait partie du diocèse de Gap et de la viguerie de Sisteron, aujourd’hui dans le canton de La Motte-du-Caire. Le territoire est établi sur la rive gauche de la Sasse et présente un paysage de montagnes et de collines où s’étendent quelques petits plateaux favorables à l’exploitation agricole. C’est sur ceux-ci que se révèlent des colonisations antiques et médiévales .

Entre 1030 et 1040, les moines de Saint-Victor reçoivent des biens et passent une convention avec des propriétaires du castrum Forte, Châteaufort (1). Ils héritent d’un grand domaine dans tout le territoire de Châteaufort jusqu’au fleuve Sasse et dans le territoire de La Pène et de Valavoire. Ce domaine comprend des montagnes boisées, favorables aux pâturages des brebis et des agneaux et une zone de collines vallonnées propices à la culture des céréales. C’est dans cette dernière que nous rencontrons plus tard deux édifices religieux. Les citations de 1030 et de 1040 du castrum Forte indiquent non seulement une fortification mais également un habitat près du château. Quatre personnages, Isoard, Lothaire, Ricaud et Guillaume tiennent le territoire et sont maîtres du castrum. L’église et le cimetière sont établis sur une croupe de terrain qui se prolonge par un massif rocheux sur lequel se dresse le château à l’aplomb des gorges de la Sasse. L’église n’apparaît pas avant 1350 où elle desservie par un prieur, prior de Castro Forti, de la prévôté de Chardavon. Si l’ensemble de l’édifice présente un appareil relevant des XVIIe-XVIIIe siècles, pierres en tout-venant liées au mortier, il subsiste un élément architectural d’une période antérieure qui pourrait être le clocher-tour primitif. Il est formé de pierres équarries de moyen module, disposées en lits réguliers à joints fins. A la base, on remarque un appareil formé de petites pierres cassées au marteau qui pourrait être le reliquat d’un édifice du XIe siècle.   


104. Le prieuré Saint-Pierre d’Entraix

 


105. La chapelle Saint-Vincent à Saint-Véran

 


Synthèse


Nous sommes en présence de deux édifices établis en milieu ouvert, non défensif, près des zones de culture et proches de ruisseaux. Les deux sites ont livré en outre des fragments de tegulae, signes d’une occupation antique. Si l’on peut soupçonner une fondation par les moines de Saint-Victor au XIe siècle, rien de tangible ne permet d’avancer une occupation antérieure, sinon gallo-romaine. Néanmoins, les deux églises offrent toutes les caractéristiques des premières églises rurales, antérieures à l’enchâtellement.


(1) CSV n° 714, T II, p. 60-61 et 727, T II, p. 70.

(2) Un ancien habitant de Saint-Véran nous a appris que cette vasque avait été transférée d’Entraix à Saint-Véran par son grand-père au début du XXe siècle.

(3) ADHA G 2318, f° 340.

(4) ADAHP C 41. Affouagement de 1698.

(5) ADHA G 789, f° 25.

Posé sur un plateau, entouré de collines et de ruisseaux, le domaine de Saint-Véran n’apparaît qu’en 1613 où le prévôt de Chardavon possède des terres à Saint-Véran (3). Puis en 1698 on apprend que le seigneur (de Châteaufort) acheta du prévost de Chardavon les biens dépendants de la chapelle de saint Véran consistant en terres de la contenance de quatre charges et demi en semence et de trois souchoirées de pré (4). Une seule visite pastorale, celle de 1759, nous apprend que la chapelle est dédiée à saint Vincent : le même jour nous sommes partis (de Reynier) pour nous rendre à Nibles. Et en descendant de notre logement nous avons fait la visite de la chapelle sous le titre de St Vincent qui se trouve au bas du village et dans laquelle on célèbre la messe les jours d’œuvres pour la commodité des habitants, à cause de l’éloignement de l’église paroissiale, laquelle (chapelle) nous avons trouvé assez décemment ornée (5). Par la suite, il n’y a plus de nouvelles de la chapelle. Il n’est même pas possible de la situer sur le terrain.   
Etabli dans un fond de vallée, entre deux rious, le hameau d’Entraix regroupe 55 habitants en 1315 sous l’appellation Castellet d’Entraix. Un chapelain le dessert en 1274, puis un prieur en 1350. Il existe donc une église. Celle-ci n’apparaît nommément sous le titre de Saint-Pierre qu’à la fin des guerres de Religion où elle est en ruine. Après des réparations longues à effectuer, le hameau n’abritera plus que cinq à quatre familles et sera déserté au début du XXe siècle. Les quelques traces subsistantes de l’église et du cimetière ont complètement disparu aujourd'hui. Il en est de même des moulins à blé et à noix ainsi que du foulon à drap. Il faut relever que le plan cadastral napoléonien de 1836 indique que l’église était orientée le chevet vers l’est avec une contenance de 35 m². Le hameau et son terroir ont été rattachés à La Motte-du-Caire depuis le XIVe siècle par l’un des seigneurs de La Motte-du-Caire qui en a fait une enclave du territoire de La Motte dans celui de Châteaufort. Le prieuré relevait également du prieuré de La Motte, dépendance de l’évêque de Gap. Seul souvenir tangible, une grande vasque en pierre de taille, ancienne cuve baptismale, sert de pot de fleurs près d’une ferme restaurée du hameau de Saint-Véran (2) .
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Faisait partie du diocèse et de la viguerie de Sisteron, aujourd’hui dans le canton de Volonne. Etabli sur la rive droite de la Durance, sur le passage de la via Domitia et face à l’important port fluvial antique de l’Escale, le territoire présente tous les avantages d’une bonne exposition. Les traces antiques sont fort nombreuses et indiquent une occupation très dense (CAG, n° 049, p. 131-135). Le castrum Arnulfi est cité dès le XIIe siècle, 1182, par l’Atlas Historique, et l’église apparaît en 1274, ecclesia Sancti Petri Castri Arnulfi (Pouillés, p. 115). Le prieuré-cure relèvera de la prévôté de Chardavon, de l’abbaye de Cruis, de l’ordre de Saint-Augustin et enfin des Missionnaires de Sainte-Croix .

