archeoprovence

mégalithes

Protection et mise en valeur des mégalithes du Pays Grassois :

Au mois de mars 1997, le Conseil Général des Alpes-Maritimes a chargé l'Institut d'Etudes Niçoises (membre du Groupe de Recherches Historiques en Provence) de mettre en valeur plusieurs mégalithes situés sur les communes de Saint-Cézaire-sur-Siagne et Saint-Vallier-de-Thiey. Dix postes ont donc été crées pour mener à bien cette mission. Une formation théorique visant à sensibiliser ces personnes sur les problèmes de protection et mise en valeur du patrimoine a été assurée dans les locaux de L'I.F.E.S.E.C. à Saint-Vallier.

Les cinq sites suivants ont été retenus :

Dolmen de la Verdoline
Dolmen des Puades
Dolmen du Degoutay
Dolmen de Mauvans Sud
Tombe en blocs de Mauvans Sud


Cette présentation se veut brève. Nous ne nous attardons pas ici sur les détails techniques de la réalisation du chantier de mise en valeur des mégalithes, ces derniers étant largement développés dans nos publications. Un court texte présente les différents sites, quelques photographies présentent les mégalithes avant et après notre intervention : les clichés parlent d'eux-mêmes.

Imprimer


Description

La chambre, ronde, d'un diamètre de 1,80m, est formée de 7 gros blocs d'environ cinquante centimètres de côté complétés par un muret de petites dalles plates sur le côté nord ; il n'y a ni entrée ni couloir visible. Le tumulus, circulaire, mesure 10 mètres de diamètre et encercle le tout.

Le matériel des fouilles
Cette tombe a été fouillée par A.GUEBHARD en 1892, par P. GOBY vers 1905 et par J. COURTIN en 1960. Guébhard a recueilli environ 300 dents, Goby une trentaine de dents et quelques fragments de silex. Courtin n'a découvert qu'une perle olivaire en calcaire.


La tombe en blocs



Le tumulus envahi de végétation, à peine discernable ...en cours de chantier, son aspect a déjà changé
0
0
0
s2sdefault
Imprimer


Ce site présente un intérêt tout particulier : il nous offre deux monuments mégalithiques, espacés de 50 mètres seulement, disposant chacun d'une architecture spécifique. Le premier est un dolmen "classique" à chambre et couloir, ceinturé d'un tumulus ; le second est une tombe en blocs sous tumulus, monument typique qui s'inscrit dans une zone très restreinte correspondant aux territoires des communes de Saint-Cézaire et de Saint-Vallier dans les Alpes-Maritimes.

Description du dolmen
La chambre, rectangulaire, est formée de 5 grandes dalles. Les dalles nord et sud sont encadrées par des murets. Le couloir s'ouvre à l'ouest et est composé de deux grandes dalles et murets. Le tumulus rond mesure 10 mètres de diamètre.

Les fouilles anciennes et le matériel découvert lors des fouilles
Le mégalithe a été fouillé par C. BOTTIN, par A. GUEBHARD en 1892, peut-être par P.GOBY en 1905, et par J. COURTIN en 1960


Le dolmen avant notre intervention

Les fouilles anciennes ont livré une "ascia" rectangulaire (cf. figure), à sommet arrondi, très arquée à surface brune lissée et une autre anse "ad ascia" en trapèze rectiligne (cf. figure). Ces deux éléments sont datables du Bronze moyen (-1500 / -1200). Un poinçon plat en forme de losange a également été mis au jour, il s'agit en fait d'une alêne losangique.Les fouilles récentes ont permis de découvrir dans le couloir deux perles olivaires en roche verte, une pointe de flèche épaisse et allongée, biface, à bords denticulés et une alêne en cuivre ou bronze. Ce mobilier évoque le Chalcolithique (-2600 / -1800). Les restes humains comprenaient une cinquantaine de dents selon Guébhard.



Le dolmen après nos travaux

Datation : B. GASSIN (CRA/CNRS) pense que ce dolmen a été érigé au Chalcolithique et qu'il a pu être réutilisé au Bronze ancien et au Bronze moyen, peut-être même au début du Bronze final.
0
0
0
s2sdefault
Imprimer


Egalement appelé "peiro des fados" par Sénéquier, dolmen de "prades" par De Mortillet, dolmen de la Lèque ou de la descente de Saint-Cézaire par divers auteurs.
Découvert et fouillé par J.B Bourguignat en 1866, puis par Bottin et par Georges Vindry en 1967. le dolmen des Puades est l'un des plus beaux mégalithes de la région.
Il se trouve à 300 mètres au sud-ouest du col de la Lèque.