101. Le prieuré Saint-Pierre, première paroisse

Citée en 1274, l’église est, selon la visite de l’évêque de Sisteron en 1653, bâtie en plein champ, détachée de toute autre maison, éloignée de 3 ou 400 pas du village, soubs le titre de Saint-Pierre-aux-Liens. En 1674, les consuls de la communauté adressent une demande à l’évêque pour transférer la paroisse de l’église Saint-Pierre à une chapelle élevée dans le village dédiée à Notre-Dame de Consolation. La demande est exaucée et la chapelle devient officiellement l’église paroissiale. Elle avait été construite en 1634, puis agrandie par la suite. Saint-Pierre n’est cependant pas complètement abandonné, mais n’étant plus entretenu, l’édifice commence à tomber en ruine. On enlève alors la toiture et on ne conserve que le chœur et une chapelle dédiée à saint Sébastien (1683). La chapelle servit à l’absoute pour les morts jusqu’à la Révolution, le cimetière se trouvant tout à côté. Quand R. Collier la décrit en 1986 (p. 56), il constate que les restes de l’ancien prieuré Saint-Pierre-aux-Liens, à côté du cimetière de Château-Arnoux, ressortissent apparemment au premier art roman. Jadis église paroissiale, il n’en subsiste guère, dans l’état primitif, que l’absidiole sud, quelques pans de muraille, une porte. Ces vestiges ont été inscrits à l’I.S. le 30 mai 1978. Aujourd’hui, visite d’avril 2008, les restes sont incorporés dans une villa moderne (on remarque encore une absidiole, un mur construit en galets disposés en opus spicatum et deux portes bouchées). L’église est parfaitement orientée vers l’est. A côté s’étend le cimetière. Le site a livré des débris de tegulae et des tombes sous lauzes ont été découvertes vers 1881-1882.

Tous ces indices, premier art roman, site antique, cimetière et titulature, en plein champ et isolée, convergent vers une église pré castrale, sans doute élevée au tout début du XIe siècle. Elle recouvre peut-être un édifice antérieur, les tombes sous lauzes semblant l’indiquer. D’autre part, le site était déjà occupé durant l’Antiquité.

102. La chapelle Saint-Jean sur la montagne

L’abbé Maurel cite un texte du 12 juin 1667 où le conseil délibère pour ce qui regarde la construction de la chapelle soubs le tiltre Saint-Jean-Baptiste sur le costau de Villevieille. La chapelle est terminée l’année suivante. Elle sera régulièrement entretenue, les paroissiens s’y rendant quatre fois par an en pèlerinage. Elle est mentionnée lors des visites pastorales du XIXe siècle comme étant en bon état ainsi que le mobilier. Lors de l’inventaire de 1906 (1 V 68), il existe un bâtiment à usage de chapelle dite St Jean situé sur le territoire de Château-Arnous, quartier St Jean dont le sol est de superficie de 40 m². Le mobilier est complet,  il y a une cloche et deux vitraux.

Une question cependant se pose sur la réalité de l’origine de la chapelle. L’abbé Maurel indique qu’elle date de 1667, mais l’édifice est parfaitement orienté, ce qui est inhabituel pour une construction du XVIIe siècle. Nous opterions plutôt pour une reconstruction sur un édifice plus ancien mais en ruine. Dominant le bassin de la Durance, l’ancien port fluvial de l’Escale et le passage de la voie domitienne, la hauteur de Saint-Jean offre en outre les reliquats d’une fortification. Du mobilier néolithique et protohistorique y a été recensé. Vu la position, il est probable qu’un oppidum protohistorique a couronné le sommet de la colline. Les Romains ont pu ensuite y élever soit une tour de guet, soit un fanum qui aurait été ensuite christianisé par une chapelle. Il est difficile en effet de voir en celle-ci un lieu de culte paroissial. Sa fonction, sur un haut lieu, paraît être dirigée vers la protection du territoire qu’elle domine, en même temps qu’elle symbolise le domaine élevé de la divinité. Elle est le lieu de rencontre entre Dieu et les hommes, loin des contingences terre à terre de la plaine.