Puades_Goby_b
(doc 1 : Photo Paul Goby, la dalle de couverture du dolmen des Puades est déjà fracturée.
Le couloir n'est pas encore dégagé.)


puades_bottin_b
(doc 2 : Photo Paul Goby, vue de la chambre du dolmen.)

Description

Il est inclus dans un tumulus de 11 mètres de diamètre environ, vaste pierrier agrandi au cours des temps historiques. La dalle de couverture , "colossale" selon Bourguignat, était déjà brisée lorsque celui-ci commença ses fouilles. D. Olivier, en 1875, prétend quant à lui, que Bourguignat la fit sauter à la dynamite dans le but de faciliter l'accès à la cella. Aujourd'hui la dalle repose en plusieurs fragments aux abords du mégalithe. D'une épaisseur de 50 centimètres, son poids devait excéder les trois tonnes. Cet édifice comprend une chambre carré de 1,80 mètre de coté, délimitée par une dalle de chevet pesant plus de 2 tonnes, deux murets de pierres sèches et deux piliers monumentaux ouvrant sur un couloir de 2,75 mètres de long, formé par un muret coté Sud, par un muret et une dalle coté Nord.




doc 3 : topographie IEN, 1997
Les piliers et le couloir du mégalithe, 1997

Le mobilier archéologique

Puades_Bourguignat_b2 Bourguignat a relevé la stratigraphie suivante :
80 à 90 cm : gros blocs (débris de la dalle), pierres
5 à 10 cm : terre jaunâtre argileuse
4 à 10 cm : humus noirâtre avec un pointe de flèche en fer (15, doc. 5) et quelques os d'ovicapridés
20 cm : humus noir, avec ossements humains "un cadavre ligure", tessons et os d'animaux domestiques
25 à 30 cm : terre noirâtre renfermant les restes d'un "celte" avec ossements de cheval, boeuf, mouton cerf et cochon
à la base de la couche précédente, présenced'un tas de galets de quartz, de "pierres de foyer", de nombreux charbons avec une pointe de flèche foliacée biface en silex (7 et 8, doc. 5), quatre canines de sanglier percées, pendeloques courbes (9 à 12, doc. 5) poinçons taillés sur un tibia de mouton, une "corne de cerf polie", nombreux ossements et tessons
5 à 8 cm : terreau cendreux, avec poterie, charbon, os brûlés
couche d'humus noir reposant sur le sol "les ossements d'un autre ligure", les fragments d'un vase (1 et 2, doc. 5), deux bracelets en bronze et quelques coquilles.
(doc 4,  ci-dessus : le relevé effectué par Bourguignat -
extrait des Mém. de la Sté des Sc. Nat. et Hist. des Lettres et Beaux-Arts de Cannes, 1875). (En 2, fig. 2 : "sur les petits côtés, les pierres sont encadrées par de plus petites. Bourguignat)


Puades_Bourguignat_b
(doc 5 : le mobilier de la fouille Bourguignat -
extrait des Mém. de la Sté des Sc. Nat.
et Hist. des Lettres et Beaux-Arts de Cannes, 1875
)

Le dolmen des Puades a été également fouillé par C.Bottin au début du siècle. Celui-ci y trouva une pointe de flèche pédonculée et barbelée, un tesson de poterie grise, fine, décoré sous le bord de quatre lignes parallèles ondulées, entre deux rangées de quatre lignes horizontales que l'on peut dater de la phase 3 ou 4 de l'Age du fer provençal.
G. Vindry a également fouillé le mégalithe en 1967. Trois pointes de flèches bifaces foliacées ont été découvertes dans le couloir par Georges Vindry.

dolmen des ...
dolmen des puades (saint-cézaire) dolmen des puades (saint-cézaire)
dolmen des ...
dolmen des puades (saint-cézaire) dolmen des puades (saint-cézaire)
dolmen des ...
dolmen des puades (saint-cézaire) dolmen des puades (saint-cézaire)
dolmen des ...
dolmen des puades (saint-cézaire) dolmen des puades (saint-cézaire)
(crédit photos J.J de la Napoule)

Datation
Probablement construit et utilisé au Chalcolithique (cf. armatures de flèches), ce dolmen a été réutilisé à l'Age du Fer, ce qui a entrainé le remaniement complet des couches antérieures, puisque les armilles en bronze se trouvaient dans la couche de base.




L'impressionnant tumulus du dolmen des Puades après l'intervention de l'IEN en 1997


Bibliographie


GASSIN Bernard, Atlas préhistorique du midi méditerranéen, feuille de Cannes, CNRS, Paris, 1986.

BOURGUIGNAT Jean-René, Monuments mégalithiques de Saint-Cézaire, près Grasse, Mémoire de la société des Sciences Naturelles et Histoire, des Lettres et Beaux-Arts de Cannes et de l'arrondissement de Grasse, t. V, 1875.

GOBY Paul, Coup d'oeil d'ensemble sur le préhistorique de l'arrondissement de Grasse, 2ème CPF, Vannes, 1906

MARET A. de, Les dolmens de Saint-Cézaire, Matériaux t. VIII, 1877

MORTILLET, Musée préhistorique, 1908

CHIRIS, Recherches sur la civilisation néolithique dans les Alpes-Maritimes, Bull. Société d'Etudes Scientifiques et Archéologiques de Draguignan, t. XIX, 1893

CHENEVEAU René, Liste des mégalithes, pseudo-mégalithes et tumulus des Alpes-Maritimes, Mém IPAAM, t. XI, p. 93

BOTTIN Casimir
, Le préhistorique des Alpes-Maritimes, 1885

CASTANIER Paul, Histoire de la Provence dans l'antiquité, t. I, La Provence Préhistorique et protohistorique, Paris-Marseille, 1893

OLIVIER D., Sépultures et dolmens de Saint-Vallier, Matériaux, t. VI, 1875

SENEQUIER Paul, Les Anciens camps retranchés des environs de Grasse, Ann. Soc. Lettres Sciences et Arts des A.-M., t. IV, 1875

RIVIERE Emile, Nouvelles recherches dans les Alpes Maritimes en 1879, Congrés AFAS, 1880

HEMP, W.J, A long cairn in easter Provence, The antiquaries journal, t. XIV, 1934

RIVIERE Emile, De l'antiquité de l'homme dans les Alpes-Maritimes, 1887

GOBY Paul, Sur les poteries dolméniques de la région de Grasse, 2ème CPF, Vannes, 1906

GOBY Paul, Dolmens de Provence, XI ème congrès Rhodania, Cannes-Grasse, 1929

COTTE V., Documents sur la préhistoire de la Provence, Aix, t. IV, 1924

DANIEL G., The prehistoric chamber tombs in France, 1960

RIQUET R., GUILAINE J., COFFYN A, Les campaniformes français, Gallia Préhistoire, T. VI, 1963

COURTIN Jean, Le néolithique de la Provence, Mém SPF, t. 11, 1974

COURTIN Jean, Les dolmens à couloir de Provence orientale, l'Anthropologie, t. 66, 1962

GAGNIERES Jean, Informations archéologiques, Gallia Préhist. t. XI, 1968

GOURDON Michel, Le néolithique et l'Age du Bronze dans les A.-M., mém. de maîtrise d'histoire, Université de NIce, 1956.

ARNAL G.B., Types de parures du Chalcolithique, Et. Préh., 1974

SAUZADE Gérard, Les deux tombes du Prignon et les dolmens de Saint-Cézaire, 1979

VINDRY Georges, Un siècle de recherches préhistoriques et protohistoriques en Provence orientale, Doc. D'archéologie Méridionale, t. 1, 1978
0
0
0
s2sdefault
Imprimer

C'est Casimir BOTTIN qui découvrit le dolmen le 24 Septembre 1880 ; il le nomma alors "Tumulus du quartier des Mauvans". Les indications qu'il nous a données sont d'autant plus précieuses qu'elles nous permettent de reconnaître les différents éléments composant la structure du tombeau qui s'est considérablement dégradé en un siècle.

Description du mégalithe
Bottin précisa que le tumulus occupait une superficie de 25 mètres carrés. Le dolmen était formé de 5 dalles en pierres brutes délimitant la cella. A l'intérieur de la chambre gisait la dalle de couverture du monument (1,32 m sur 0,82 m) que Bottin fit briser : la notion de préservation du patrimoine n'était pas une des priorités de l'époque !


Mars 1997, le mégalithe est dans un état de dégradation avancé



Après intervention, débarrasé de sa végétation on distingue nettement son architecture.