103. L’église/chapelle de Saint-Auban

Elle est citée en même temps que l’église de Château-Arnoux en 1274, ecclesia sancti Albani. Voici ce qu’en dit l’abbé Maurel (p. 109) : il existait autrefois une chapelle de secours à Saint-Auban. Cette chapelle était bâtie sur les bords de la Durance, vis-à-vis et un peu au dessus de la gare de Saint-Auban. Les dernières ruines qui en faisaient connaître l’emplacement et les dimensions ont disparu en ces derniers temps seulement. Bien qu’assise sur le terroir de Château Arnous, cette chapelle dépendait pour le spirituel du curé de Montfort, qui en était le prieur chapelain, et qui, en cette qualité, percevait la dime y afférente. Le culte y fut exercé jusqu’en 1789. Une nouvelle église fut construite au cours du XXe siècle sous le titre de Jésus ouvrier.

Synthèse

Le prieuré Saint-Pierre offre toutes les caractéristiques d’un édifice élevé au XIe siècle, mais certainement rebâti sur un autre plus ancien. La chapelle Saint-Jean, au sommet de la colline, pose problème et a pu, à un moment donné, servir de paroisse lors d’un perchement provoqué par des troubles comme ceux survenus au Xe siècle.


(1) MAUREL J.M. abbé, Monographie de Château-Arnoux, Forcalquier, 1889. Réédition par Le Livre d’histoire, Paris, 2005. Les données sur les édifices religieux sont empruntées à cet auteur. 

    

 

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Faisait partie du diocèse et de la viguerie de Digne, aujourd’hui dans le canton de Digne Ouest. Cette commune de 1831 hectares est située dans une zone de collines à l’ouest de la commune de Digne. Deux communautés apparaissent à partir du XIIe siècle, Oise et Champtercier. Les auteurs suggèrent que Oise est la première communauté médiévale ayant été remplacée ensuite par celle de Champtercier. Il n’en est rien, les deux sont citées en même temps et leurs églises dépendaient de deux obédiences différentes. Champtercier relevaient de Cluny comme le révèle une charte du XIIe siècle (CLU V, n° 4395, p. 756) : Campo Terciario est cité parmi les cens provenant des obédiences provinciales. C’est la seule citation concernant Champtercier dans le cartulaire et aucun historien n’en a fait mention. Nous ignorons combien de temps Cluny est resté mais en 1351, l’église est desservie par un chapelain (Pouillés, p. 256) : cappellanus de Campotercerio, dont le bénéfice est de 8 livres. L’église paroissiale bâtie dans le village est sous le titre de Notre-Dame du Bourg, la fête patronale étant le jour de l’Assomption.

100. L’église Saint-Etienne d’Oise

Oise est une montagne en forme de cône culminant à 1140 mètres d’altitude à l’ouest du village. Féraud (p. 58) avance que l’ancien village existait probablement sur le sommet et autour de cette colline ; ce qui appuye cette croyance, ce sont les restes de tours que l’on y voit. Effectivement, l’église Saint-Etienne d’Oise est citée en 1180 lors de la confirmation des biens appartenant au chapitre de Digne (Isnard, p. 136). Elle est encore citée en 1351 avec un cappellanus de Ozeda (Pouillés, p. 256). Le castrum d’Oseda est mentionné deux fois, en 1203 et 1244 (RACP, p. 35 et 455). Puis il n’apparaît plus par la suite de même que l’église. On ne sait de quand date leur abandon. Le nom va cependant subsister sous l’appellation de Baronnie d’Oise.

Les visites pastorales du XIXe siècle remarquent qu’il n’existe pas de chapelle rurale, mais seulement deux dites domestiques, privées. Une appartient à Mr Clément ex conseiller de Préfecture, l’autre à M. Gariel conservateur des hypothèques (1). Un édifice religieux plus ancien que les églises d’Oise et de Champtercier est fourni par deux lieux-dits portant le toponyme Saint Martin, le Grand St Martin et le Petit St Martin. Ils sont situés à peu de distance à l’est et au NE du village, en milieu ouvert. Près de l’un d’eux, ont été signalées anciennement des sépultures (CAG, n° 047, p. 131).  L’église Saint-Martin d’Ause comme la nomme Laplace était desservie par la prévôté de Chardavon. (II, p. 396).   Elle figure sur la carte de Cassini.

Synthèse

Si Oise paraît bien être le siège d’un castrum, l’église de Champtercier et la chapelle Saint-Martin sont des édifices construits dans la plaine, en milieu ouvert, non défensif. Mais nous manquons d’indices pour leur donner une date de fondation précise. Il faut remarquer cependant que Saint-Martin était accompagné de sépultures.


(1) Citées en 1866 et 1872 (2 V 87).

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