Mais l'inventeur de ce dolmen eut l'excellente idée de faire dresser un plan des lieux en 1880. Ce plan nous restitue assez fidèlement l'état du dolmen au siècle dernier.
- La dalle de chevet, à l'Est, est la plus imposante
(1,10 m par 1,70 m).
- Deux orthostates la jouxtent, au Sud et au Nord, complétés par des murets de pierres sèches.
- Deux dalles verticales délimitent à l'Ouest l'entrée du Couloir.

dolmen_du_degoutay_bottin
(Plan du dolmen du Dégoutay (tumulus des Mauvans) dressé par Casimir Bottin  en 1880 - Notes sur quelques monuments préhistoriques des Alpes-Maritimes, Ann. Soc. lett., Sc., et Arts des A.M., 1882, document consultable en intégralité rubrique préhistoriens locaux)


Le matériel archéologique

Bottin constate que la sépulture a été bouleversée antérieurement "malgré toutes mes précautions pour ne rien déranger, j'ai rencontré un désordre absolu". "J'ai pu constater que tous les squelettes avaient été placés les pieds au couchant et la tête au levant et peut-être accroupis, les genoux repliés, car tous les maxiliaires ont été trouvés au milieu du tombeau". Bottin recueille 230 dents et pense que la sépulture à pu contenir 8 à 10 adultes et un enfant de 16 à 18 mois.

Bottin parle "d'un vase en poterie très grossière, trois pendeloques ou pendants de colliers dont 2 (A et B ci-contre) formés de défenses de sanglier, celui qui figure sous la lettre A n'est pas entier, il lui manque un fragment, mais il reste la partie la plus essetielle ; celui qui porte la lettre C est taillé dans une coquille marine, ces trois pendants me font supposer qu'il devait y avoir au moins trois colliers ornés de petites perles semblables à D, E et de petites coquilles terrestres genre Cyctostoma elegans et Helix obvoluta, plus un poiçon en bronze F (une alène losagique), trois petits os taillés, plusieurs petites coquilles fossiles appartenant à des étages géologiques qui ne se trouvent pas dans ses environs, et quelques fragments de cristal de roche. "

Les pendeloques arciformes sur coquille ou défense de suidé sont des marqueurs rattachés en général à la période Campaniforme. Ils sont représentés essentiellement dans des monuments mégalithiques de divers types comme au dolmen de la Verdoline sur la même commune.

"Les restes de l'enfant se trouvaient au milieu du tombeau et l'endroit où étaient ces petits ossements était littéralement couvert de menues coquilles. "

dolmen_du_degoutay_bottin_2


G. Sauzade compléta la fouille dans les années 70. Il décrouvrit dans la chambre, une pendeloque en canine de canidé percée, deux perles discoïdes en stéatite verte, des fragments de poterie non décorée, et deux perles discoïdes blanches en test de mollusque dans le tumulus.

Ce dolmen a servi de sépulture au Chalcolithique avec une réutilisation à l'age du Bronze ancien. Les pendeloques arciformes peuvent dater du campaniforme et du bronze ancien (B. Gassin)


dolmen du d...
dolmen du degoutay, mauvans nord 2003 dolmen du degoutay, mauvans nord 2003

(Le dolmen du Degoutay en 2003, photo M. Royon)

Bibliographie

BOTTIN Casimir, Note sur quelques monuments préhistoriques des Alpes-Maritimes, Annales de la Société des Lettres Sciences et Arts des A-M, t. VIII, 1882

BOTTIN Casimir, Le préhistoriques des Alpes-Maritimes, Matériaux pour l'histoire primitive et naturelle de l'homme, 1885

GUEBHARD Adrien & GOBY Paul, Sur les enceintes préhistoriques des Préalpes maritimes, Congrès AFAS, 1904

CASTANIER Paul
, La Provence préhistorique et protohistorique, Marseille-Paris, 1893

GOBY Paul
, Les dolmens de Provence, XI eme congrès Rhodania, Cannes-Grasse, 1929

GOBY Paul
, Coup d'oeil d'ensemble sur le préhistorique de l'arrondissement de Grasse, 2ème CPF Vannes, 1906

COTTE
, Documents sur la Préhistoire de la Provence, 1924

GOBY Paul
, Les dolmens de Provence, XI congrès Rhodania Cannes Grasse, 1929

ARNAL
, Types de parures du Chalcolithique, Etudes Préhistoriques, 1964

CHENEVEAU René
, Liste des mégalithes, pseudo-mégalithes et tumulus des Alpes-Maritimes, Mém. IPAAM, t. XI, 1967-1968 & 1969-1979

GOURDON Michel, Le néolithique et l'Age du Bronze dans les A.-M., mém. de maîtrise d'histoire, Université de Nice, 1976.

TABORIN
, La parure en coquillage de l'Epipaléolithique au Bronze ancien en France, Gallia t. XVIII, 1975

COURTIN Jean, Les civilisations de l'Age du bronze en Provence, Le Bronze ancien et le Bronze moyen, La préhistoire française t. II, 1976

COURTIN Jean
, Les dolmens de Provence, Livret guide B2, Congrès UISPP NICE, 1976

GASSIN Bernard
, Atlas Préhistorique du Midi Méditerranéen, feuille de Cannes, 1986

0
0
0
s2sdefault
Département des Alpes-Maritimes (1997 - 1998)
Une opération de mise en valeur des mégalithes du canton de Saint-Vallier de Thiey (A.-M.).
Conseil Général des Alpes-Maritimes,
Groupe de Recherches Historiques en Provence et Institut d'Etudes Niçoises


Le dolmen (du breton dol = table, men = pierre) est une structure funéraire préhistorique bâtie à l'aide de blocs de pierres, le plus souvent constituée par une dalle horizontale reposant sur des blocs verticaux, le tout étant recouvert d'un monticule de pierres et de terre appelé tumulus
.

A l'évocation de ce terme, on ne peut s'empêcher de songer aux imposants mégalithes de la Bretagne, mais il faut garder à l'esprit que toutes les régions de France ont connu le phénomène du mégalithisme et le département des Alpes-Maritimes n'échappe pas à cette règle. Bien au contraire, il nous offre un ensemble de structures diversifiées, principalement localisées en bordure de la vallée de la Siagne.

Un patrimoine inestimable
Dans notre région, ces dolmens ont été érigés parallèlement à d'autres sépultures mégalithiques (tombes en blocs,cistes) il y a environ 4000 ans (du néolithique à l' âge du bronze) par les peuplades agro-pastorales qui occupaient notre territoire. Certaines de ces sépultures collectives ont contenu des dizaines d'individus, tel que le dolmen des Peyraoutes à Roquefort-les-Pins, où ont été inhumés plus de 150 individus.
A ce jour, une trentaine de dolmens ont été inventoriés dans le département. Ils sont effectivement de moindre ampleur que leur "cousins" bretons aux proportions démesurées, bien que certains soient constitués de dalles dont le poids excède largement la tonne, telle la dalle de couverture du dolmen des Puades près de Saint-Cézaire-sur-Siagne estimée à plus de trois tonnes. Ces monuments qui font parti de notre patrimoine archéologique sont bien souvent méconnus, il faut rappeler que ce sont les plus vieux édifices construit par l'homme dans notre région, ce qui leur confère, de ce fait, une valeur inestimable.
Rarement situés en bordure de route, ces mégalithes sont toutefois facilement accessibles par les sentiers qui sillonnent les collines de l'arrière-pays, nous donnant l'occasion d'agréables randonnées : un quart d'heure de marche en moyenne est largement suffisant pour approcher la plupart de ces monuments de pierre érigés il y a plus de 40 siècles. Pouvoir aujourd'hui encore les contempler in situ engendre inévitablement, en nous, une émotion bien supérieure à celle ressentie à l'occasion de la découverte de quelques objets préhistoriques exposés au travers d'une simple vitrine de musée.


Un patrimoine menacé
Ensevelies sous des tumulus de pierre, ces structures funéraires sont restées protégées des agressions extérieures pendant plus de quatre mille ans. Leur découverte remonte, en majorité, à la fin du XIXè siècle par des préhistoriens comme Goby, Bottin, Chiris, Guébhard, Bourguignat qui ont été les auteurs des principales fouilles sur ces mégalithes. C'est aussi à cette période que les dolmens subirent leurs premières "agressions", les fouilleurs de l'époque n'hésitaient pas alors à fracturer ou à déplacer les dalles de couvertures monumentales de ces édifices pour atteindre plus facilement la chambre funéraire. Ainsi, de nos jours, il n'existe plus dans les Alpes-Maritimes de dolmens coiffés de leur dalle de couverture, contrairement au département du Var. Cette constatation n'est pas un fait irrémédiable puisque bon nombre de ces dalles reposent aux abords des dolmens et pourraient, dans une entreprise de restauration, retrouver leur emplacement initial.
Les troupeaux d'ovins et de caprins ont depuis toujours, malgré eux, contribué à entretenir quelque peu ces structures mégalithiques en éliminant systématiquement la végétation présente aux abords de ceux -ci. L' abandon progressif de l'occupation de ces terroirs a déclenché un phénomène de progression du couvert végétal. Des épineux, des ronces et même des arbres poussent dans les dolmens et déstructurent les murs et les blocs en place, créant des dégâts irréversibles.

0
0
0
s2sdefault